Ce n’était finalement pas un bluff du Canadien : Shea Weber est bel et bien hypothéqué. À un point tel que Marc Bergevin fait déjà une croix sur lui pour la prochaine saison, voire même pour les années suivantes.

Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

C’est ce que le directeur général du Canadien a indiqué au cours d’un point de presse riche en information, jeudi.

« Je ne compte pas sur la présence de Shea Weber dans la formation l’an prochain », a déclaré Bergevin, en guise de première réponse.

Bergevin a ajouté qu’il s’attend à ce que Jonathan Drouin, qui a raté la fin de saison et les séries pour des raisons personnelles, soit présent au prochain camp d’entraînement. Son avenir à Montréal était remis en doute pour des raisons évidentes, puis parce qu’il a été laissé sans protection au repêchage d’expansion de mercredi.

Le DG est aussi revenu sur le cas de Carey Price, présentement à New York pour des examens médicaux. Price n’a finalement pas été réclamé par le Kraken de Seattle même s’il était disponible, et le directeur général Ron Francis a laissé entendre que c’était davantage une question de contrat que de santé.

« Ce n’est rien d’alarmant au moment où on se parle. Il a joué toutes les minutes en séries et il a très bien joué, a rappelé Bergevin. Comme tous les joueurs, il a eu des bobos en séries. Il va voir les médecins. On ne s’attend à rien de majeur, mais tant qu’ils n’iront pas voir de près, c’est peut-être juste six à huit semaines [NDLR : après une possible opération]. Sinon, ce sera peut-être plus long. Mais on ne le sait pas en ce moment. »

Fini pour Weber ?

L’état de santé de Weber faisait jaser depuis que plusieurs médias ont laissé entendre, la semaine dernière, que sa saison 2021-2022 était compromise. Le fait qu’il n’ait pas été protégé au repêchage d’expansion a confirmé ces doutes, que Bergevin a détaillés.

Pourtant, Weber a fini au troisième rang de la LNH pour les minutes totales jouées en séries. Il a passé 554 minutes sur la patinoire ce printemps, un nombre que seuls Victor Hedman (568 minutes) et Ben Chiarot (555 minutes) ont excédé.

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Shea Weber

« Sa cheville, son genou, le pouce… Il a beaucoup de douleur, a énuméré Bergevin. Ça lui prend beaucoup de temps à se préparer juste pour un entraînement. Et ce n’est pas un gars qui se plaint. Manquer un entraînement n’est pas une option pour lui. Il a beaucoup de millage et revenir l’an prochain n’est pas une possibilité. Peut-être aussi pour sa carrière. »

En termes de gestion de la masse salariale, son absence n’est pas problématique, car il sera placé sur la liste des blessés à long terme en début de saison. Son salaire de 7,857 millions de dollars disparaîtra donc du calcul.

Le remplacer sera toutefois une autre paire de manches, en raison des minutes qu’il passait sur la patinoire. De plus, en son absence, Jeff Petry est l’unique défenseur droitier de l’équipe, et Josh Brook est le principal espoir droitier. Or, Brook n’est visiblement pas aux portes de la LNH. Le joueur de 22 ans a même été employé à l’attaque pour quelques matchs depuis son arrivée à Laval.

« On a Eddy (Joel Edmundson) qui peut jouer à droite, Romy (Alexander Romanov) aussi. Mais dans un monde parfait, on trouverait un droitier », a admis Bergevin.

Drouin va mieux

Bergevin était évidemment plus enthousiaste lorsqu’est venu le temps de parler de Jonathan Drouin.

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Jonathan Drouin

« Dom [Ducharme] et moi, on a rencontré Joe mardi, a révélé le DG. On a eu une très bonne conversation. Il se sent bien, prêt à jouer. Je m’attends à ce qu’il soit au camp. »

Bergevin s’est notamment dit encouragé parce qu’il avait vu de Drouin quand Ducharme a été nommé entraîneur-chef du Canadien, fin février. Drouin avait amassé 9 points lors des 13 premiers matchs sous Ducharme, soit jusqu’au moment où le Tricolore s’est retrouvé dans une pause forcée de 10 jours en raison de la COVID-19. L’équipe est revenue en action le 30 mars et un peu plus de trois semaines plus tard, Drouin quittait l’équipe.

« Quand Dom est arrivé, on a vu son meilleur hockey dans l’uniforme du Canadien, a indiqué Bergevin. C’est excitant. Ensuite, son jeu a baissé, mais on sait pourquoi ça s’est passé, et c’est réglé. On a hâte de le revoir comme on l’a vu sous Dom. Donc c’est positif pour nous. »

Notons cependant que le nom de Drouin n’apparaît pas sur la liste des personnalités attendues au tournoi de golf de la Fondation du CHUM, fondation dont Drouin est ambassadeur. Le tournoi aura lieu le 31 août. Un dessin de Drouin apparaît d’ailleurs dans l’invitation, mais pas son nom. On nous explique toutefois que sa présence n’est pas exclue pour autant.

Au-delà de l’aspect humain, le retour de Drouin change aussi la donne à l’aile gauche pour le Canadien, position où le départ probable de Tomas Tatar laisse un vide.

De l’espoir pour Danault

Enfin, Bergevin n’a pas fermé la porte à un retour possible de Phillip Danault, même si le centre est à six jours de l’autonomie complète.

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Phillip Danault

« Tant qu’il n’a pas signé de contrat ailleurs, il y a de l’espoir pour le ramener », a répondu le DG, qui a ensuite parlé de Danault comme « un joueur qu’on aimerait ramener ».

Cela dit, pour une équipe qui a atteint la finale de la Coupe Stanley, le CH vivra sa part de changements pendant l’entre-saison. « Avec l’attente des résultats de Carey, la perte de Shea et l’avenir de notre ligne de centre, il y a beaucoup de points d’interrogation en ce moment », a concédé Bergevin.

Il a toutefois 11 choix au repêchage en main, dont cinq dans les trois premiers tours, pour acquérir de l’aide immédiate, sans parler d’une marge de manœuvre salariale inattendue avec la perte de Weber.