C’est souvent quand on ne s’attend à rien qu’il se passe quelque chose. 

Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

Dans le cas qui nous préoccupe, c’est de la part du Canadien qu’on ne s’attend à rien en vue de la date limite des transactions dans la LNH, qui a été établie à lundi 15 h.

Pourquoi on ne s’attend à rien ou, en tout cas, à rien de spectaculaire ? En premier parce que ce n’est pas le style de la maison. Le Canadien, récemment certes, ne nous a pas habitués à des journées bien spectaculaires avant la date limite, préférant souvent conserver ces moments magiques en marge du repêchage, ou encore à 1 h par un matin de septembre, par exemple quand vient le temps d’échanger un capitaine qui ne fait plus l’affaire.

Ensuite parce que selon le site spécialisé CapFriendly, en date de dimanche, le Canadien ne disposait plus que de quelque 2,8 millions de dollars à dépenser sur sa masse salariale. Ce qui signifie que s’il veut faire dans le spectaculaire, le directeur général Marc Bergevin devra essayer de liquider quelques-uns de ses propres contrats tout en étant très créatif financièrement.

Qui pourrait-il alors viser ? Voici une liste de noms dignes d’intérêt. Ça ne veut pas dire que ça va arriver. Mais ce serait une bonne idée d’essayer que ça arrive.

Ryan Getzlaf

Ça n’a aucun sens (Getzlaf est heureux à Anaheim, dit-on, et il a une clause blindée de non-mouvement), mais on place son nom ici seulement parce que c’est en plein le type de joueur qu’adore Bergevin : un vétéran, un gagnant, un gars de caractère capable de déplacer des chaudières de rondelles avec sa pensée. Après Corey Perry, après Eric Staal, pourquoi pas lui ? Avec un salaire de 8,2 millions de dollars cette saison, ça va prendre un bon comptable pour que ça arrive, et surtout, ça va prendre qu’une partie du salaire soit absorbée par d’autres. Mais ne vous trompez pas : Bergevin rêve la nuit de ce type de joueur, et selon Sportsnet, il a d’ailleurs déjà fait connaître son intérêt aux Ducks. Perry et Getzlaf sont des potes, au fait. Ça doit bien vouloir dire quelque chose.

Mattias Ekholm

À 3,7 millions de dollars, et avec encore une année de contrat à écouler, ce défenseur de 30 ans est très intéressant, surtout pour le Canadien, où il deviendrait immédiatement le partenaire idéal à la gauche de Shea Weber. Mais il faudra y mettre le prix : les bonnes gens des Predators de Nashville exigeraient au minimum un choix de premier tour en retour du Suédois, en plus de quelques autres affaires. Bien sûr que le Canadien vient à peine de faire l’acquisition de Jon Merrill, et Ben Chiarot se rapproche d’un retour, mais la défense de l’équipe a encore besoin d’être améliorée, et l’arrivée d’Ekholm représenterait certes une amélioration. Ça coûterait cher, mais il n’y a rien de gratuit dans la vie. Qu’on se le dise.

Ryan Murray

Ce défenseur a déjà été le deuxième joueur choisi au total lors d’un repêchage, celui de 2012, par les Blue Jackets de Columbus. Mais Ryan Murray n’a pas eu la carrière envisagée, n’est-ce pas ? Et voici que les Devils du New Jersey seraient prêts à écouter les offres pour ce joueur de 27 ans qui est sans contrat en vue de la prochaine saison. À 4,6 millions, et si jamais la facture est partagée, ce type devient intéressant pour le Canadien, en premier parce qu’il représenterait une amélioration par rapport à au moins 50 % des réguliers à la ligne bleue montréalaise en ce moment.

Mike Hoffman

Ça doit bien faire au moins deux ans que les rumeurs impliquant le Canadien et ce sympathique Ontarien vont bon train. Est-ce que cette fois sera la bonne ? Cette saison à St. Louis, l’attaquant de 31 ans a tout de même 11 buts au compteur, et il a l’habitude de mettre la rondelle au fond du filet près d’une trentaine de fois dans une saison normale. Il ne faut pas oublier que Hoffman a obtenu un contrat d’une seule saison avec les Blues, pour 4 millions de dollars, après avoir dit oui à un simple essai en décembre. Ce que cela veut dire, c’est que les Blues ne seront pas en position d’exiger la lune en retour de ses services.