En pleine pandémie, Akim Aliu a joué des rôles auxquels il ne s’attendait jamais.

Gemma Karstens-Smith La Presse Canadienne

L’ancien attaquant de la LNH a partagé son expérience en tant que joueur noir sur les réseaux sociaux, a posé pour la couverture de magazines, a démontré ses talents de patineur dans une série télé et a travaillé avec de hauts dirigeants d’entreprises pour essayer d’enrayer le racisme dans son sport.

« Tout a commencé par un gazouillis et quelques mois plus tard je discute avec des PDGs dans des milieux où je ne pensais jamais me retrouver, a expliqué Aliu. Mais je crois que j’y suis pour les bonnes raisons. »

Aliu a mis en lumière un sérieux problème quand il a allégué sur les réseaux sociaux en 2019 que l’entraîneur-chef des Flames à l’époque, Bill Peters, lui avait proféré des insultes racistes lorsqu’ils étaient dans les rangs juniors.

Peters avait remis sa démission quelques semaines plus tard.

Aujourd’hui âgé de 32 ans, Aliu milite pour du changement dans le monde du sport depuis ce temps.

Il s’est joint à huit joueurs de la LNH — dont Evander Kane des Sharks, Wayne Simmonds des Maple Leafs, Matt Dumba du Wild et Nazem Kadri de l’Avalanche — en juin dernier, pour fonder l’Alliance pour la diversité dans le hockey.

L’objectif : « éliminer le racisme et l’intolérance dans le hockey », et encourager plus de personnes noires ou autochtones à pratiquer ce sport.

Un an après la fondation de ce groupe, Aliu croit que l’Alliance a déjà eu un impact.

« Nous devrions tous être fiers de voir un groupe de joueurs qui évoluent dans un sport majoritairement blanc s’unir et réclamer du changement, a mentionné l’ancien joueur des Flames. Je crois que nous nous en souviendrons longtemps. »

Le mois dernier, le défenseur des Oilers Ethan Bear a reçu une multitude de commentaires racistes après l’élimination de son équipe, au premier tour des séries.

Ce genre d’évènements se produit « constamment » dans le hockey, selon Aliu.

« Ça ne fait que démontrer qu’il y a un gros problème dans notre sport, a-t-il soutenu. Même à l’interne, certains joueurs des minorités culturelles ne sont pas traités de la même manière que les joueurs caucasiens.

« Donc nous voulons, faire de l’éducation pour qu’il y ait, espérons-le, un peu de changement. »

L’Alliance pour la diversité dans le hockey devait d’abord travailler de concert avec la LNH, mais elle s’est dissociée de la ligue en octobre.

Aliu a expliqué que le groupe souhaitait que la LNH instaure des cibles quant à l’embauche de personnel issu de la diversité et que la ligue investisse dans des programmes pour la jeunesse.

Il a plutôt constaté que la démarche « tournait en rond, sans vraiment aller nulle part ».

« Si on veut résoudre un problème, je crois qu’il faut d’abord le reconnaître tel qu’il est, a ajouté Aliu. Oui, il y a un problème racial dans notre sport et il faut y consacrer des ressources diversifiées pour le faire progresser. Ils ne voulaient pas le faire. »

La LNH a annoncé plusieurs mesures pour éliminer le racisme au sein de son organisation en septembre, dont des formations obligatoires pour les joueurs et les employés concernant l’inclusion.

De son côté, l’Alliance planche sur un programme concernant le hockey communautaire.

Cette semaine, l’entreprise Kraft Heinz s’est engagée à donner un million de dollars dans les quatre prochaines années à ce programme.

L’argent investi servira à fournir à des jeunes issus de la diversité des équipements de hockey-balle pour leur faire découvrir le hockey.

Le groupe espère lancer son programme en novembre et il continuera à dénoncer le racisme dans le hockey.

« Nous avons de grands rêves et nous voulons faire des choses qui n’ont jamais été accomplies auparavant, a rappelé Aliu.

« Tout le monde devrait savoir qu’il existe des inégalités dans le monde, particulièrement concernant le racisme, et dans le monde du hockey.

« Nous sommes prêts à montrer au monde de quel bois on se chauffe. »