Ce n’est peut-être pas le terme qu’il aurait lui-même choisi d’emblée, mais à voir le sourire qui s’est dessiné sur le visage de Phillip Danault quand l’expression lui a été suggérée par un journaliste, l’idée était loin de lui déplaire.

Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

« Oui, c’est comme retrouver de vieilles pantoufles, a-t-il acquiescé. Ça fait du bien au moral. »

De retour à l’entraînement complet après avoir soigné une commotion cérébrale, Danault a retrouvé ses partenaires de trio de prédilection en Tomas Tatar et Brendan Gallagher.

On ne finit plus de dire, depuis qu’on les a réunis il y a deux ans, à quel point ces trois-là s’entendent bien sur la glace. Leurs statistiques parlent pour eux : ils forment l’un des meilleurs trios de la LNH à forces égales.

Par contre, ce que les récentes blessures qu’ont subies les trois membres de l’unité ont révélé, c’est à quel point ils sont devenus indissociables. Une compilation des statistiques sur la glace, à cinq contre cinq, de toutes les combinaisons possibles impliquant Danault, Gallagher et Tatar le confirme.

Les trois attaquants ont un peu moins joué ensemble en 2021 que par le passé (34 matchs sur 56). Les ennuis offensifs de Danault et de Tatar en début d’année, puis la blessure qui a mis fin à la saison de Gallagher dès le début du mois d’avril ont forcé chacun d’eux à évoluer avec d’autres coéquipiers.

Mais le constat demeure frappant : en ce qui a trait à la production offensive et à l’étanchéité défensive, les trois réunis sont largement meilleurs que deux d’entre eux avec un troisième compagnon, ou encore que chacun d’entre eux avec deux autres compagnons.

« On parle beaucoup d’eux pour leur apport défensif, mais une bonne partie de ça s’explique parce qu’ils appliquent beaucoup de pression et passent beaucoup de temps en zone offensive », a précisé l’entraîneur-chef Dominique Ducharme, dimanche.

« Structurés »

Depuis que Gallagher est tombé au combat, victime d’une blessure à un pouce, on a notamment vu Danault jouer avec Josh Anderson, et Tomas Tatar avec Jesperi Kotkaniemi. On a même assisté à la réunion de Danault et Tatar avec Cole Caufield. Mais à l’évidence, l’étincelle n’y était pas.

Interrogé sur les raisons qui font en sorte que ça « clique » autant avec ses ailiers favoris, Danault a rappelé que les trois se parlaient constamment sur la glace et qu’ils travaillaient ensemble chaque jour depuis maintenant trois saisons.

« Je pense qu’on est structurés, a-t-il ajouté. On crée de l’attaque en étant solides défensivement. »

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Phillip Danault (24) relance l’attaque devant Auston Matthews (34), le 3 mai dernier.

Gallagher, son « petit droitier », fonce au filet, met du « cœur à l’ouvrage ». Tatar, lui, apporte « une touche offensive » additionnelle, en plus de « ralentir le jeu » par son calme et sa capacité à « créer de l’espace » pour lui-même et pour ses compagnons de trio.

Tatar, de fait, est l’un des ailiers les moins typés du Canadien. Mû par sa vitesse et son gabarit, Josh Anderson traverse la glace comme un train. Franc-tireur typique, Tyler Toffoli sait se faire oublier derrière la défense et décocher sans avertir. Manieur de rondelle et habile patineur, Jonathan Drouin est un fabricant de jeu. Grand et fort, Joel Armia excelle en protection de rondelle. Paul Byron et Artturi Lehkonen ont trouvé leur niche dans un échec avant agressif et soutenu.

Mais quelle est donc la « signature » qui fait de Tatar le meilleur complément pour Danault et Gallagher ?

« Il est excellent en zone restreinte pour faire de petits jeux et pour attaquer le filet rapidement, a expliqué Ducharme. Ce n’est pas le joueur qui transporte la rondelle d’un bout à l’autre pour se créer des chances de marquer. C’est un gars qui est très bon sur de courtes distances. Les trois ensemble ont une bonne chimie à cause de ça. »

Et comment ! Lorsque Danault, Tatar et Gallagher se sont retrouvés sur la glace ensemble à cinq contre cinq cette saison, le Canadien a inscrit 18 buts et en a accordé 3.

La magie doit maintenant opérer contre Auston Matthews et Mitch Marner. Ce qui n’est pas exactement une mince affaire.

Le sourire de Carey

Il n’y a pas que Phillip Danault qui était de belle humeur, dimanche matin. Le taciturne Carey Price s’est adressé aux membres des médias pour la première fois depuis qu’il a subi une commotion cérébrale le 19 avril. Pour tout dire, cela faisait belle lurette qu’on ne l’avait pas senti aussi détendu.

Ne mentons à personne : le gardien du Canadien n’est pas près de dérider une foule pendant 90 minutes au Théâtre St-Denis. Mais ses réponses de plus de quatre mots aux questions des journalistes, combinées à la boutade qu’il a même risquée, trahissaient un joueur qui, de toute évidence, est dans un bon état d’esprit.

À un journaliste qui lui a demandé s’il avait trouvé le secret pour « lire » Auston Matthews et contrer son tir dévastateur, il a répondu en souriant qu’il « ne le dirai[t] pas » même s’il l’avait découvert.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Carey Price

Ses trois semaines loin de la patinoire n’ont pas été des vacances – de violentes migraines l’ont notamment affligé dans les jours ayant suivi sa commotion. Mais il retrouve aujourd’hui son filet avec enthousiasme et fébrilité, évoquant un « nouveau départ ».

« C’est ce qui rend les séries si palpitantes : tout le monde veut être le gars qui fait la différence, qui veut avoir la chance de se prouver, a dit Price. Ces occasions se présentent moins souvent que les gens pourraient le croire. »

C’est évidemment sur la glace que le gardien montrera s’il est bel et bien de retour au sommet. Mais à écouter ses coéquipiers parler de lui, et à voir la combativité qu’il déploie à l’entraînement, les indices sont favorables.

« Il est calme, en contrôle. C’est un compétiteur, a énuméré Dominique Ducharme. Les gars savent qu’il va se lever au bon moment, qu’il sera à son meilleur. »

PHOTO FRANK GUNN, LA PRESSE CANADIENNE

Jack Campbell

Jack Campbell en lever de rideau

On peut s’attendre à ce que beaucoup d’énergie et de mots soient consacrés au choix des gardiens de but dans la série entre le Canadien et les Maple Leafs. Mais à quatre jours de la mise au jeu inaugurale, on sait déjà que c’est Jack Campbell qui défendra le filet torontois pour le premier duel – l’entraîneur-chef Sheldon Keefe l’a confirmé dimanche. Campbell s’est imposé comme un incontournable lorsqu’il a été appelé à prendre la relève de Frederik Andersen cette saison. Il a conclu la campagne avec une fiche de 17-3-1 et un taux d’arrêts de ,921. Même avec le retour en santé d’Andersen, force est de constater que le Danois s’est fait damer le pion, lui qui a été le gardien partant des Leafs au cours des quatre dernières années en séries éliminatoires. Sans être le seul facteur d’insuccès de son club, il a néanmoins livré une fiche de 10-14 et n’a jamais réussi à passer le premier tour.