Malgré toute l’humilité qui caractérise Marc-André Fleury, il devra se résoudre au fait qu’il appartient désormais au groupe des géants du hockey.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

La victoire sans appel de 6-2 des Golden Knights de Vegas aux dépens des Kings de Los Angeles, mercredi soir, était la 485e de la carrière du Québécois en saison « régulière ». Il occupe ainsi seul le quatrième rang de l’histoire de la LNH sur ce plan.

Il partageait cet échelon depuis dimanche dernier avec Ed Belfour, qu’il a maintenant dûment dépassé. Alors que les Knights ont encore 13 matchs à disputer, Fleury pourrait bien gagner un rang additionnel dès cette saison, puisqu’il n’est plus qu’à 4 gains des 489 de Roberto Luongo.

« On dirait que je n’y crois pas encore vraiment », a dit le principal concerné, en français, lors d’un point de presse virtuel après la rencontre. Pendant les quelques minutes qu’a durées son allocution, jamais son large sourire ne s’est estompé.

L’exploit revêt une saveur encore plus particulière pour lui du fait que le top 4 pour le nombre de victoires est désormais composé exclusivement de Québécois. Martin Brodeur (691) et Patrick Roy (551), deux idoles de jeunesse de Fleury, trônent en effet tout en haut de ce prestigieux palmarès.

« C’est un honneur pour moi d’avoir mon nom avec ces gars-là, a-t-il dit. Ce sont des gardiens qui ont dicté ma façon de jouer quand j’étais jeune, la façon dont je joue encore. Quelques poke checks [NDLR : harponnages] comme Martin, le papillon comme Patrick. C’est tout un honneur d’être parmi eux. »

À 36 ans, Fleury croit encore avoir quelques bonnes saisons devant lui. À plus forte raison s’il demeure avec les puissants Knights, ne serait-ce que pour la dernière année de son contrat en 2021-2022, il pourrait bien dépasser Roy avant de prendre sa retraite.

Il avoue toutefois ne pas trop y penser, à tout le moins, pas pour l’instant.

« Chaque match que je joue, j’essaie de le gagner, je ne le fais pas pour rattraper quelqu’un ! s’est-il esclaffé. Gagner, c’est ça, le plus le fun, ça reste mon focus. Je sais qu’il me reste quelques années à jouer, j’essaie de profiter de ce que j’ai présentement à Vegas. »

« Mais avoir une couple [de victoires] de plus, ce serait le fun ! »

Son entraîneur Peter DeBoer, qui était également derrière le banc des Devils du New Jersey à la fin de la carrière de Martin Brodeur, a classé ce match de Fleury parmi ceux dont il sait qu’il se souviendra longtemps. Ceux qu’on raconte « plus tard, à ses enfants et ses petits-enfants, pour leur dire qu’on était là ».

Sur le tard

En réalité, Fleury aurait pu atteindre ce palier il y a quelques jours déjà. Or, un curieux phénomène s’est produit depuis le retour au jeu de Robin Lehner, avec qui il partage le filet des Knights, après quelques semaines de convalescence.

En excluant le match de mercredi soir, Lehner et Fleury avaient chacun disputé 7 rencontres depuis le 19 mars. Lorsque Lehner était en devoir, les Knights ont inscrit 28 buts, donnant ainsi 6 victoires au Suédois. Mais lorsque Fleury était d’office, ses coéquipiers n’ont marqué que 10 fois. Malgré tout, le Québécois s’en est tiré avec deux courtes victoires de 3-2 et de 1-0 dans l’intervalle.

« On ne peut pas vraiment expliquer pourquoi ça tombait sur les matchs de Flower, a indiqué Max Pacioretty. Mais il a tellement bien joué pour nous, ça fait du bien d’enfin lui donner le soutien offensif qu’il mérite. »

L’ancien capitaine du Canadien de Montréal affirme que ses coéquipiers et lui étaient d’autant plus navrés de leur inconstance des dernières semaines qu’ils étaient bien conscients de l’exploit qui attendait Fleury.

Le déblocage a enfin eu lieu contre les Kings. Pacioretty, justement, et Tomas Nosek ont chacun récolté trois points dans la victoire.

« Le match est un peu plus relax quand on marque tous ces buts », a confirmé le gardien en riant.

« Mais je savais que ça viendrait à un moment donné. Je suis juste content de la victoire. »