(Toronto) En arrivant à Toronto en voiture, par la toujours très fréquentée voie rapide Gardiner, on le voit là, à notre gauche, d’une telle hauteur qu’on ne peut le rater : le panneau publicitaire de la série All Or Nothing.

Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

Ça ne vous dit rien ? All Or Nothing (« Tout ou rien ») est une série qui capte chaque moment de la saison passée des Maple Leafs de Toronto. Il ne s’agit pas de fiction mais bien de réalité, et on peut probablement brûler le punch : ça finit comme ça finit souvent par ici, c’est-à-dire de manière douloureuse, cette fois avec une élimination de premier tour contre le Canadien en sept matchs.

Pour ces deux rivaux dont les récits ne cessent de s’entrechoquer depuis des décennies, cette conclusion a mené à deux chemins bien différents : celui de l’élimination pour les Leafs et celui de la magie pour le Canadien, qui verra sa propre histoire se conclure en grande finale.

C’est ce portrait que l’on va nous ramener ici, ce mercredi, sur la glace de l’aréna Banque Scotia.

« On continue de se concentrer sur le jour suivant, sur la prochaine occasion », a expliqué, presque machinalement, le capitaine John Tavares aux médias torontois.

C’est un cliché, mais il nous faut continuer de travailler pour devenir meilleurs.

John Tavares

Tavares, évidemment, profitera du match de mercredi soir pour effectuer son grand retour, lui qui avait été blessé à la tête à la suite d’une collision avec l’attaquant Corey Perry lors du premier match de la série, le printemps dernier.

« John est bien concentré… On peut probablement dire ça souvent de lui, mais on a discuté entre nous de l’importance de pouvoir hausser notre standard de jeu, et à cet effet, John est aussi concentré que jamais », a expliqué l’entraîneur-chef Sheldon Keefe.

Longue sécheresse…

« Tout ou rien », donc… Si on voulait jouer un peu la carte de la méchanceté, on se contenterait de rappeler que, pour les Leafs, c’est souvent rien. Depuis 1967 en fait, année de la dernière conquête. Une très longue sécheresse qu’aucune autre ville de la LNH ne peut même commencer à comprendre, à part peut-être Ottawa.

À cet effet, quand les caméras d’All Or Nothing se sont mises à rouler l’hiver dernier, c’était sans doute dans l’espoir de capter des moments magiques, mais non. Elles n’auront capté que le mélange habituel de douleur et de déception qui prévaut si souvent par ici.

Est-ce d’ailleurs un bon moment pour rappeler que les Leafs n’ont pas gagné une seule série depuis 2004 ? De rappeler que les cinq dernières saisons se sont conclues de la même manière, c’est-à-dire avec une sortie rapide de premier tour ?

Mais il y a toujours l’espoir, et par ici, c’est peut-être Jack Campbell qui représente le mieux ce type d’espoir, à quatre doigts croisés très, très fort. C’est lui qui sera devant le filet de son club mercredi soir, et le duo qu’il forme avec Petr Mrazek est porteur d’espoir… mais arrive aussi avec tout plein de points d’interrogation aux yeux de ceux qui doutent des Leafs.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Jack Campbell

Ce nouveau duo sera-t-il de taille ? Mrazek ne fait certes pas partie de l’élite à sa position, et Campbell, 29 ans lui aussi, est un gardien qui a essentiellement passé une bonne partie de sa vie dans les rangs mineurs avant de pouvoir se mettre un peu en évidence le printemps dernier.

Ce que l’on sait, c’est que les Leafs devraient pouvoir continuer à marquer des buts, mais il leur manquera quelques soldats pour amorcer 2021-2022. Notamment Auston Matthews, qui est blessé au poignet et qui va rater au moins les trois premiers matchs, et Ilya Mikheyev, qui est perdu pour les huit prochaines semaines.

Comme si ce n’était pas assez, Mitchell Marner s’est blessé à la tête lors d’une collision avec le coéquipier Wayne Simmonds à l’entraînement de mardi. Son état de santé sera évalué de nouveau mercredi matin.

Pour les Leafs, les dernières saisons n’ont pas été faciles. La prochaine ne s’annonce pas plus facile que les autres.