« C’est dur d’imaginer mieux. » D’ordinaire réservé, Alexis Lafrenière s’est présenté devant les caméras le sourire fendu jusqu’aux oreilles, le menton rougi par le sang dans sa barbe. Il avait de quoi sourire.

Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

Le but gagnant qu’il a marqué en troisième période couronnait une soirée bien occupée pour le Québécois, qui n’a pas paru écrasé par la pression de son premier match au Centre Bell, joué devant plusieurs membres de sa famille.

Ce but a permis aux Rangers de reprendre l’avance, cette fois pour de bon, et de triompher du Canadien 3-1, samedi.

C’était un match spécial, j’en rêvais depuis longtemps. Pouvoir le vivre et marquer un but, c’est la cerise sur le sundae.

Alexis Lafrenière

Lafrenière aurait très bien pu marquer en deuxième période, lorsqu’il a été alimenté par une des nombreuses passes sublimes d’Artemi Panarin. Mais Jake Allen a fait l’arrêt grâce à un bon déplacement latéral.

Le Québécois s’est repris au dernier vingt, 26 secondes après que Jonathan Drouin eut fait exploser le plafond du Centre Bell en marquant. Cette fois, c’est Mika Zibanejad qui a pris les choses en main, son accélération lui permettant de se créer un deux contre un avec Lafrenière.

« J’ai pensé à tirer, mais il était avec moi, a expliqué Zibanejad. J’ai raté plusieurs filets déserts dans le match et j’espérais qu’il ne le manque pas. C’était un beau jeu. »

« J’ai vu une belle passe de Fox au centre de la patinoire pour Zibanejad et j’ai foncé vers le filet. Quand tu vas au filet et que tu gardes ta palette sur la glace, avec des gars comme ça, de bonnes choses vont se passer. »

Dans la formation partante

Au fait, la punition dont il a écopé en troisième période, avec son équipe qui protégeait une avance de 1-0, a été l’unique note discordante dans sa soirée. « Pas ma meilleure », a-t-il convenu. Une punition en zone offensive est rarement une « bonne » pénalité, en effet.

Pour le reste, il a semblé bien composer avec l’ampleur du moment. C’était son premier match au Centre Bell, et il le jouait devant 21 105 spectateurs qui attendaient depuis 19 mois de se retrouver dans un amphithéâtre plein. « Je pensais qu’il allait être nerveux, mais ça n’avait du tout l’air d’être le cas », a témoigné Zibanejad.

Je voulais rester dans ma routine d’avant-match. J’ai fait la même chose que d’habitude. J’avais des papillons en sautant sur la glace et en voyant la foule. Mais à mes premières présences, j’ai gardé ça simple et je trouvais que ça se déroulait bien.

Alexis Lafrenière

Et sa place dans le six partant, elle était pleinement méritée, assure Gallant.

« Il a eu un très bon camp, c’est un bon jeune et il joue très bien. Ce trio a très bien joué et il a joué son meilleur match des trois. C’est un jeune émotif et il se sentait bien d’être parmi les partants dans cet amphithéâtre. »

La glace est maintenant brisée pour Lafrenière, qui a obtenu son premier point de la saison. L’an passé, il avait dû attendre au septième match avant d’y parvenir.