C’était jour de photo d’équipe, lundi, au Centre Bell. D’une année à l’autre, les façons de faire ne changent pas.

Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

En première rangée : le capitaine, les assistants et les gardiens. Et non, ni Carey Price ni Shea Weber n’y étaient. En deuxième rangée : les principaux éléments du noyau. Jonathan Drouin, Josh Anderson, Nick Suzuki, Ben Chiarot et Tyler Toffoli meublaient cette rangée, entre autres.

Les deux dernières rangées sont généralement un mélange de jeunes et de joueurs de soutien. Cole Caufield y était, et si tout va bien, il descendra éventuellement d’une rangée. D’autres, comme Artturi Lehkonen et Joel Armia, seront souvent dans la troisième rangée.

Et si une partie de la solution aux maux de l’équipe se retrouvait justement dans cette troisième rangée ? Parce qu’à lui seul, Mike Hoffman pourrait donner un bon coup de pouce.

Vous avez peut-être lu ici et là que le Canadien a perdu ses trois premiers matchs, qu’il n’a marqué que trois buts dans ces trois défaites et que l’avantage numérique est en panne.

Hoffman, justement, se fait une spécialité de marquer des buts, particulièrement en avantage numérique. Et il semble que sa blessure au bas du corps soit guérie. Sa présence mardi soir, contre les Sharks de San Jose, n’est pas encore confirmée, mais c’est de bon augure pour lui. D’ailleurs, il était de tous les exercices de l’avantage numérique.

On l’a vu à l’entraînement, son tir sur réception est foudroyant. Du bord de la bande, à droite, il peut déjouer même les meilleurs gardiens.

J’avais beaucoup d’énergie quand j’étais petit, donc j’allais dans mon garage pour décocher des tirs ou je jouais dehors. J’y investissais beaucoup de temps !

Mike Hoffman

L’ailier gauche, attiré à Montréal par un contrat de trois ans, compte cinq saisons de 25 buts ou plus à son actif. Son rythme de 17 buts en 52 matchs en 2021 lui en aurait valu une sixième dans une saison complète. En avantage numérique, il a marqué 56 fois depuis le début de la campagne 2016-2017 ; c’est le cinquième total dans la LNH, un chiffre que seuls Alexander Ovechkin, David Pastrnak, Leon Draisaitl et Steven Stamkos dépassent.

Et le fait de compter sur une telle menace aidera forcément le Canadien, croit Dominique Ducharme. « Il a plus que juste son tir, a assuré l’entraîneur-chef du Canadien. Il est bon, il attire du monde, il est capable de trouver des options quand l’autre équipe lui enlève la chance de lancer. Il peut fabriquer des jeux. »

À l’entraînement, Hoffman était employé au sein d’une unité d’avantage numérique de finesse, avec Jeff Petry et Jonathan Drouin à la pointe, de même que Christian Dvorak et Tyler Toffoli.

En attendant Caufield

Dans l’autre unité, le plus dangereux tireur était bien sûr Caufield.

Mais voilà qu’après trois matchs, le petit ailier droit n’a pas encore de but ni de mention d’aide, tout comme son comparse Suzuki, d’ailleurs. Les attentes étaient élevées pour les deux jeunes hommes, qui ont grandement contribué aux succès du Canadien lors des dernières séries.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Cole Caufield

Ces attentes étaient clairement justifiées. Le Tricolore vient d’ailleurs de s’engager pour huit ans envers Suzuki, signe d’une très grande confiance à son endroit.

Caufield, lui, a été une machine à générer de l’attaque depuis le début de sa carrière. Sa présente séquence de trois matchs sans point est sa plus longue du genre que nous ayons pu répertorier. Il en avait aussi connu une la saison dernière, à ses trois premiers matchs dans la LNH, et une autre en 2019-2020, à sa première campagne avec les Badgers du Wisconsin.

Nous devons contribuer davantage à l’attaque et passer plus de temps en zone adverse. Nous avons des chances, mais ça ne rentre pas. Nous nous attendons à plus de notre part.

Cole Caufield

Caufield semblait contrarié d’avoir à répondre aux questions. Il était encore plus concis qu’à son habitude dans ses réponses et ne semblait pas très heureux à sa sortie de la salle de conférence. « Ce sont seulement trois matchs, ça ne sert à rien de paniquer. On a confiance en cette équipe », a-t-il rappelé.

C’est d’ailleurs ce que disait Ducharme, samedi matin, en avant-match, mais ses propos avaient une portée différente. « Tu ne gagnes pas le trophée Calder en deux matchs, et tu ne gagnes pas le Calder en pensant que tu vas gagner le Calder », avait alors lancé Ducharme, dans ce qui ressemblait à un message à l’endroit de son jeune franc-tireur.

Caufield a poussé un rire lorsqu’on lui a rapporté les propos de son coach. « Tu ne peux rien gagner après trois matchs. On doit juste se concentrer sur le prochain. On a fait de bonnes choses lors de la dernière rencontre. On doit aussi corriger des choses. Rien ne se gagne en trois matchs. C’est une longue saison. J’espère qu’on pourra en tirer des leçons pour le reste de la saison. »

C’est visiblement beaucoup de pression pour un joueur de 20 ans qui ne compte que 33 matchs dans la LNH, dont 20 lors des dernières séries. Mais il arrive aussi dans une équipe qui a perdu des éléments l’été dernier, qui a une longue liste des blessés et dont un seul trio – celui de Christian Dvorak – fonctionne jusqu’ici.

C’est en ce sens que Caufield pourrait avoir de l’aide de la part de son comparse de la troisième rangée, Mike Hoffman. Il n’y a rien comme une victoire et une bonne performance offensive pour faire diminuer la température autour de l’équipe.

En bref

Evans « incertain »

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Jake Evans

Le retour de Hoffman est imminent, mais l’équipe pourrait être privée d’un autre attaquant. Jake Evans était absent de la séance de lundi, et Dominique Ducharme a indiqué que sa présence mardi était « incertaine ». Ducharme a assuré que ce n’était « rien de majeur » et qu’Evans souffrait au haut du corps. Il a affirmé qu’il ne s’agissait pas d’une commotion cérébrale. L’information est cruciale, car Evans en compte déjà deux (diagnostiquées) depuis son arrivée chez les pros. Notons tout de même qu’Evans a semblé ébranlé par une mise en échec de l’attaquant des Rangers de New York Samuel Blais, samedi, en fin de première période.

Retour au plan original

C’est Adam Brooks qui pilotait le troisième trio en l’absence d’Evans. Ses ailiers : Mike Hoffman et Brendan Gallagher. Sans surprise, le trio de Christian Dvorak est demeuré intact. Celui de Tyler Toffoli, Nick Suzuki et Cole Caufield a été rétabli, tandis que les Finlandais Artturi Lehkonen et Joel Armia entouraient le non-Finlandais Mathieu Perreault dans la quatrième unité. Cédric Paquette se retrouvait en trop, sans trio. « Avec le retour de Hoffman, on est retournés au plan qu’on avait cet été », a admis Ducharme, rappelant que Toffoli, Suzuki et Caufield avaient connu du succès ensemble.

Belzile au ballottage

Par ailleurs, le Canadien a soumis l’attaquant Alex Belzile au ballottage. Le vétéran de 30 ans a résisté au couperet au camp, mais a été surnuméraire pour les trois matchs du Tricolore. Les 31 autres équipes ont jusqu’à 14 h, mardi, pour le réclamer, sans quoi il se rapportera au Rocket de Laval. Son renvoi est un indice de plus suggérant le retour imminent de Hoffman ; si ce dernier reçoit bel et bien le feu vert, le CH comptera 13 attaquants en santé, sans compter Jake Evans.

Les trios à l’entraînement

Drouin-Dvorak-Anderson
Toffoli-Suzuki-Caufield
Hoffman-Brooks-Gallagher
Lehkonen-Perreault-Armia