(Zurich) Le président de la Fédération internationale de hockey sur glace René Fasel maintient sa volonté d’offrir à la Biélorussie la possibilité d’être le pays coorganisateur du Championnat du monde de hockey, même s’il a déclaré que sa récente rencontre avec le dirigeant autoritaire du pays Alexander Lukashenko a été « légèrement embarrassante ».

Associated Press

Le Mondial de hockey doit être coorganisé par la Biélorussie et la Lettonie en mai et juin prochains. La Lettonie a cependant demandé à l’IIHF de coorganiser ce tournoi en compagnie d’un autre pays, en raison des nombreux gestes politiques posés par Lukashenko contre l’Opposition dans ce pays.

Fasel a discuté avec lui lundi, et il a suscité l’indignation de l’Opposition au pouvoir à la suite de la diffusion d’une photo où il serre la main du président de la Biélorussie.

« Si nous avons donné l’impression que c’était une simple rencontre amicale, c’est inexact et ce n’était pas notre intention, a confié Fasel dans un communiqué publié mercredi sur le site internet de l’IIHF. Cette rencontre était très sérieuse, et l’IIHF a soulevé des enjeux spécifiques et difficiles pendant cette rencontre. »

Mardi, Fasel a dit au réseau de télévision suisse SRF que cette rencontre « avait été malaisante et un peu embarrassante », en référence à la photo qui a circulé de la poignée de main entre Lukashenko et lui.

Fasel a réitéré que l’IIHF veut que la Biélorussie et la Lettonie soient les pays coorganisateurs du Mondial de hockey, et que la fédération ne sollicite pas de candidature alternative impliquant le Danemark et la Slovaquie, notamment. Fasel a indiqué que le tournoi pourrait permettre de bâtir des liens entre Lukashenko et l’Opposition de son pays. Il a ajouté que le gouvernement a promis à l’IIHF de discuter avec ses adversaires politiques.

« Nous ne sommes pas naïfs ; la présentation du Mondial de hockey à Minsk ne réglera pas tous les problèmes du pays, mais ça ne veut pas dire que l’IIHF ne pourra utiliser son influence pour induire des changements positifs pour l’avenir de ce pays », a poursuivi Fasel.

Fasel a ajouté qu’il n’a pas discuté avec l’Opposition en Biélorussie, mais qu’il est « prêt à le faire ».

Mardi, Lukashenko a discuté du Mondial de hockey et indiqué que les pourparlers seraient « limités ».

« Nous sommes prêts à discuter avec des gens honnêtes, dont l’Opposition, mais pas avec des traîtres », a-t-il déclaré.

Lukashenko a répété que la Biélorussie est prêt à accueillir seul le Mondial de hockey, si la Lettonie souhaite se retirer de l’organisation du tournoi.

D’importantes manifestations secouent la Biélorussie, un ex-pays de l’Union soviétique de 9,5 millions de personnes, à la suite de la diffusion des résultats officiels des résultats de l’élection présidentielle du 9 août.

Lukashenko a remporté une victoire nette contre l’une des têtes d’affiche de l’Opposition, Sviatlana Tsikhanouskaya. Cette dernière, ainsi que ses partisans, ont refusé de reconnaître la validité des résultats électoraux en alléguant que le processus avait été corrompu.