Où, ailleurs qu’à Montréal, un réserviste s’approprierait-il toute l’attention une journée de match, alors qu’un vétéran de l’équipe revient d’une blessure qui lui a fait rater 15 matchs ?

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Ben Chiarot retrouvera son poste à la gauche de Shea Weber vendredi soir contre les Flames de Calgary. Sa blessure au pouce, subie le 10 mars dernier à Vancouver, lui aura fait rater un peu plus de cinq semaines, soit moins que les six à huit semaines qu’on prévoyait à la suite de l’opération qu’il a dû subir.

Mais on y reviendra plus loin, car la conversation du jour tourne autour de Cole Caufield.

Le prolifique marqueur, choix de premier tour (15e au total) du Tricolore en 2019 et joueur par excellence de la NCAA cette saison, a en effet été rappelé du Rocket de Laval après seulement deux matchs dans la Ligue américaine, au cours desquels il a marqué trois buts et récolté une mention d’aide. Son nom figure pour l’instant sur l’escouade de réserve du CH.

À son premier entraînement dans la LNH, concis comme c’est toujours le cas le jour d’un match, Caufield a surtout fait office de spectateur. Il a pris part à quelques exercices avec les réservistes.

L’entraîneur-chef Dominique Ducharme a rapidement souhaité modérer les attentes à l’égard de son nouveau joueur : il ne sera pas en uniforme contre les Flames. Et on ne s’avance pas sur son entrée en scène.

« On l’a rappelé pour qu’il connaisse les joueurs et qu’il voie comment ça se passe un jour de match. Pour lui donner un peu d’expérience, tout simplement », a dit Ducharme en visioconférence.

Cette explication tombe sous le sens. En raison d’une éclosion de COVID-19 chez les Marlies de Toronto, le Rocket n’a plus qu’un match à l’horaire (mercredi prochain) d’ici le 29 avril. Par contre, le temps d’entraînement augmenté dont profite soudain le Rocket est à l’exact inverse du Canadien, qui n’a presque plus d’entraînements complets à l’horaire.

Ducharme a aussi expliqué que la situation salariale du Canadien était à ce point serrée qu’il était impossible d’insérer un joueur dans la formation. Selon lui, à moins d’une blessure, les réservistes comme Caufield, Jake Evans, Michael Frolik ou Xavier Ouellet ne pourraient donc pas jouer.

Ce n’est qu’en partie exact. Car la direction a toujours le loisir de céder Paul Byron à l’escouade de réserve – il n’a plus à passer par le ballottage avant quelques semaines. Ou encore d’envoyer au ballottage un joueur plus marginal comme Jon Merrill ou Erik Gustafsson.

Mais jusqu’à nouvel ordre, Caufield ne jouera pas, insiste le club. Le principal concerné, lui, s’en est tenu à la version officielle : il est heureux de l’expérience qu’on lui offre, il aborde son nouveau défi « au jour le jour » et souhaite s’« imbiber » le plus possible du savoir de ses pairs. Plusieurs fois, il a répété qu’il voulait « apprendre le plus possible ».

Il a en outre réitéré que s’il était appelé à jouer, les standards de performance qu’il s’impose ne changeront pas. « L’important demeure que l’équipe gagne, mais peu importe où je joue, j’attends les mêmes choses de moi-même. »

Il se dit toutefois pleinement conscient de l’emballement qu’il suscite chez les partisans, mais n’en fait pas de cas. « On verra ce qui va arriver », a-t-il ajouté en souriant.

Chiarot de retour

Celui dont on sait qu’il jouera avec certitude, c’est Ben Chiarot.

Saluant l’effet stabilisateur que ce retour pourrait avoir sur sa défense, Dominique Ducharme a prévenu que son intégration se définirait au gré du jeu. Mais à l’entraînement, Chiarot avait retrouvé son vieux complice Shea Weber. Ainsi, Brett Kulak avait rejoint Alexander Romanov, tandis que Jeff Petry demeure associé à Joel Edmundson. On revient donc aux duos du premier segment de la saison.

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Ben Chiarot retrouvera son poste à la gauche de Shea Weber vendredi soir.

Chiarot a fait valoir qu’il s’attendait à une « forte réponse » du Canadien après sa contre-performance de mercredi contre les Flames. Ces derniers poursuivent le Tricolore au classement, et malgré l’écart qui favorise le CH, rien n’est encore acquis.

« Si je peux apporter ma voix dans le vestiaire et faire ma part sur la glace pour supporter le jeu et mener par l’exemple, je vais le faire, a dit Chiarot. Le plus important dans la dernière séquence vers les séries éliminatoires sera de bien jouer ensemble et de le faire avec constance. »

Le défenseur s’était blessé à la main pendant une bagarre contre J. T. Miller le 10 mars dernier. Il a raconté avoir su immédiatement que le combat l’avait laissé amoché.

« Tu espères toujours que ce ne sera pas trop mal, mais je savais que quelque chose clochait », a-t-il dit.

Par contre, cet évènement ne le freinera pas de jeter les gants de nouveau.

« Se battre a toujours fait partie de mon jeu et ça ne changera pas, a-t-il assuré. La manière dont je joue implique que je doive parfois répondre à l’appel. Mon travail est d’affronter les meilleurs joueurs des autres équipes : s’ils me défient, je dois répondre. »

Carey Price, qui soigne depuis une dizaine de jours une blessure non divulguée, a quant à lui pris part à un premier entraînement collectif. Il ne sera pas en uniforme contre les Flames, mais il pourrait jouer samedi contre les Sénateurs d’Ottawa, a indiqué Dominique Ducharme.

Jake Allen obtiendra donc vendredi soir son sixième départ de suite.

À noter : la rencontre, disputée au Centre Bell, s’amorcera exceptionnellement à 18 h.