Si tout s’était passé comme prévu, Jesperi Kotkaniemi aurait terminé l’entraînement matinal du Canadien entre Mike Hoffman et Brendan Gallagher et affronté les Sharks de San Jose au Centre Bell en soirée.

Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Mais tout ne s’est pas passé comme prévu, et celui qu’on voyait comme le gros centre d’avenir il n’y a pas si longtemps participait à un point de presse par Zoom organisé par son nouveau club, les Hurricanes de la Caroline, pour préparer sa visite à Montréal jeudi soir…

Il y a quelques mois à peine, Kotkaniemi marquait le but gagnant en prolongation dans le sixième match contre les Maple Leafs de Toronto et on le croyait enfin lancé. On l’a finalement retiré de la formation en finale, malgré cinq buts, et les Hurricanes ont flairé le guet-apens pour lui faire une offre hostile de 6 millions que le Canadien n’a pas égalée.

PHOTO RYAN REMIORZ, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Jesperi Kotkaniemi célébrant son but gagnant contre le gardien des Maple Leafs de Toronto Jack Campbell en prolongation le samedi 29 mai 2021 à Montréal.

Malgré ses 21 ans, le Finlandais connaît déjà le marché montréalais et il a été d’une extraordinaire diplomatie avec les journalistes. Il n’en veut pas au Canadien et n’en voudra pas non plus aux fans s’il est hué à son retour sur la glace qui a lancé sa carrière en 2018.

« Les gens ont droit à leur opinion. J’ai pris la décision dans mon intérêt en acceptant ce contrat. On verra bien comment ils réagiront. »

Kotkaniemi a évité le piège que lui a tendu un confrère en ne se prononçant pas sur son désir ou pas de voir le Canadien renoncer à égaler l’offre.

PHOTO KARL B DEBLAKER, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Jesperi Kotkaniemi (82) durant un match préparatoire des Hurricanes de la Caroline contre les Predators à Raleigh, en Caroline du Nord, le 5 octobre 2021.

« Je n’ai que de bons souvenirs. Ça reste le club qui m’a repêché et qui m’a donné ma première chance. Et nous avons atteint la finale de la Coupe Stanley. »

Même s’il évolue désormais dans un marché nettement moins féroce, Kotkaniemi doit justifier un salaire faramineux alors qu’il n’a pas encore gagné ses galons.

On le retrouve aussi à l’aile, une position où il n’a jamais semblé à l’aise à Montréal, et l’entraîneur-chef Rod Brind’Amour l’utilise avec parcimonie, une douzaine de minutes par rencontre, trois de moins qu’avec le Canadien. Il n’a pas encore obtenu de point.

Il a surtout joué au sein du premier trio avec Sebastian Aho et Martin Necas, mais Teuvo Teravainen pourrait remplacer le Tchèque jeudi pour compléter un trio avec ses compatriotes finlandais Kotkaniemi et Aho.

« Peu importe sur quel trio je me retrouve, l’important est de jouer, de me familiariser avec le système de jeu en Caroline et de progresser. Il y a quand même beaucoup de compétition ici [avec le nombre d’attaquants de qualité]. »

Tous les yeux seront rivés sur le jeune homme jeudi. C’est un match dont les fans du Canadien pourraient se souvenir longtemps, ou pas. À Kotkaniemi de dicter l’allure de la soirée…