(Buffalo) Noël arrive à grands pas, et de toute évidence, les joueurs du Canadien étaient déjà dans l’esprit des Fêtes en ce difficile vendredi soir à Buffalo.

Mis à jour le 26 nov. 2021
Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

Des cadeaux, les joueurs des Sabres en ont eu pendant 60 minutes, ou presque. De beaux cadeaux, en plus : des passes sur leurs palettes, de belles lignes de tir en direction du gardien Samuel Montembeault, de l’espace en masse pour travailler en zone offensive…

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Tout cela a mené à une défaite du Canadien, une autre, cette fois par la marque de 4-1 face aux Sabres.

Le gardien des Sabres en ce beau vendredi soir à Buffalo était nul autre que Dustin Tokarski, qui est une espèce de croisement entre un saltimbanque et Greg Millen. L’occasion était belle pour remplir le filet, mais non, ce n’est pas arrivé.

Ce n’est pas bien compliqué : les quatre buts des Sabres ont été le résultat direct de gaffes du Canadien. De Lehkonen qui perd la rondelle sur le bord de la bande à Petry qui la donne, à Drouin qui tente une passe hasardeuse en avantage numérique, à Lehkonen qui se retrouve sur les foufounes dans sa zone et qui perd une autre rondelle.

Quatre bourdes, quatre buts. Déjà que ce club-là est fragile, si en plus il offre des rondelles aux autres comme des cadeaux le soir du 24 décembre, les chances de victoire sont nulles.

PHOTO JOSHUA BESSEX, ASSOCIATED PRESS

Samuel Montembeault

« Lors des quatre buts qu’ils ont marqués, on était en possession de la rondelle, a résumé Dominique Ducharme. Mais à un moment donné, on craque, et on effectue des mauvais jeux avec la rondelle. »

On sympathise avec l’entraîneur du CH, qui doit venir expliquer les mêmes choses soir après soir, parce que ses gars font les mêmes gaffes soir après soir. Au moins, si les bourdes provenaient des palettes des plus jeunes, on pourrait comprendre. Mais les Lehkonen, Petry et autres Drouin ne sont pas des joueurs de 20 ans.

« C’est frustrant, a ajouté Ducharme. Avec ces erreurs, tu finis par devenir ton pire ennemi, et c’est ce qu’on a fait : on a été notre pire ennemi.

« On est dans la Ligue nationale, il faut être capables de faire des jeux. Des jeux efficaces, des jeux intelligents et bien exécutés… Aussitôt qu’on s’éloigne de ça, ensuite, c’est les erreurs, et il n’y a pas de défense contre ça. »

Lors de la deuxième période, les Sabres ont lancé 14 fois… contre seulement 2 tirs pour le Canadien. Au fil des saisons, le directeur général Marc Bergevin a maintes fois insisté sur l’importance du leadership, l’importance d’embaucher des joueurs de caractère, au point qu’on s’est demandé si ce n’était pas le premier critère d’embauche de la maison.

Mais où sont les joueurs de caractère en ce moment ? Et surtout, il y en a combien ?

« On a déjà eu plusieurs meetings cette saison, on en a parlé… la saison passée, tous les gars connaissaient leur rôle, a résumé Josh Anderson. Tout le monde travaillait fort. On dirait que cette saison, souvent, c’est un seul trio par match qui fonctionne, peut-être deux. On n’a pas cette constance. C’est arrivé seulement quelques fois cette saison qu’on a eu les quatre trios qui se sont mis à fonctionner en même temps. »

PHOTO TIMOTHY T. LUDWIG, USA TODAY SPORTS

Dustin Tokarski (31) et Jake Evans (71)

En fin de soirée, pendant que les joueurs du Canadien avaient tous la mine bien basse au banc, l’analyste des Sabres à la télé a martelé cette statistique : « Le Canadien a un différentiel de - 32… C’est une équipe qui était en finale de la Coupe Stanley la saison dernière ! »

La finale ? Cela ne semble plus qu’un très lointain souvenir, d’une autre époque et d’un autre temps. On va se le dire, le club de la finale a bien peu à voir avec celui-ci, surtout au chapitre de la confiance en soi.

L’été dernier, on avait l’impression que tout était possible. Maintenant, quand le Canadien accuse un retard d’un but, on a plutôt l’impression que c’est déjà terminé.

En hausse : Josh Anderson

PHOTO JOSHUA BESSEX, ASSOCIATED PRESS

Josh Anderson

Il n’y a pas beaucoup de joueurs qui ont l’air de prendre ça à cœur. Lui le fait chaque soir ou presque.

En baisse : Jonathan Drouin

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Jonathan Drouin

On pourrait remettre le nom de Jeff Petry ici, mais Drouin ne peut pas tenter une passe si hasardeuse à Suzuki alors que le club a besoin d’un but en avantage numérique.

Le chiffre

- 32

Le différentiel du Canadien après 22 matchs.

Dans le détail

Norlinder a joué… un peu

On le sait, le Canadien devra bientôt prendre une décision au sujet de Mattias Norlinder : il part ou il reste ? C’est assez simple comme question, mais dans les faits, ça semble plus compliqué que ça, et ce n’est pas le match de vendredi soir qui va trancher la question. Ainsi, le jeune défenseur a été inséré dans la formation, son premier match depuis le 18 novembre et à peine son troisième de la saison. Avec un si petit échantillon, le Canadien peut-il vraiment en arriver à une décision éclairée dans son cas ? Contre les Sabres, Norlinder n’a été employé que pendant 13 minutes et 39 secondes de jeu. Est-ce que ce jeune a ce qu’il faut pour jouer dans la LNH ? À l’heure actuelle, il est à peu près impossible de répondre à cette question. Le Canadien devrait décider de le garder ou de le retourner en Europe à la fin du présent voyage, après le match de samedi soir à Pittsburgh. Rappelons qu’un autre défenseur, Joel Edmundson, pourrait reprendre le collier la semaine prochaine.

Tokarski est encore là

Oui, le Dustin Tokarski qui était devant le filet des Sabres vendredi soir est bel et bien le même qui a porté le maillot du Canadien pendant 26 matchs et trois saisons, entre 2013 et 2016. Après avoir fait le tour de la Ligue américaine, le gardien a pris les bouchées doubles, s’est serré la ceinture et a décidé de mordre à grosses bouchées dans la vie. Les Sabres ont remarqué cette persévérance et l’ont ramené dans la LNH la saison dernière, et Tokarski, avec sa moyenne des années 1980 assortie à son style des années 1980, est encore là, contre toute attente. À un certain moment lors du match de vendredi, il s’est poussé si loin de son filet qu’il a effectué un 360 degrés avant de reprendre ses esprits et d’aller se replacer. Au moins, il est divertissant.

Gros vendredi soir à Buffalo

Les Sabres n’ont pas fait les séries depuis les années 1990 environ (on exagère, mais à peine), et cette sécheresse se ressent aux guichets ; avant les matchs de vendredi, les Sabres arrivaient au dernier rang des assistances de la LNH cette saison, avec une moyenne de seulement 8047 spectateurs. Ça ressemblait à peu près à ça lors du match face au Canadien, avec une foule annoncée de 9958 spectateurs, et des rangées et des rangées de fauteuils vides. Les gens de mauvaise foi pourraient faire remarquer que tout cela est très décevant, parce qu’il n’y a rien à faire à Buffalo à part aller au hockey de toute façon, mais bon, nous n’irons pas jusque-là.

Ils ont dit

Il y a des hauts et bas quand les choses ne vont pas bien ; tu joues sur les talons un peu, c’est normal. Honnêtement, je ne pense pas que c’était le cas [vendredi soir]. Juste des buts qui nous ont coupé les jambes à des mauvais moments. Ç’a tué notre momentum. On jouait de la bonne manière, on faisait des jeux et on obtenait des tirs au but. Le but qu’ils ont réussi en désavantage numérique a été une claque au visage.

Ben Chiarot

C’est frustrant, je ne vais pas mentir. Notre première période a été bonne, on était dans le match. Je n’ai pas la réponse, je ne sais pas quoi dire, je ne le sais vraiment pas […] Ce n’est pas une question de confiance, on doit juste jouer notre style de match, faire ce qu’on doit faire. Ce n’est pas le fun en ce moment, laissez-moi vous le dire.

Josh Anderson

Quand tu obtiens un avantage numérique de quatre minutes comme ça, c’est sûr que tu espères avoir le vent dans les voiles, et nous, on a fait l’inverse… j’ai fait une mauvaise passe dans les patins à Nick Suzuki et ils ont obtenu un revirement. Notre trio a commis trop de revirements, et on a passé trop de temps dans notre zone. On n’a pas créé grand-chose en attaque.

Jonathan Drouin

La manière dont on a joué avec la rondelle… on a eu des rondelles sur nos bâtons, on a eu de la place. C’est juste une mauvaise exécution, des mauvaises décisions, et ça donne des revirements. Il n’y a pas de défense contre ça, et ça se traduit en chances de marquer pour l’adversaire. C’est automatique. Les équipes en ce moment, elles jouent vite… On crée trop de revirements, on se fait mal avec ce type de jeu.

Dominique Ducharme