(Tampa) Dans les choses pas simples à gérer, il y a le test de dépistage de la COVID-19 préalable à un retour au Canada. Ç’a été une véritable aventure.

Publié le 7 juill. 2021
Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

Après avoir fait le tour des différents tests sur le marché, le test moléculaire des pharmacies CVS semble être le plus sûr. Mais voilà : ces tests sont offerts exclusivement au service à l’auto. Impossible d’entrer dans une succursale pour le passer ; il faut être dans une voiture, explique la préposée au bout du fil.

L’idée est donc de prendre un taxi traditionnel et de faire l’aller-retour à bord, avec le compteur qui allait tourner pendant le test. Mais aucune des principales entreprises ne répondait au bout du fil. Je me suis donc tourné vers Uber, sachant toutefois que le chauffeur ne serait pas chaud à l’idée d’attendre, puisqu’il perdrait alors la chance de faire une autre course.

Ç’a été effectivement le cas, et Alex était pressé de repartir. « D’accord, déposez-moi et je ferai comme si j’étais placé devant le fait accompli, lui lance-t-on. Une fois que je serai devant son guichet, j’ose espérer qu’elle ne me refusera pas ! »

On s’exécute. Je débarque de la voiture, Alex repart. « Monsieur, vous devez être à bord d’une voiture », dit la dame derrière la vitre.

« Oh, je ne savais pas. C’est un chauffeur Uber et il devait aller chercher d’autres clients.

— Vous n’auriez pas dû le laisser partir. Je ne peux pas vous accepter !

— Mais madame, je suis ici en voyage, je n’ai pas de voiture, je ne peux pas demander à un passant de m’embarquer.

— Je suis désolée. Venez en trottinette s’il le faut. Tant que c’est motorisé. »

Une trottinette ! Elles sont partout en ville, en libre-service. Voilà la solution !

Évidemment, il commence à tomber des cordes au moment où je me mets à la recherche d’un véhicule. Je finis par en trouver un, que je débarre à la hâte, pour éviter de mouiller mon téléphone. Je pars, mais l’appareil se met à bloquer. Il n’était finalement pas disponible pour emprunt, pour une raison mystérieuse.

Qu’à cela ne tienne ; je ne suis qu’à une cinquantaine de mètres du comptoir. Je poursuis donc mon chemin, mais le système d’alarme s’active ! C’est donc avec une trottinette en train de sonner que je reviens devant la fenêtre du service à l’auto. Tout trempe, évidemment.

PHOTO GUILLAUME LEFRANÇOIS, LA PRESSE

Le bolide en question…

La dame constate, avec mon nom, que je suis francophone. « Vous hablar le français ? », tente-t-elle.

On poursuit en anglais. Assez fascinant de constater que le patient s’administre lui-même le test, avec la dame qui nous donne des instructions au micro. On ouvre d’abord le sachet contenant le long coton-tige, on se l’insère soi-même, 15 secondes dans chaque narine. Elle compte les 15 secondes.

Une fois que c’est terminé, on plonge le coton-tige dans une éprouvette contenant une solution, que l’on met dans un sac de plastique refermable. On remet le tout dans le tiroir, qu’elle ouvre pour récupérer le test.

Donc, voilà, c’est fait. Un test gratuit, sans preuve d’assurance ou de citoyenneté demandée. On devine que l’accessibilité des tests fait partie de la stratégie de dépistage.