Alex Burrows ne s’y attendait pas – à tout le moins, il ne s’y attendait pas tout de suite.

Publié le 9 mars 2021
Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

Mais il n’a pas vraiment eu le choix.

Car après le match du Canadien à Ottawa, le soir du 23 février, il a reçu un coup de téléphone tardif de la part du directeur général Marc Bergevin. Le lendemain matin, à 6 h, une voiture le conduisait auprès du reste du groupe, qui l’attendait à Ottawa. Il n’a même pas eu le temps de dire bonne journée à ses enfants, encore endormis aux aurores.

Il n’a pas eu le choix, non, parce qu’une offre comme celle-là, de la part du directeur général du club de son enfance, ça ne se refuse pas. Comme il le dit lui-même : quand le train passe, tu dois sauter dedans.

Alors, Alex Burrows a choisi de sauter dedans.

« J’ai été un peu surpris quand Marc m’a appelé, assez tard, après le match contre les Sénateurs, a-t-il raconté par vidéo de Vancouver, mardi après-midi. J’étais sous le choc un peu. Ma femme m’attendait pour aller dormir et je lui ai dit que je devais faire mes valises parce que, le lendemain, je m’en allais comme coach avec le Canadien. »

J’étais vraiment enthousiaste et vraiment surpris que Marc me fasse confiance, mais le Canadien, c’est mon équipe depuis toujours…

Alex Burrows

C’est comme ça que Burrows, 39 ans, s’est joint au groupe d’entraîneurs du Canadien il y a deux semaines à titre d’adjoint, après avoir passé les deux saisons précédentes comme adjoint de Joël Bouchard chez le Rocket de Laval, dans la Ligue américaine.

La manière l’a peut-être surpris, mais pas le résultat, on va se le dire, parce que c’est un peu ce qu’il voulait, et depuis très longtemps, depuis même ses années de misère au hockey mineur dans l’ECHL, « à 350 $ par semaine », là où il n’était pas si loin de tout abandonner.

Puis, plus tard, au moment de la fin de sa carrière chez les Sénateurs, son chemin semblait de plus en plus tracé.

« J’ai commencé dans la LNH à Vancouver comme joueur fatigant sur un quatrième trio, et je me suis retrouvé à jouer ensuite sur le trio des frères Sedin… Alors j’ai vu un peu de tout, touché un peu à tout. Je ne sais pas si tout ça va faire de moi un bon coach, mais je suis très heureux d’être ici. »

Le grand frère

De manière officielle, Burrows est responsable du jeu en avantage numérique, mais de manière moins officielle, on sent aussi qu’il s’occupera des relations avec les joueurs, qu’il jouera un peu le rôle de grand frère auprès des plus jeunes, qui ont souvent besoin de se confier à quelqu’un, même à ce niveau.

Comme joueur, le Québécois n’a jamais été repêché, mais cela ne l’a pas empêché de gravir les échelons, entre autres lors de ses 12 saisons dans le maillot des Canucks à Vancouver, où il a profité de tous les moments pour prendre des notes, poser des questions et ouvrir bien grand les oreilles, parce qu’il se doutait bien qu’un jour, il allait vouloir enfiler un manteau d’entraîneur quelque part, et préférablement chez le Canadien.

« Je me souviens qu’avec les Canucks, [l’entraîneur] Alain Vigneault avait créé un groupe de leadership… Nous étions six joueurs dans ce groupe, et on échangeait avec Alain, qui nous demandait ce qu’on pensait de certaines situations. C’était Manny [Malhotra] qui était à la tête de ce groupe et on discutait des stratégies. J’aimais ça, et j’ai toujours été un passionné de hockey. »

Burrows, qui demeure à ce jour un « nerd » du hockey, de son propre aveu, se présente donc aux côtés de Dominique Ducharme dans un rôle qui lui était sans doute destiné, ici ou ailleurs. Au cours des deux derniers étés, il a d’ailleurs reçu des offres semblables de la part d’autres équipes de la LNH, mais chaque fois, il a dû dire non, parce que le moment n’était pas encore venu.

Cette fois, le moment est venu.

« Même quand je jouais avec les Canucks, les gars du club se moquaient de moi parce que j’insistais toujours pour regarder le match du Canadien qui était diffusé à la télé à 16 h à Vancouver… Je mange du hockey et je regarde des matchs de hockey tous les soirs. J’ai toujours été comme ça. J’ai fréquenté l’université du hockey… et j’ai eu mon doctorat ! »