« C’est sûr que ça a été un mauvais bounce. J’imagine que ce sont des choses qui arrivent. »

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

Phillip Danault parlait-il : A) du deuxième but des Oilers jeudi soir ; B) de la COVID-19 ? Deux morceaux de robot si vous avez répondu B.

La LNH a en effet été victime de quelques « mauvais bonds » ces derniers jours. La ligue a lancé la saison écourtée 2021 avec un protocole qu’elle annonçait musclé, mais tout indique que les mesures n’étaient pas suffisantes pour contrer un virus qui demeure bien présent dans la société.

À preuve, elle a annoncé jeudi soir des ajouts au protocole. Parmi les nouvelles mesures annoncées, on note, tant pour les joueurs que pour les membres du personnel en contact avec les joueurs :

• pour les 24 équipes établies aux États-Unis, des tests rapides les jours de match – ces tests s’ajoutent aux tests quotidiens auxquels elles se soumettaient déjà depuis le début des camps ;

• pour les sept équipes canadiennes, la LNH dit vérifier la disponibilité des tests rapides ;

• l’obligation de tenir les rencontres d’équipe et sessions vidéo de façon virtuelle ;

• l’obligation de rester à la maison, à moins de se rendre à l’aréna, de s’entraîner en solitaire en plein air, pour une activité essentielle ou pour une urgence familiale ;

• une « forte recommandation » de porter les masques de type KN95 (l’équivalent des N95) – une fois que la LNH en aura en nombre suffisant, cette recommandation deviendra une obligation.

C’est la deuxième fois en une semaine que la ligue apporte des améliorations à son protocole. La semaine dernière, après de multiples reports de matchs, le circuit avait en effet annoncé un resserrement des mesures préventives, mais celui-ci était relativement timide.

Il était notamment question d’exiger que les joueurs n’arrivent pas plus que 1 heure 45 minutes avant un match à l’aréna. Cette version du document a même circulé auprès de certaines équipes, avant l’annonce, a appris La Presse.

Cependant, une fois l’annonce faite, plusieurs ont été surpris de constater que la limite de 1 heure 45 minutes était désormais une recommandation, « lorsqu’il est possible de l’appliquer », lisait-on dans le communiqué. Coïncidence ou pas, ce changement a eu lieu le jour même où des joueurs, notamment chez les Jets de Winnipeg, avaient publiquement dénoncé cette mesure que la LNH songeait à imposer.

Parmi ces nouvelles mesures, la LNH demandait aux équipes de retirer les panneaux publicitaires derrière le banc des joueurs, afin d’y permettre une meilleure circulation de l’air.

Des questions en suspens

Ces deux annonces de nouvelles mesures ne nuiront évidemment pas, mais elles ne répondent pas à certaines questions toujours en suspens, qui ont été soulevées cette semaine.

Par exemple, mardi, un joueur des Golden Knights, Tomas Nosek, a été retiré au deuxième entracte d’un match en raison d’un résultat positif à la COVID-19. Le duel entre Vegas et les Ducks d’Anaheim a tout de même été complété, mais les Golden Knights ont annulé leur disponibilité d’après-match et ne se sont pas entraînés mercredi.

Jeudi soir, ces deux équipes se retrouvaient, mais Nosek n’y était évidemment pas. La situation semblait toutefois délicate et a monopolisé l’attention lors du point de presse matinal des Golden Knights. Un des joueurs, Zach Whitecloud, n’a pas su quoi répondre lorsqu’il s’est fait demander ce qu’il pensait des tests rapides. Il n’a pas non plus été en mesure de répondre, quand on lui a demandé quand il s’était fait dire pour la dernière fois qu’il était négatif à la COVID-19.

L’entraîneur-chef des Golden Knights, Peter DeBoer, a quant à lui défendu la LNH, rappelant que les joueurs ne sont plus dans une bulle hermétique comme lors des séries l’été dernier.

« La situation est totalement différente que dans la bulle, mais la COVID-19 a elle aussi changé, a répondu DeBoer. Il y a de nouveaux variants, ça se répand plus vite, on voyage, les joueurs vivent avec leur famille, certains ont des enfants qui vont à l’école. Tout le monde est le plus prudent possible. Je suis à mon aise, parce que je sais que la LNH place la santé des joueurs en premier. »

Et les Oilers ?

Des questions ont aussi été soulevées plus près de chez nous, avec l’inscription du nom de l’attaquant des Oilers Jesse Puljujärvi sur la liste COVID-19. Puljujärvi n’a pas participé à l’entraînement matinal des Oilers au Centre Bell.

PHOTO ERIC BOLTE, USA TODAY SPORTS

Des employés du Centre Bell désinfecte le banc des joueurs des Oilers après l'entraînement matinal de jeudi.

Le gardien Mikko Koskinen, lui, a bel et bien participé à cet entraînement, mais peu avant le match, il a été retiré de la formation. Était-il considéré comme un contact proche de son compatriote finlandais Puljujärvi ? Par sa présence à l’entraînement, avec 21 coéquipiers et les entraîneurs, ne devenait-il pas pour eux un contact proche ? Nous n’en avions pas la réponse au moment d’écrire ces lignes.

« La division Nord n’a pas encore été touchée. Mais c’est beaucoup de la chance, tout simplement, estimait Connor McDavid, en visioconférence, jeudi matin. Cette chose est tellement dure à contrôler, tu ne sais pas d’où ça vient. Un gars peut l’avoir et ça se répand comme une traînée de poudre. Un gars peut l’avoir et il ne se passe rien. »

Depuis le début de la saison, la LNH a dû déplacer 55 matchs au calendrier, un chiffre qui n’inclut pas les récentes annulations, puisque ces matchs n’ont pas encore été remis au calendrier. Ces 55 matchs étaient tous dans les divisions Est, Centrale et Ouest. Il faudra voir si la situation des Oilers entraînera les premières annulations dans la division Nord. Avant de débarquer à Montréal, les Oilers ont affronté les Sénateurs lundi et mardi.

À court terme, les solutions passeront visiblement par des mesures musclées. On devine qu’une vaccination prioritaire pour les joueurs, à un moment où les doses arrivent au compte-gouttes au Canada, passerait plus ou moins bien auprès du public. Peter DeBoer, l’entraîneur-chef de Vegas, a résumé la situation à merveille.

« Mes parents ont 80 ans et n’ont pas été vaccinés. J’aurais de la misère à voir un jeune athlète en forme recevoir le vaccin avant eux. »