Combien existe-t-il de manières différentes d’illustrer les moments formidables que vit le Canadien ?

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Pas mal plus qu’on pourrait le croire. La profondeur du club. La « chimie » au sein des trios. La fiabilité des gardiens. Les défenseurs qui se portent à l’attaque – même Brett Kulak ! Les nouveaux qui sont en feu. Les anciens qui s’éclatent. Nick Suzuki et Jeff Petry pour l’ensemble de leur œuvre…

Avec comme résultats concrets l’attaque la plus productive du circuit (4,83 buts par match, un sommet chez les équipes qui ne sont pas paralysées par la COVID-19) et cette fameuse récolte de 10 points sur 12 sur la route en ouverture du calendrier, on craint de manquer de mots pour faire les louanges de cette équipe inspirée.

Mais comme nos chèques de paie ne dépendent pas du succès de l’équipe, on se permet de regarder un peu du côté de ce qui fonctionne moins bien.

L’entraîneur-chef Claude Julien a disséminé des indices pendant tout le séjour du Canadien à Vancouver, la semaine dernière.

Jeudi soir, après la victoire convaincante de 7-3 : « On a encore du travail à faire, surtout en territoire défensif ; on peut être plus serrés et s’améliorer. »

Vendredi, après l’entraînement des siens : « On travaille des détails en défense. On peut améliorer le support dans notre zone. On a donné des chances de qualité dans l’enclave, nos attaquants peuvent faire un meilleur travail à cet égard. C’est un ajustement normal avec beaucoup de nouveaux joueurs. »

Toujours Julien, samedi après la victoire de 5-2 : « Il y a des choses qu’on veut continuer à travailler, comme notre couverture défensive… »

On soupçonne une tendance…

Travail

Personne ne s’est donc étouffé derrière son masque et sa visière pendant un entraînement tenu exceptionnellement au Centre Bell, mardi, lorsque Julien a mis ses hommes au travail dans un long exercice de replis vers leur zone, en surnombre ou à armes égales.

Le fait est que la superbe qu’affiche le Tricolore sur le plan offensif ne se transpose pas à l’autre extrémité de la patinoire. Le club n’est tout de même pas un cancre à ce chapitre, mais il arrive au 16e rang de la ligue pour les chances de marquer accordées à cinq contre cinq par tranche de 60 minutes (23,88). L’attaque en génère en contrepartie 28,84, au 7e rang.

On est donc davantage dans l’esprit « on peut faire mieux » qu’« on efface et on recommence ».

En fait, là où l’équipe pèche, c’est par irrégularité. Ça s’est très mal amorcé avec 30 et 24 chances de marquer accordées à forces égales au cours des deux premiers matchs à Toronto et à Edmonton. Puis, dans l’ordre : 5, 21, 9, 17. Ça grince encore un peu dans les mécanismes.

On a donné de très bonnes chances [aux Canucks] sur leurs contre-attaques. C’est un peu comme si on travaillait trop fort pour revenir [dans notre zone], il faut mieux couvrir nos hommes.

Tyler Toffoli

Julien a confirmé que la couverture des contre-attaques adverses était encore à peaufiner, selon lui, et que du travail était fait sur vidéo, notamment.

On a également demandé à Carey Price ce qui, à ses yeux, méritait d’être amélioré dans le déroulement du jeu devant lui, et il a suggéré que son équipe pouvait être « meilleure en tant que groupe » en désavantage numérique. De fait, le Canadien apparaît au 15e rang de la LNH avec un taux d’efficacité de 78,6 %.

« C’est la seule chose qui me vient en tête », a-t-il ajouté. On aurait volontiers pris davantage de précisions, mais c’était l’une de ces journées au cours de laquelle le gardien protège ses mots comme Séraphin son argent.

En bref

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

Joel Armia

Armia sur patins

Bonne nouvelle pour Joel Armia et le Canadien : le Finlandais a patiné mardi. Vêtu de son équipement complet, il a travaillé seul avec un thérapeute du club après l’entraînement de ses coéquipiers. Armia, rappelons-le, a subi une commotion cérébrale jeudi dernier à Vancouver à la suite d’une mise en échec du défenseur Tyler Myers. Aucun détail additionnel n’a été fourni sur son état de santé. Par contre, il n’a pas été placé sur la liste des blessés à long terme, ce qui signifie qu’il raterait un minimum de 10 matchs. Claude Julien a mis en garde contre l’enthousiasme excessif à son sujet, car, a-t-il rappelé, des reculs peuvent être observés au cours d’une convalescence suivant une commotion. « On est prudents dans notre optimisme », a-t-il ajouté. Néanmoins, Armia « progresse un peu chaque jour ».

Le spécialiste, c’est Corey

Josh Anderson n’a été utilisé en avantage numérique qu’au cours de quatre des six rencontres cette saison. À sa défense, au cours du premier de trois matchs à Vancouver, mercredi dernier, son équipe en entier n’a disputé que 38 secondes avec un homme en plus. Mais samedi, c’est 5 min 14 s que le Canadien a passées sur la glace à cinq contre quatre. Pourtant, aucune trace d’Anderson, remplacé par Corey Perry, qui disputait un premier match après son rappel de l’escouade de réserve. Questionné à ce sujet, mardi, Claude Julien a expliqué le plus simplement du monde qu’il n’avait aucune raison de se priver d’un spécialiste du travail devant le filet, où Perry peut faire office d’écran ou dévier des rondelles. « Ne pas le placer là, ç’aurait été une façon de ne pas faire notre travail », a illustré Julien. Depuis le début de sa carrière en 2005, Perry a marqué 104 fois en avantage numérique, ce qui le place au 19e rang de la LNH à ce chapitre.

Toffoli et les hot-dogs perdus

C’était jour de rentrée au Centre Bell pour les nouveaux venus du Tricolore, mardi. Claude Julien a voulu tenir l’entraînement des siens dans leur amphithéâtre principal et non au complexe sportif de Brossard afin de permettre à tout le monde de se familiariser avec les installations, la patinoire, les protocoles liés à la COVID-19 et le nouveau décor dans l’enceinte, avec les grandes toiles rouges qui couvrent les gradins. Tyler Toffoli a noté que le plus dommage, à ses yeux, était l’absence de spectateurs pour le premier match à domicile jeudi contre les Flames de Calgary. Mais il a également affirmé faire un deuil difficile du service des hot-dogs, après les entraînements et les matchs, qu’il affectionnait quand il était dans le camp des visiteurs. Nos condoléances.