Après la défaite de 5-1 des Oilers d'Edmonton, samedi dernier, Connor McDavid et Leon Draisaitl étaient « dus » pour exploser, comme on dit. Pourtant, le Canadien les a tenus en échec en l’emportant 3-1 lundi.

Publié le 20 janv. 2021
Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Les Canucks de Vancouver sont encore plus « dus ». En quatre rencontres, ils n’ont signé qu’une victoire, en lever de rideau. Ils n’ont inscrit que neuf buts, dont cinq au cours de ce match inaugural, justement. Elias Pettersson ne revendique qu’une mention d’aide. Aucun attaquant n’a récolté plus de deux points. L’avantage numérique, l’un des meilleurs de la LNH la saison dernière, n’a pas produit le moindre but jusqu’ici.

C’est peu dire, mais les Canucks ne sont pas du tout là où on les attendait. Alors même si le Tricolore arrive en état de grâce à Vancouver, il devra se méfier de l’ours (la baleine ?) qui dort.

Le premier trio, celui de Pettersson, Brock Boeser et J.T. Miller, ne demande qu’à se mettre en marche. Après avoir dû retarder son début de saison en raison d’une exposition à la COVID-19, Miller a disputé sa première rencontre lundi. Il tente toujours de trouver son rythme, a affirmé son entraîneur Travis Green mercredi après-midi.

Boeser, lui, a résumé la situation simplement : l’heure n’est plus à la dentelle.

« Notre trio doit faire la différence à chaque match, a-t-il dit en visioconférence. On doit envoyer des rondelles au filet, foncer vers le but. Ça n’a pas à être joli. Mais une fois qu’on aura marqué un but, ça va repartir. »

Après la dernière défaite des siens à Calgary, Pettersson n’est pas passé par quatre chemins pour exprimer sa déception. Frustré, il n’a pas bien paru en assénant un coup de bâton à Sean Monahan. Il a d’ailleurs été mis à l’amende.

Boeser a rappelé que son coéquipier n’en est qu’à sa troisième saison dans la LNH et qu’à seulement 22 ans, il a encore beaucoup à apprendre. « Nous devons tous les deux nous lever », a-t-il rajouté.

L’entraîneur-chef du Canadien, Claude Julien, a reconnu qu’après trois défaites de suite, les Canucks seraient sans doute « affamés ».

Nouvelle défense

L’attaque des Canucks se cherche, mais la défense n’est pas encore au point non plus.

Avec 36 tirs accordés par match, la brigade fait piètre figure, au 28e rang de la LNH, en plus d’avoir déjà accordé 92 chances de marquer, selon le site NaturalStatTrick. Cela représente une moyenne de 23 par match : en comparaison, le Tricolore, en milieu de peloton, en a donné un peu moins de 20 par rencontre, et les Blues de St-Louis, meneurs à ce chapitre, un peu moins de 11 !

D’une certaine manière, on pouvait s’y attendre. La moitié des arrières employés au cours des quatre premiers matchs – Travis Hamonic, Nate Schmidt et la recrue Olli Juolevi – n’étaient pas avec l’équipe la saison dernière. La situation sera la même contre le Canadien ce mercredi soir, alors que Juolevi cédera sa place à Jalen Chatfield, qui disputera son premier match dans la LNH.

Le Finlandais, choix de premier tour (5e au total) en 2016, n’avait pas vu beaucoup d’action, ne jouant en moyenne que 10 minutes par rencontre, ce qui a augmenté la charge de travail de ses camarades. On se doute qu’une jeune étoile comme Quinn Hughes est capable d’en prendre. À 34 ans, c’est moins facile pour Alexander Edler.

Aucun défenseur n’a été rendu disponible pour en discuter à quelques heures du match, mais le capitaine du club, Bo Horvat, a fait valoir que l’ensemble de l’équipe « n’était pas fière de son jeu défensif ». « On doit encore peaufiner des choses, a-t-il ajouté. Jouer de manière plus serrée et éliminer les chances de marquer accordées. »

Les gardiens aussi peuvent prendre leur part de blâme. Thatcher Demko, qui a offert des performances exceptionnelles lors des dernières séries éliminatoires, arrête présentement moins de 9 rondelles sur 10. L’échantillon est mince (deux matchs), mais ce n’est rien d’emballant dans son cas. Embauché pendant la saison morte, Brayden Holtby a signé la seule victoire des siens.

Horvat a rappelé à quel point Jacob Markstrom, parti pour Calgary, avait compté pour « une grosse partie du succès » des Canucks l’an dernier. N’empêche, il a insisté sur la confiance qu’il a en Holtby, « qui a déjà gagné la Coupe Stanley », et en Demko, « qui a prouvé sa valeur en séries ».

Travis Green n’a pas révélé lequel de ses hommes masqués obtiendrait le premier des trois départs contre le Canadien. On soulignera toutefois que Holtby, en carrière, présente une fiche de 14-2-3, une moyenne de buts alloués de 1,81 et un taux d’arrêts de, 939 contre le Tricolore.

La rencontre s’amorcera à 22 h, heure de Montréal.

Confiance

Chez le Canadien, on amorce avec confiance cette séquence de trois matchs à Vancouver. Les Canucks en sont les premiers conscients : « Les quatre trios [du CH] peuvent nous faire mal », a convenu Bo Horvat.

Les forces sont toutefois réparties différemment au sein de l’attaque des Vancouvérois qu’elle ne l’est chez les Oilers. Ces derniers comptent sur le meilleur duo de choc du circuit en Connor McDavid et Leon Draisaitl mais, le Canadien peut en témoigner, ça s’amincit rapidement par après.

Les Canucks, eux, se rapprochent davantage du Tricolore avec des contributeurs potentiels sur chaque unité. Cela ne change rien à l’état d’esprit des visiteurs, assure Paul Byron : « C’est à eux de s’ajuster à nous, pas l’inverse », a-t-il tranché. C’est dit.

Sur le plan des ajustements, Claude Julien a justement apprécié ceux que son club a apportés sur le plan défensif entre les deux matchs à Edmonton. « Malgré le score de 5-1 [samedi], j’ai trouvé qu’on avait donné beaucoup de chances de marquer, a dit l’entraîneur. [Lundi], on a fait du bien meilleur travail. »

« C’est le genre de choses auxquelles on s’attarde en début de saison », a-t-il poursuivi. Sur plan de l’intégration du système de jeu, il estime que son équipe a eu la chance de « couvrir » le nécessaire avec le court camp et les matchs disputés jusqu’ici. « Maintenant, il nous manque des répétitions pour faire les choses encore mieux », a-t-il précisé.

En bref

Jordie Benn de retour

En plus de J.T. Miller, le défenseur Jordie Benn a lui aussi dû faire l’impasse sur les premiers matchs des Canucks en raison de la COVID-19. Il a finalement obtenu le feu vert pour rejoindre ses coéquipiers, mais n’affrontera pas le Canadien. Au cours d’une brève apparition devant les médias, il a fait valoir que la situation avait été « frustrante » pour lui, mais s’est empressé d’ajouter qu’il y a « une pandémie mondiale, alors on ne peut rien faire ». Il devrait être en mesure de retrouver son poste bientôt.

Des fleurs pour Toffoli

Le récent camp d’entraînement a été l’occasion de toutes les flatteries entre les joueurs du Tricolore, et le début de saison n’a pas stoppé la tendance. Lorsque le collègue Eric Engels, de Sportsnet, a demandé à Paul Byron de dresser un rapport de recrutement au pied levé sur son nouveau coéquipier Tyler Toffoli, Byron s’est envolé : « Il voit le jeu à un très haut niveau. Il a une bonne manière de se positionner, il trouve les ouvertures, il rend ses coéquipiers meilleurs, a-t-il énuméré. Il a de bonnes mains, un bon maniement de bâton, il est bon en défense… » Et de conclure : « C’est un bon ajout pour nous. » Rendu à ce point, un constat contraire nous aurait surpris !

L’épaule à la roue

Tyler Toffoli, Jake Evans, Artturi Lehkonen, Paul Byron, Joel Armia, Phillip Danault et Nick Suzuki. Non, on ne fait pas que lancer des noms en l’air : tous ces attaquants ont mis l’épaule à la roue pour blanchir les Oilers en sept supériorités numériques, lundi. Chacun d’entre eux a disputé au moins deux minutes en désavantage numérique. Au total, la saison dernière, seuls cinq attaquants ont présenté une moyenne supérieure à 1 min 30 s par rencontre dans cette phase de jeu, y compris Nate Thompson, qui n’y est plus. Cette grande variété d’effectifs deviendra rapidement une force du Canadien, estime Paul Byron. « On a six attaquants très confortables en désavantage numérique, pas juste deux ou trois, a-t-il dit. En ayant ça en tête, ça nous permet d’être plus agressifs, d’appliquer plus de pression. C’est une grosse part de notre succès jusqu’ici. »