Il faut du muscle en séries. La rage de vaincre. Un seuil de douleur élevé. De l’abnégation. Mais au final, le talent vous fait gagner.

Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Guy Lafleur a fait gagner le Canadien dans les années 1970. Mike Bossy et Wayne Gretzky, les Islanders de New York et les Oilers d’Edmonton dans les années 1980.

Il y a eu Mario Lemieux, Steve Yzerman, Henrik Zetterberg, Pavel Datsyuk, Nicklas Lidstrom, Sidney Crosby, Patrick Kane, Jonathan Toews, toujours capables de mettre leur talent à profit dans les moments de haute tension.

Le Lightning de Tampa Bay devait gagner le deuxième match de sa série contre les Islanders, mardi soir, après avoir perdu le premier.

Le Lightning a un gardien de premier plan, Andrei Vasilevskiy. Le club a des joueurs de soutien de qualité depuis l’an dernier. Une défense de premier plan, avec Victor Hedman, Ryan McDonagh et Mikhail Sergachev en tête (merci au Canadien !).

Mais dans un match serré comme celui de mardi, le talent de Nikita Kucherov a fait pencher la balance contre un club coriace comme les Islanders, avec un gardien, Semyon Varlamov, au sommet de son art. Le Lightning l’a emporté 4-2 grâce à trois aides de Kucherov.

Nikita Kucherov n’amasse pas ses points par hasard. Il possède une vision périphérique qui n’est pas sans rappeler Pavel Datsyuk à certains égards.

Kucherov a d’abord préparé le premier but de son équipe, celui de Brayden Point, en bafouant la défense adverse derrière le filet. Il a feint de contourner l’arrière du but et effectué la passe à Point dans l’enclave, à la gauche de Varlamov. La feinte était réussie au point que le visage du Russe ne faisait même pas face à Kucherov.

Puis, à 1-1 en deuxième période, avec six minutes à faire, Kucherov a effectué une entrée de zone en possession de la rondelle, mais entouré de deux joueurs des Islanders. Le jeu semblait mort, mais le Russe a bifurqué, ralenti le jeu, et laissé le temps à son coéquipier Ondrej Palat d’entrer dans la zone payante, seul. La passe était lumineuse.

« Il fait tout avec grâce, a commenté l’entraîneur-chef du Lightning, Jon Cooper, qui semble toujours émerveillé par son joueur après toutes ces années. C’est tellement fluide. Il semble réaliser ses jeux sans effort. Il peut transformer un jeu en apparence étouffé en chance de marquer. Il est tellement agréable à voir jouer ! »

Sept joueurs !

L’entraîneur-chef des Islanders, Barry Trotz, avait raison de fulminer sur le jeu. Sept joueurs du Lightning se trouvaient sur la glace à la suite d’un mauvais changement au banc.

Le but aurait dû être refusé, mais le surnombre n’a pas eu d’incidence sur le superbe jeu de Kucherov. Il y avait seulement deux de ses coéquipiers en zone offensive.

Et cette bourde des officiels compensait un peu la première, en faveur des Islanders à l’engagement initial, lorsque Brayden Point a été puni pour obstruction envers le gardien alors qu’il avait été poussé sur Varlamov par le défenseur Adam Pelech. Les Islanders ont marqué lors de cette supériorité numérique pour provoquer l’égalité 1-1.

Le deuxième but nous a fait mal. Vous avez évidemment tous vu qu’ils avaient trop de joueurs sur la glace. Ils étaient sept.

Barry Trotz, entraîneur-chef des Islanders

Une autre superbe passe de Kucherov, à l’intention de Victor Hedman, lors d’une supériorité numérique en troisième, a enterré les Islanders.

Kucherov, qui a raté la saison en entier, a désormais 22 points, dont 17 aides, en seulement 14 matchs depuis le début des séries. Phénoménal.

Il porte ainsi son total à 117 points en 103 matchs éliminatoires en carrière.