Le meilleur marqueur de la LHJMQ, Cédric Desruisseaux, et le défenseur québécois Terrance Amorosa ont récemment signé un contrat d’une saison à deux volets avec le Rocket de Laval. Même si les Lions feront leur arrivée à Trois-Rivières dans l’ECHL en septembre, c’est à la Place Bell qu’ils entendent jouer.

Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Mais si ces joueurs devaient se retrouver à Trois-Rivières, la stratégie des Lions est limpide : faire une place aux Québécois. D’ailleurs, l’attaquant québécois Justin Ducharme a signé lui aussi un contrat à deux volets jeudi.

La saison que vient de connaître Cédric Desruisseaux, sa dernière chez les juniors, n’est pas comparable aux trois précédentes. Faisons l’exercice : de 2017 à 2020, le natif de Victoriaville a accumulé 120 points en 179 matchs. Cette saison, il a inscrit 42 buts et 36 passes pour 78 points en… 40 matchs.

Comment expliquer une telle éclosion à 20 ans ? L’attaquant a plusieurs explications. D’abord, l’arrêt de six mois qui a suivi le début de la pandémie en 2020. Il a eu trois mois de plus qu’à l’habitude pour se préparer physiquement pour la saison suivante, fait-il valoir. Puis, il a grandement bénéficié de l’aide du préparateur mental des Islanders de Charlottetown.

« J’ai beaucoup travaillé avec lui pour ne pas me mettre des objectifs trop élevés à long terme parce que ça ressemble à une grosse montagne, explique-t-il. J’essayais de prendre ça étape par étape, au jour le jour. C’est facile à dire, mais c’est difficile à faire.

« Quand tu donnes ton maximum chaque jour, que tu essaies de travailler sur des petites choses en particulier, c’est là que tu commences à avoir un meilleur rythme, poursuit-il. C’est moins décourageant si tu n’as pas les chiffres désirés. Au moins, tu gardes le focus. Ça a vraiment aidé. Le fait, aussi, de me faire confiance et d’utiliser mes habiletés. »

Tout ça a visiblement été bénéfique, puisque de nombreuses universités du Québec, des Maritimes et de l’Ontario lui ont démontré de l’intérêt à l’issue de la saison. Il s’était d’ailleurs entendu avec les Gee-Gees de l’Université d’Ottawa il y a quelques semaines. Mais une offre du Rocket de Laval a changé ses plans… en mieux.

« C’était déjà établi avec eux que si j’avais une offre pro, je pouvais l’accepter. Ils savaient déjà que c’était mon plan A de jouer professionnel. »

Faire partie de la grande famille du Canadien, c’est vraiment spécial, surtout pour un Québécois. J’habite à Victoriaville, ce n’est vraiment pas loin. Quand ils m’ont dit que cette équipe-là me voulait, dans ma tête, il n’y avait pas de question. C’était go, on y va.

Cédric Desruisseaux

Objectif : Laval

Cédric Desruisseaux savait pertinemment que l’année qui vient de se terminer, sa dernière chez les juniors, serait déterminante pour son avenir.

« Depuis que je suis jeune, je veux essayer de gagner ma vie avec le hockey. Je savais que si j’avais une bonne saison à 20 ans, je mettais les chances de mon bord. Tu ne peux jamais contrôler si des équipes vont t’offrir un contrat, mais si tu mets les efforts pour et que tu as de bons résultats, la plupart du temps, ça paie. »

Avec la campagne qu’il vient de connaître, laquelle s’est soldée par l’obtention du trophée Jean-Béliveau, Cédric Desruisseaux a bon espoir de se faire une place dans l’alignement du Rocket la saison prochaine.

« Je sais ce que je suis capable d’apporter, souligne-t-il. Je pense que ça va commencer avec un gros été d’entraînement. Il y en a plusieurs qui disent que c’est un gros step entre le junior et le pro, mais cette année, mon succès est venu en profitant de mes forces et en les exploitant le plus possible. L’année prochaine, même rendu au prochain niveau avec des gars plus vieux, il faut que je continue à mettre l’accent sur mes forces. »

Il se dit aussi prêt à aller jouer avec la nouvelle équipe de l’ECHL à Trois-Rivières, les Lions, si c’est ce que l’organisation lui demande de faire.

C’est l’organisation qui va décider ce qui est le mieux pour mon développement. Moi, je suis là pour jouer au hockey et m’améliorer, donc je vais faire tout en mon possible pour rester au niveau le plus haut. Mais si jamais je dois prendre un pas par en arrière pour en faire deux par en avant, ça ne me dérangera pas.

Cédric Desruisseaux

Terrance Amorosa

Le parcours du défenseur Terrance Amorosa est un peu plus atypique que celui de Desruisseaux. Le natif de Kirkland a quitté le Québec à 16 ans afin d’aller dans une prep school américaine. Repêché par les Flyers de Philadelphie en 2013, il a joué quatre ans pour l’Université Clarkson, dans la NCAA. Sans contrat, il est ensuite devenu joueur autonome. Depuis 2018, il a évolué avec les Oilers de Tulsa et les Mavericks de Kansas City, dans l’ECHL. Cette année, à 26 ans, il a obtenu un essai avec le Rocket. Voilà pour le résumé.

Amorosa a enfilé l’uniforme du Rocket pour cinq rencontres cette saison, ses premières dans la Ligue américaine. Il a inscrit un but.

PHOTO TIRÉE DU SITE WEB DU ROCKET DE LAVAL

Terrance Amorosa

« Je pense que je suis entré dans le niveau assez facilement, soutient-il. Ça semblait très naturel pour moi puisque je m’étais entraîné avec l’équipe, je comprenais le système des entraîneurs, la façon dont Joël veut voir ses défenseurs jouer. »

Il juge avoir tiré profit de son essai avec le Rocket et est satisfait de ce qu’il a démontré à l’organisation. Cette dernière l’est aussi, visiblement, puisqu’elle lui a accordé un contrat d’une saison.

« J’ai passé de beaux moments avec eux, alors j’étais vraiment excité quand ils m’ont offert un contrat. Ça veut dire qu’ils ont aimé ce qu’ils ont vu de moi cette saison pendant mes cinq matchs et les entraînements, alors j’ai hâte de faire la même chose la saison prochaine.

Je pense vraiment que je pourrais [faire ma place dans l’alignement du Rocket]. Quand j’ai joué, j’ai vraiment senti que je m’adaptais bien à la vitesse, aux habiletés, au niveau de la LAH en général.

Terrance Amorosa

« Je sais que je peux jouer à ce niveau et je suis confiant, mais certaines choses sont indépendantes de ma volonté, comme le nombre de défenseurs qui font partie de l’organisation du Canadien et du Rocket », précise-t-il.

Après avoir passé les 10 dernières années à voyager d’une ville à l’autre aux États-Unis – où il se trouve toujours, lui qui s’est entendu avec les Americans d’Allen, dans l’ECHL, à la fin de la saison du Rocket –, Terrance Amorosa est heureux d’être de retour au Québec.

« Je reviens à Montréal tous les étés et je considère encore la ville comme ma maison, dit-il. C’est de là que je viens. Ma famille est à Montréal et nous sommes tissés serré. »