Après avoir joué à Utica, à Winnipeg, à Jacksonville, à Charlotte et en Slovaquie, Alexis D’Aoust retrouve le pont Laviolette et le parc national de la Mauricie. En d’autres mots : il est de retour à la maison.

Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Les Lions rugiront pour la première fois sur la patinoire du Colisée de Trois-Rivières ce jeudi. Ce soir-là, les partisans retrouveront un « p’tit gars » bien de chez eux.

Natif de Trois-Rivières, D’Aoust a été repêché en 2012 par l’équipe junior majeur du coin, les Cataractes de Shawinigan. Il y a passé la totalité de sa carrière junior, soit cinq ans, faisant lever la foule locale plus souvent qu’à son tour avec ses 241 points en 299 matchs de saison.

L’attaquant de 25 ans a été contacté l’été dernier par le directeur général des Lions, Marc-André Bergeron.

« On jasait durant l’été, on se tenait au courant, raconte-t-il à La Presse. Moi, c’est sûr que ça m’intéressait beaucoup. Je viens d’ici. Ma famille est ici. Ça fait deux ans que mes parents ne m’ont pas vu jouer [en personne]. »

C’était sûr que si j’avais une offre qui m’intéressait à Trois-Rivières, j’allais la prendre. C’est une fierté de pouvoir jouer pour sa région, dans un aussi bon calibre de jeu.

Alexis D’Aoust

À la fin de sa carrière junior, en 2017, D’Aoust a signé un premier contrat professionnel dans la Ligue américaine, avec le club-école des Canucks de Vancouver. L’année suivante, il s’est retrouvé chez le Moose du Manitoba, affilié aux Jets de Winnipeg. Pendant deux ans, il a joué en alternance pour le Moose et pour les IceMen de Jacksonville, dans l’ECHL. Il ne s’en est jamais trop fait avec le fait de devoir voyager d’un endroit à l’autre.

« C’est sûr que ce n’est pas évident, mais en ce moment, je n’ai pas de famille, donc ce n’est pas quelque chose que je trouve difficile, évoque-t-il. Je trouve ça quand même cool, ça donne de l’expérience. »

Les dirigeants du Moose l’ont échangé aux Checkers de Charlotte en 2020. Il y a passé deux semaines avant que la pandémie de COVID-19 ne vienne changer ses plans, comme elle l’a fait pour bien du monde.

« Je m’attendais à passer toute la saison là, et on était hauts au classement. […] Ç’aurait été cool de pouvoir vivre les séries. C’est sûr que c’était poche que ça finisse là, mais ç’a été la même situation pour tout le monde. »

Direction Slovaquie

En début de saison l’an dernier, D’Aoust a eu des pourparlers avec les Hurricanes de la Caroline, mais comme la saison de la Ligue américaine tardait à s’entamer, « ça branlait un peu dans le manche », raconte-t-il. Il a donc pris la décision de s’envoler pour l’Europe. Direction Slovaquie.

J’ai appris comme joueur en Slovaquie. C’était une belle expérience, un bon calibre de jeu. Je n’ai aucun regret d’y être allé.

Alexis D’Aoust

Après avoir vu les montagnes et les châteaux d’Europe, il retrouve les paysages de la Mauricie. Même s’il est heureux d’être de retour dans son coin de pays, son objectif de la saison est naturellement d’obtenir un contrat dans la Ligue américaine, quelle que soit l’équipe.

« Je vois ça comme un défi, soutient-il. En partant, ici, on a un très bon alignement sur papier. Si on performe sur la glace, on va tous bien paraître et ça peut juste nous aider. Si j’ai un bon début de saison à Trois-Rivières, je peux aller n’importe où. »

Il a d’ailleurs été l’un des derniers joueurs retranchés au camp des Senators de Belleville, au début d’octobre.

« J’ai eu de très bons commentaires, relate-t-il. [Les dirigeants] ont vraiment adoré mon jeu. […] Ils m’ont dit que quand ils auraient une place dans l’alignement pour que je puisse jouer, ils allaient me rappeler. »

D’Aoust croit encore en ses chances de percer l’alignement d’une équipe de la Ligue nationale un de ces jours. Récemment, on a vu Alex Belzile faire sa place avec le Canadien à 30 ans, après plus de 250 matchs dans la Ligue américaine et 150 dans l’ECHL. Rien n’est impossible.

« Le jour où je vais penser que je ne suis pas capable de monter à ce niveau-là, je vais peut-être arrêter [de jouer], mais je pense que je suis encore capable, soutient-il. J’ai confiance en mes habiletés, mon style de jeu. Je suis convaincu que je peux aider une organisation à avoir du succès. »

D’Aoust ne met cependant pas tous ses œufs dans le même panier. Le Trifluvien n’a jamais cessé d’aller à l’école au cours des dernières années.

En 2016, il a remporté le trophée Marcel-Robert, remis au joueur-étudiant de l’année dans la LHJMQ. Cette saison-là, il a aussi obtenu le prix du joueur-étudiant de l’année dans la Ligue canadienne de hockey.

À sa dernière année d’âge junior, D’Aoust avait déjà terminé son diplôme d’études collégiales et commencé son baccalauréat en administration à l’Université du Québec à Trois-Rivières. En arrivant à Utica pour sa première année professionnelle, il a décidé de poursuivre ses études.

« Je me disais : je suis capable de le faire, j’ai la discipline, une certaine rigueur, se souvient-il. […] ça me gardait occupé mentalement parce qu’on a quand même beaucoup de temps libre en tant que joueur de hockey. Je n’avais aucune raison de ne pas continuer mes études et, en même temps, réaliser mon rêve qui était de jouer professionnel. »