Le Canadien traverse sa première crise de 2021, mais le pilote du navire n’est pas inquiet pour autant.

Mis à jour le 12 févr. 2021
Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

« C’est une longue saison, a expliqué Claude Julien vendredi matin depuis le centre d’entraînement de Brossard. L’idée, c’est de faire des ajustements en cours de route. On recherche un peu plus de résilience de la part de notre groupe. »

Le Canadien se prépare à affronter les Maple Leafs, samedi soir à Toronto, et vendredi matin, la plupart des joueurs se sont contentés d’une solide séance de vidéo. Le but ? Repasser des images du bon vieux temps, celles du mois de janvier, par exemple, quand la formation montréalaise avait des allures de formation championne.

On le sait, ça s’est un peu gâté depuis.

La défaite de jeudi soir au Centre Bell contre Edmonton représente un troisième revers en quatre matchs, mais ce n’est pas tout à fait ce qui est digne de mention. Ce qui est digne de mention, c’est que le Canadien a marqué seulement six buts lors de ses quatre derniers matchs, un gros contraste avec l’équipe qui avait marqué cinq buts ou plus à six reprises lors des matchs précédents.

Depuis, toutes les théories ont été évoquées pour expliquer cette soudaine sécheresse. Les adversaires se sont ajustés. Il y a maintenant un « livre » sur le Canadien. Les défenseurs ne relancent plus le jeu. Les attaquants ne vont plus au filet. Le salaire de Carey Price est trop gros (non, personne n’a dit ça), et ainsi de suite.

Alors Shea Weber, qu’en est-il au juste ?

« Je ne dirais pas que ça s’explique uniquement par notre faute, a répondu le défenseur chevronné vendredi. Il y a aussi que les autres équipes ont réalisé combien nous sommes dangereux en relance, alors on tente de nous contrer de plusieurs façons, entre autres en lançant des rondelles dans le fond de notre territoire… Notre jeu offensif a chuté et nous ne pouvons plus nous permettre de remettre la rondelle si souvent à l’autre équipe. »

Intéressant, et au fait, Weber a parlé d’un « match baromètre » dans le cas de celui de samedi soir à Toronto. Il n’a peut-être pas tort ; ensuite, le Canadien aura une semaine de pause avant de pouvoir disputer le match suivant, et ce serait sans doute une bonne idée d’arriver à cette pause dans de bonnes dispositions.

« Il n’y a pas une équipe qui va décider de changer son système de jeu après 14 matchs parce qu’elle connaît quelques difficultés, a ajouté Claude Julien. Il faudra apporter les bons ajustements, et c’est ce qu’on tente de faire. »

Et Kotkaniemi dans tout ça ?

Pendant ce temps, Jesperi Kotkaniemi ne joue pas comme le futur centre de premier plan que bien des gens voient dans leur soupe. À quelques reprises lors du match de jeudi soir, le Finlandais de 20 ans a montré des signes de frustration, lui qui n’a qu’un seul but à sa fiche cette saison, en plus d’avoir été blanchi de la feuille de pointage à ses quatre derniers matchs.

PHOTO ERIC BOLTE, USA TODAY SPORTS

Jesperi Kotkaniemi n’a qu’un seul but à sa fiche cette saison.

Claude Julien a bien tenté de lui donner un nouvel ailier gauche en la personne de Tomas Tatar, mais les résultats se font attendre pour le moment.

« Parfois, ça prend une étincelle, a expliqué l’entraîneur. On a été patients avec nos trios pendant une douzaine de matchs. Dans le cas de Kotkaniemi, c’est un jeune joueur, et dans une saison, il va y avoir des situations où un gars connaît des moments plus difficiles que d’autres. Ce n’est pas qu’il joue extrêmement mal, mais il ne génère pas beaucoup d’occasions dernièrement. S’il simplifie son jeu, s’il continue à travailler fort, les choses vont tourner en sa faveur. »