Si certains baissent la tête en étant retranchés d’un camp de la LNH, Nathan Légaré, lui, la garde bien haute. L’attaquant de 20 ans voit cela comme une « étape de la vie » et n’en est que plus motivé.

Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Légaré a pu disputer trois matchs préparatoires avant d’être retourné dans les mineures par les Penguins de Pittsburgh, il y a une semaine et demie. Il disputera donc sa première saison professionnelle avec le club-école, les Penguins de Wilkes Barre Scranton.

« Ce n’est pas la première fois que je me fais couper dans ma vie, en espérant que ce soit la dernière ! lance-t-il en entrevue avec La Presse. Je vois vraiment ça comme une motivation. »

Avant de le céder dans la Ligue américaine, les dirigeants des Penguins lui ont dit qu’il devait encore peaufiner quelques détails dans son jeu avant d’avoir sa place dans la grande ligue. Le principal intéressé en fait déjà son objectif de la saison.

« Je pense que si je fais ces détails, ça va juste être bon pour moi et j’espère mettre toutes les chances de mon côté pour avoir un rappel, mais si je n’en ai pas, je n’abandonnerai pas, assure-t-il. Si ce n’est pas cette année, ce sera l’année prochaine. Si ce n’est pas l’année prochaine, ce sera un autre moment donné. »

« Je vais travailler jusqu’à ce que mon rêve se réalise », ajoute-t-il.

Voilà qui donne une bonne idée de son caractère. Caractère qui, d’ailleurs, est une de ses grandes qualités sur la patinoire.

Choix de troisième tour des Penguins en 2019, Légaré a connu un remarquable parcours dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), inscrivant 225 points en 224 matchs avec le Drakkar de Baie-Comeau et les Foreurs de Val-d’Or.

Naturellement, le tenace ailier s’est présenté au camp d’entraînement au début de septembre avec en tête l’objectif de se tailler une place dans l’alignement principal, même s’il était conscient, dit-il, du nombre de joueurs avec un contrat à un volet à Pittsburgh. Dans l’ensemble, il est satisfait de la carte de visite qu’il a laissée.

J’ai eu un gros été d’entraînement. J’étais peut-être dans la meilleure forme de ma vie et je pense que ça a paru durant le camp.

Nathan Légaré

« Les dernières années, on me reprochait un peu ma vitesse, poursuit-il. Les trois ou quatre premières enjambées étaient peut-être un peu plus lentes que la moyenne, donc c’est une chose que j’ai vraiment travaillée. »

Il a aussi perdu près de 15 lb au cours de la période estivale, passant de 211 à environ 198 lb. « Le petit gras de bébé, ça fait une bonne différence. Je me sens vraiment bien sur la patinoire et je suis excité pour ma première année professionnelle. »

La vraie vie

Cette nouvelle étape de la carrière de Légaré rime aussi avec le début de la « vraie vie ».

« Il va falloir payer le loyer, faire la cuisine, la vaisselle, énumère-t-il. Il n’y aura plus de mère ou de père de pension qui vont tout faire pour moi ! C’est sûr que c’est un petit ajustement, mais l’an dernier dans la bulle, dans les hôtels, on a un peu appris à se débrouiller seuls. »

Le jeune homme n’a pas à affronter toutes ces nouveautés seul : de nombreux Québécois font partie de l’équipe. Du lot, Samuel Poulin, choix de premier tour des Penguins la même année où Légaré a été repêché. Les deux amis, qui évoluaient ensemble à Val-d’Or l’an dernier, se côtoient depuis qu’ils ont 8 ans.

Il y a aussi Christopher Merisier-Ortiz, avec qui Légaré a joué dans les catégories pee-wee, bantam et junior majeur. « De le voir à l’aréna, retomber dans la routine du junior, c’est sûr que c’est le fun, reconnaît-il. Je retrouve des repères. »

« Même les vétérans Michael Chaput et Louis Domingue, ce sont de super de bons gars. Ça fait peut-être un mois que je les connais et je trouve qu’il y a déjà une belle chimie, donc je suis vraiment content de ce qui va arriver dans l’avenir ici, avec Wilkes-Barre. »

À son premier match avec sa nouvelle équipe, le 9 octobre, Légaré a inscrit un but dans une défaite de 4-3 face aux Phantoms, à Lehigh Valley.

« Des trajets d’autobus d’une heure et demie, ce n’est rien pour moi après avoir joué à Val-d’Or et à Baie-Comeau ! lance-t-il à la blague. Mes jambes étaient prêtes. Ça s’est super bien passé.

« On est vraiment bien traités ici, ajoute-t-il en référence à sa nouvelle équipe. On a un chef qui nous fait les déjeuners et dîners, donc tu peux vraiment te concentrer sur le hockey et ils s’occupent du reste pour nous. »