Le Canadien et les autres équipes de la division Nord avaient jusqu’ici échappé à la COVID-19 cette saison. Le virus les a finalement rattrapés.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

La LNH a annoncé que les matchs du Tricolore étaient reportés jusqu’au 28 mars. L’équipe pourrait reprendre l’entraînement le 29, « selon les résultats des tests qui seront faits d’ici là », précise la LNH.

C’est donc dire que trois autres matchs du Canadien sont remis, soit ceux de ce mercredi et de vendredi (contre Edmonton) et celui de dimanche (contre Ottawa). Ces reports s’ajoutent à celui du match de lundi, également contre Edmonton.

Aucune date de reprise n’a été annoncée pour ces quatre matchs.

Ces matchs ont été reportés après que les noms des attaquants Jesperi Kotkaniemi et Joel Armia eurent été placés sur la liste du protocole de la COVID-19, lundi. Ils apparaissaient toujours sur la liste lors de la mise à jour de mardi soir, et aucun autre joueur de l’équipe n’y a été ajouté.

Une inscription sur cette liste ne signifie pas automatiquement un test positif ; il peut s’agir d’un joueur qui a été en contact avec une personne ayant contracté le virus. Il peut aussi s’agir d’un faux positif ou d’un test non concluant, comme ce qu’avaient justement vécu les Oilers lors de leur dernière visite à Montréal.

Le nom de l’attaquant Jesse Puljujärvi avait alors été inscrit sur cette liste quelques heures avant le match du 11 février. Le match avait tout de même eu lieu, sans Puljujärvi, qui était ensuite resté en isolement à Montréal en attendant les résultats de ses autres tests, qui se sont révélés négatifs.

Mardi matin, l’animateur de TSN Radio Tony Marinaro a affirmé qu’un seul des deux joueurs du Canadien avait reçu un résultat positif. Il nous a été impossible de confirmer cette information.

Le fait que la LNH a décidé de mettre le Tricolore sur pause suggère qu’il y a bel et bien eu au moins un test positif dans l’entourage de l’équipe.

Les détails filtrent cependant au compte-gouttes. Le directeur général du Canadien, Marc Bergevin, ne prévoyait pas s’adresser aux médias mardi soir, et la LNH n’a fourni aucune information supplémentaire.

Cette situation survient au moment où le Québec observe une relative accalmie. La moyenne mobile sur sept jours des nouveaux cas quotidiens est en effet sous les 700, une première depuis la fin de l’été dernier.

Un casse-tête pour la LNH

La situation représente un casse-tête logistique pour la LNH, les calendriers des équipes étant trop serrés pour permettre d’y glisser des reprises de matchs.

Avant les rencontres de mardi, le Tricolore était déjà l’équipe de sa division qui avait disputé le moins de matchs cette saison (31). À l’heure actuelle, les derniers matchs du calendrier de la LNH sont prévus le 10 mai. C’est donc dire qu’au moment de la reprise possible des activités du Canadien, le 29 mars, il restera 43 jours à la saison, pour disputer les 25 derniers matchs. Cela donnerait un match par 1,72 jour.

En début de saison, le Canadien devait disputer 56 matchs sur un calendrier de 116 jours, ce qui donnait un match tous les 2,07 jours.

Lors d’une saison normale, les équipes disputent 82 matchs en 185 jours (un match tous les 2,21 jours).

Bref, ce sera très serré pour le Canadien, sans oublier le fait que dans le calendrier actuel, il est essentiellement impossible de reprogrammer les matchs contre Edmonton sans tout chambouler. Les Oilers reviendront à Montréal une seule fois cette saison, pour un match le 5 avril, mais le Tricolore a déjà des matchs le 7, le 8 et le 10 à l’agenda.

Il faudra voir si la situation forcera la LNH à ajouter quelques jours au calendrier après le 10 mai, avant le début des séries. Une autre option serait de classer les équipes par pourcentage de points obtenus (comme ça a été fait pour déterminer qui participerait aux séries éliminatoires l’été dernier).

Mais Gary Bettman et Bill Daly répètent sans cesse qu’ils souhaitent une saison complète de 56 matchs pour toutes les équipes. Les enjeux pour les télédiffuseurs des matchs sont évidemment importants.

Des impacts ailleurs ?

La situation chez le Canadien aura-t-elle un effet domino sur le reste de la division Nord ?

Les Canucks de Vancouver, par exemple, ont affronté le Tricolore samedi, soit 36 heures avant les premiers signaux d’alarme.

Depuis ce match, les Canucks sont retournés à Vancouver, où ils ont affronté les Jets de Winnipeg lundi. Ils s’y sont entraînés mardi et affronteront de nouveau les Jets ce mercredi, avant de profiter d’une semaine complète de congé.

Y a-t-il de l’inquiétude chez les joueurs des Canucks, sachant qu’ils ont été en contact avec un joueur possiblement infecté ?

« Nous ne sommes pas préoccupés, a assuré le défenseur Tyler Myers, en visioconférence après l’entraînement de mardi. Nous sommes testés tous les jours, et le protocole mis en place par la LNH fait en sorte que nous sommes au-devant des évènements [on top of things]. »

C’est sûr que ça nous a traversé l’esprit quand la nouvelle est sortie [lundi]. Tout va bien pour le moment, et à moins d’avis contraire, rien ne change pour nous.

Tyler Myers, des Canucks de Vancouver

Dans la mise à jour de fin d’après-midi, les Canucks ont ajouté un nom au protocole de la COVID-19, mais c’était celui de Travis Boyd, qui a été réclamé au ballottage lundi. Il y apparaît parce qu’il doit se soumettre à une quarantaine provinciale, selon Elliotte Friedman, et son ajout n’a donc aucun lien avec le match de samedi.

Une première depuis l’été

Avant la situation actuelle, un seul cas connu de COVID-19 avait touché les joueurs du Canadien. Le défenseur Brett Kulak avait reçu un résultat positif l’été dernier, au moment où les joueurs se présentaient au camp en vue des séries éliminatoires.

Toujours pendant ce camp estival, le défenseur Xavier Ouellet avait également reçu un résultat positif, mais il disait croire qu’il s’agissait d’un faux positif, puisque ses autres tests avaient été négatifs. Cette situation avait d’ailleurs conduit l’équipe à séparer cinq joueurs du reste du groupe, parce qu’ils avaient eu des contacts avec Ouellet. Le quintette s’était entraîné à l’écart des autres.