(Montréal) Dominique Ducharme a tout résumé d’une seule phrase lors de sa conférence vidéo de samedi matin : « On fait face à quelque chose de différent. »

Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

On pourrait dire ça, en effet.

Ce quelque chose de différent, c’est le Lightning de Tampa Bay, qui a pris le contrôle de cette grande finale de la Coupe Stanley de manière très convaincante vendredi soir au Centre Bell, avec une victoire sans appel qui lui a permis de s’emparer d’une avance de 3-0 dans cette série.

On ne reviendra pas sur les chances de retour pour une équipe qui accuse un tel retard, seulement rappeler que la dernière fois qu’une équipe a pu remonter un tel écart en finale, Maurice Richard n’avait encore jamais joué dans la Ligue nationale, il n’y avait pas l’internet et les Rolling Stones n’existaient même pas. Oui, ça fait un bail.

Mais il ne faudrait pas croire que Dominique Ducharme estime qu’il est temps de penser aux vacances et aux drinks avec de petits parapluies.

Il ne faut pas trop regarder au loin. Si tu regardes la montagne, ça semble haut, mais il y a des étapes, et la première, c’est gagner un match chez nous. Ceux qui pensent qu’on va juste disparaître, c’est mal nous connaître. On va se battre. C’est la seule chose à laquelle on pense.

Dominique Ducharme

Pour y arriver, le Canadien devra commencer par éviter les erreurs, qui ont coulé le club depuis le début de cette série inégale.

« Est-ce qu’ils nous facilitent la vie ? Non, a expliqué Ducharme à propos des joueurs du Lightning. On le savait que c’est une équipe qui a le talent pour nous faire payer ces erreurs-là. Les chances de marquer, c’est à peu près égal, selon nos chiffres, mais on leur en a donné, surtout à cause de notre façon de gérer la rondelle. On leur a fait des cadeaux, et c’est une équipe qui est capable de te faire payer. Lors du deuxième match de la série, on a peut-être commis deux ou trois erreurs, et ils en ont profité. »

Et maintenant, que faire pour que le vent tourne un peu ? C’est la grande question. Sur les réseaux sociaux, ces territoires virtuels du savoir profond, on avance çà et là qu’il serait peut-être temps de ramener Tomas Tatar (aucun but depuis le 12 avril) ou Jake Evans (un but en cinq matchs des séries), ou encore de ramener Alexander Romanov à la ligne bleue (il n’a pris part qu’à deux matchs des séries).

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Alexander Romanov

Mais il est fort probable qu’aucun de ces changements n’ait d’effets sur les résultats, et il est fort probable aussi que rien ne change, bien que Dominique Ducharme n’ait rien voulu confirmer à ce sujet en vue du match numéro quatre de la série, qui sera présenté au Centre Bell lundi soir.

Mais il y a ceci de certain : il n’y aura personne d’autre que Carey Price devant le filet. Price, après avoir affiché un pourcentage d’arrêts de ,931 lors du premier tour, de ,941 lors du deuxième tour et de ,933 lors du troisième, affiche depuis le début de cette finale un pourcentage d’arrêts de ,835, ce qui ne sera sans doute pas suffisant.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Carey Price

Mais l’entraîneur du Canadien estime qu’il a été un peu laissé à lui-même depuis le début de cet affrontement. Et là aussi, il n’y aura aucun changement.

« Carey est notre homme, a répondu Ducharme. Il sera devant le filet. On peut parler d’un gars ou d’un autre, mais ça revient à toute l’équipe. On doit être meilleurs devant lui. »