Partout où il passe, Marc-André Fleury semble avoir le même effet sur ceux qu’il côtoie. Vegas n’aura pas fait exception à la règle. « Flower, c’est Flower », résume l’attaquant des Golden Knights William Carrier en souriant.

Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Les deux Québécois étaient tous deux de la première édition des Golden Knights, en 2017. L’échange du cerbère de 36 ans aux Blackhawks de Chicago en juillet dernier en a surpris certains. Entre autres parce qu’il était la vedette de la franchise depuis sa création... Et qu’il venait tout juste de remporter le trophée Vézina.

« C’est vraiment juste le cap salarial », soutient Carrier, en entrevue avec La Presse quelques minutes avant une séance de signature d’autographes organisée par la boutique Collect-Edition et ACA Certification, à La Prairie, dimanche.

« Il y a bien des équipes qui sont prises dans la même situation, continue-t-il. À Tampa, c’est la même chose. Il fallait perdre un gros morceau. On le savait un peu que ça allait arriver. Que ce soit n’importe qui dans l’équipe, on savait que ça allait faire mal. »

Fleury a accompli de grandes choses à Vegas, menant l’équipe à une participation en séries éliminatoires ces quatre dernières années, dont une fois en finale de la Coupe Stanley. Mais comme l’équipe compte sur un autre excellent gardien en Robin Lehner, c’est davantage en dehors de la patinoire que son absence se fera sentir, selon Carrier.

« C’est sûr que ça va laisser un gros vide, c’est un gros morceau dans [le vestiaire]. Il était tout le temps content », note le sympathique attaquant.

On était proches, les francophones dans l’équipe, donc c’est sûr que ça va faire un peu mal. Mais Flower, c’est Flower. C’est sûr qu’on va se revoir dans quelques années.

William Carrier

Les choses n’ont pas toujours semblé se dérouler dans l’harmonie entre l’homme aux jambières dorées et les dirigeants des Knights ces deux dernières années. On se souvient du montage publié par l’agent du Québécois, Allan Walsh, lors des séries éliminatoires de 2020. Ledit montage montrait le gardien avec une épée dans le dos, sur laquelle on pouvait lire « DeBoer ». Une référence à l’entraîneur-chef de la formation du Nevada Peter DeBoer.

Encore au printemps 2021, le partage du filet entre les deux gardiens a créé des remous.

Même si toute cette situation a beaucoup fait jaser au sein de la planète hockey, c’était tout autre à l’interne, affirme Carrier.

« C’est bon pour les médias, les agents, dit-il. Je suis sûr que Flower n’avait rien à voir avec ça, c’est des affaires d’agents. Flower voulait gagner. Tu préfères être dans une équipe gagnante que dans une équipe en reconstruction. Tu préfères être dans la bonne équipe. Je ne pense pas qu’il voulait être échangé, qu’il voulait partir. »

« Ç’avait parlé dans la bulle l’année passée, l’été, de l’échanger. Flower est revenu, a remporté le Vézina. Je pense qu’il n’y a aucun doute que c’est une histoire de cap salarial », a-t-il réitéré.

Autres mouvements de personnel

Le directeur général des Knights, Kelly McCrimmon, a procédé à quelques autres changements de personnel pendant la saison morte. William Carrier a notamment vu ses deux compagnons de trio, Tomas Nosek et Ryan Reaves, rejoindre d’autres équipes. Le premier s’est entendu avec les Bruins de Boston à l’ouverture du marché des joueurs autonomes, alors que le second a été échangé aux Rangers de New York.

Reaves et Carrier, deux joueurs d’énergie, trônaient respectivement au premier et au deuxième rang de l’équipe pour le nombre de mises en échec la saison dernière. Reaves avait une campagne d’achevée à son contrat de deux ans et 3,5 millions.

PHOTO MARK J. TERRILL, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

William Carrier durant un match contre les Kings de Los Angeles, en mars dernier

« Je pense que, encore une fois, c’est une question d’argent, dit Carrier au sujet du départ de son coéquipier. C’était un autre contrat qui devait partir. »

« Il avait un gros rôle dans l’équipe, donc c’est sûr que tout le monde va devoir faire sa part. Il a été blessé une partie de l’année passée, donc [les dirigeants] se sont peut-être aperçus qu’on était capables de jouer sans lui et ont essayé d’économiser un peu plus d’argent. »

L’ailier de 26 ans ignore encore avec qui il jouera cette saison. Quelques nouveaux joueurs ont fait leur arrivée dans l’organisation, dont les deux jeunes centres Nolan Patrick et Brett Howden.

Les hommes de DeBoer devraient encore une fois être de sérieux aspirants à la Coupe. Quand on lui demande ce qu’il aimerait accomplir cette saison, Carrier y va d’une réponse évidente :

« Ça serait le fun, gagner la Coupe ! On dirait qu’on tourne autour depuis trois, quatre ans. »

On aimerait ça, les gars, atteindre la prochaine étape. L’équipe vieillit, on n’a plus la jeune équipe. C’est là, ou dans quelques années, qu’on va avoir notre chance.

William Carrier

« Si ça ne marche pas, ils balaient assez vite, ajoute-t-il. On a eu un bon roulement dans les dernières années, alors il faut produire. Ça amène beaucoup de pression dans l’autre sens, mais les gars sont excités de jouer dans une bonne équipe. »

Retour sur une série qui a pincé

Le dernier parcours éliminatoire des Golden Knights s’est terminé au troisième tour, face au Canadien de Montréal.

« C’est sûr que ç’a fait un peu mal, admet Carrier. En un sens, c’est le club que je regardais en grandissant. »

Deux semaines après le dernier match, le natif de LaSalle et sa famille étaient de retour au Québec pour y passer l’été. À ce moment-là, le Tricolore était toujours en action, en finale.

« Ç’a fait un peu plus mal quand je suis revenu ici, reconnaît Carrier. Ils [le Canadien] étaient encore dedans, donc j’ai vu bien du monde parler de hockey. C’est sûr que ç’a été dur de décrocher. Plus dur que normalement. Mais ça n’a pas été trop mal. »

« Partout où je vais, le monde m’en parle, ajoute-t-il. C’est pour ça que ç’a été plus dur. Les deux dernières années, on tombait dans l’anonymat un peu, le monde ne sait pas trop qui tu es. Là, en jouant contre Montréal, [l’anonymat] a comme disparu un peu dans mon coin de pays. C’était moins discret cet été. »

Avec son retour imminent sous le soleil du désert et la nouvelle saison qui commencera bientôt, il ne devrait plus en entendre parler bien longtemps. Quoique...

131

Nombre de mises en échec de William Carrier la saison dernière

214

Nombre de matchs de William Carrier avec les Golden Knights de Vegas