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Publié le 6 déc. 2021
Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

Laurent Dauphin, lui, endossait l’uniforme des Coyotes de l’Arizona pour un banal match contre les Canucks de Vancouver. Mais 1061 jours plus tard, il n’a toujours pas rejoué dans la LNH.

Dauphin a bon espoir que ça change ce mardi, à l’occasion de la visite du Lightning de Tampa Bay. Lundi, l’attaquant s’est entraîné avec le Tricolore à Brossard, et ce, au sein d’un des quatre trios principaux. Le Canadien compte actuellement autant de blessés que l’équipe de Jackass après un tournage au magasin de feux d’artifice. Le tour de Dauphin pourrait enfin venir.

« Il a de bonnes chances de jouer », a convenu Dominique Ducharme, après l’entraînement de lundi.

Je vais attendre de sauter sur la glace pour dire quoi que ce soit !

Laurent Dauphin

On peut comprendre Dauphin d’être prudent. Voilà bientôt trois ans qu’il attend d’avoir une nouvelle chance. Il pensait bien l’obtenir en mars 2020, en fait. Le Canadien l’avait rappelé, la nouvelle n’avait pas encore été annoncée, mais au même moment, la LNH suspendait sa saison en raison de la pandémie.

Bon départ

Dauphin s’est tout de même accroché à son objectif. L’an dernier, il a amassé 16 points en 21 matchs avec le Rocket de Laval. Et cette saison, le voici au 2rang de la Ligue américaine avec 11 buts.

« Je suis à la maison, je suis vraiment content de jouer devant le monde de ma place, alors la motivation a toujours été là, assure-t-il. Il y a trois ou quatre ans, c’était plus difficile, mais depuis que je suis ici, j’ai toujours eu beaucoup de motivation. »

Mais Dauphin a maintenant 26 ans. Son statut de choix de 2tour (39e au total) au repêchage de 2013 ne compte évidemment plus aux yeux des décideurs. Et il arrive à cet âge ingrat où il est assez développé pour rendre de fiers services au club-école, mais trop vieux pour passer devant des espoirs en vue.

Il est effectivement rare de voir des joueurs s’établir à temps plein dans la LNH après la mi-vingtaine. Mais Dauphin compte deux exemples dans son entourage, et il veut bien s’en inspirer.

« Je ne sais pas à quel âge Alex Burrows a commencé, mais il m’a parlé de ça l’an passé. Et il y a Michael Bunting, un exemple plus proche. C’est un de mes bons amis, on a joué ensemble à Tucson et on a pas mal grandi ensemble au hockey. C’est inspirant. »

Burrows, entraîneur adjoint chez le Canadien, avait effectivement 25 ans quand il a disputé sa première saison complète dans la LNH, avec les Canucks. Deux ans plus tard, il connaîtra la première de 4 saisons de suite de 25 buts ou plus. L’attaquant a finalement pris sa retraite après 913 matchs dans la LNH.

Bunting, lui, a gagné un poste à temps plein avec les Maple Leafs de Toronto cette saison, à 26 ans. Il a disputé 26 matchs cette saison, soit autant que ce qu’il totalisait dans la LNH avant le début de la campagne. Et avec 18 points, il s’établit de plus en plus au sein des deux premiers trios.

Et Clague ?

Il est encore tôt pour prédire les façons de faire de Jeff Gorton, le nouveau vice-président aux opérations hockey du Canadien. Mais sous son prédécesseur, Marc Bergevin, des saisons à l’eau comme celle-ci permettaient à des joueurs d’obtenir une chance de trouver un poste permanent dans la LNH.

En 2017-2018, les défenseurs Mike Reilly et Joe Morrow ont obtenu cette chance. En 2015-2016, la porte s’est ouverte pour Paul Byron et Mark Barberio. Byron est évidemment celui pour qui ça a le mieux fonctionné.

Il faudra voir pendant combien de temps durera l’audition de Dauphin. Mais Kale Clague, lui, peut s’attendre à obtenir une vraie chance.

Réclamé des Kings de Los Angeles au ballottage samedi, Clague a participé à un premier entraînement avec ses nouveaux coéquipiers lundi. Quelques minutes plus tard, Ducharme annonçait que Joel Edmundson en avait encore pour « quelques semaines ». Ça ne semble pas tourner rond pour Jeff Petry non plus, absent de l’entraînement et dont la présence au match de mardi a été qualifiée de « douteuse » par l’entraîneur-chef.

C’est sans oublier Mattias Norlinder, qui risque d’être renvoyé en Suède, et Ben Chiarot, qui sera un joueur convoité par les 31 autres directeurs généraux de la LNH d’ici à la date limite des transactions.

PHOTO FOURNIE PAR LE CANADIEN

Kale Clague

Comme Dauphin, Clague est un ancien choix de 2tour, et il a été incapable de s’établir chez les Kings, qui ne forment pourtant pas une puissance à la ligne bleue. Sent-il une pression de s’établir dans la LNH avant de perdre son statut d’« espoir » ?

« Peut-être un peu, mais j’ai 23 ans, je sens que je suis encore assez jeune, a répondu le défenseur gaucher. Je sens que je peux passer à l’étape suivante et devenir un joueur à temps plein. »

Clague comptera sur un allié dans son coin en Ducharme, qui l’a dirigé lors de deux éditions de suite du Championnat du monde junior avec Équipe Canada.

« C’est un projet intéressant, il est encore jeune, il a de bonnes qualités, a rappelé Ducharme. Il passe bien la rondelle, il patine bien. Il a de bons outils. La porte s’ouvre. C’est à lui de prendre sa place. »

Des semaines sans Toffoli

On évoquait la présence « douteuse » de Petry mardi. C’est la même chose pour Joel Armia, lui aussi absent à l’entraînement. Mais le cas le plus préoccupant est celui d’un autre attaquant, Tyler Toffoli. Ducharme a été avare de détails, se contentant de parler d’une blessure au haut du corps. « Ça risque d’être assez long », a-t-il prévenu, précisant que la durée de son absence se comptera « en semaines ». Quant à Carey Price, Ducharme a affirmé, sans surprendre personne, que « c’est peu probable qu’il joue avant Noël ».