Personne ne s’attend à une saison de 50 buts de la part de Corey Perry, mais Claude Julien s’attend au moins à quelque chose.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

« On sait ce qu’il peut nous apporter, a répondu l’entraîneur-chef du Canadien en visioconférence mardi, du centre d’entraînement de Brossard. C’est un gros gars, c’est un gagnant… Il y a des gens qui disent qu’il ne rajeunit pas, mais il possède encore bien des atouts dans son jeu. »

Non, le chiffre 50 n’a pas été glissé plus haut dans le texte par pur hasard. C’est qu’il y a quelques années, lors de la saison 2010-2011 pour être plus précis, Perry a atteint ce chiffre magique alors qu’il était membre des Ducks d’Anaheim. C’était la belle époque, quand l’attaquant pouvait viser des saisons de 70 points et que tout était encore possible dans son cas.

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Claude Julien parle à ses joueurs.

Bien sûr, en 2021, c’est autre chose. Maintenant, à 35 ans et avec un contrat d’une seule saison en poche, Perry n’est évidemment plus le joueur de jadis, et mardi, il a amorcé son camp d’entraînement à Brossard à bord du trio « en trop », en compagnie de Michael Frolik et de Ryan Poehling.

Fort probablement que le premier sera un réserviste, membre de l’escouade d’urgence, et que le deuxième devra aller patiner à Laval, avec le Rocket de la Ligue américaine. C’est du moins ce que Julien a laissé entendre. Pendant ce temps, un autre attaquant, Jordan Weal, semble avoir complètement disparu de la carte, mais bon, si ces temps incertains nous ont bien appris quelque chose, c’est qu’il n’y a rien de certain.

Perry ? On le verra bien un jour, mais pour l’heure, il est encore un peu tôt pour déterminer son rôle exact. On sait qu’il ne sera pas un joueur de premier plan, mais ça, ça ne veut pas dire non plus qu’il est un joueur fini, selon Julien.

Il a marqué de gros buts dans la finale cet été avec Dallas. Un gagnant, c’est un gagnant.

Claude Julien

Dans ce camp d’entraînement un peu bizarre, et aussi très différent des autres, les bonnes histoires à suspense ne seront pas bien nombreuses, et puis les joueurs comme Perry vont avant tout servir à nourrir les discussions sur la formation et à passer un peu le temps en attendant le début des vraies affaires, à compter du 13 janvier à Toronto.

On parlera et reparlera sans doute aussi de ce « nouveau » Canadien, qui est plus costaud que les autres, les précédents des années précédentes. Brendan Gallagher, pourtant pas très costaud, a lui-même reconnu l’importance de se grossir, mardi.

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Brendan Gallagher et Ben Chiarot

« Ça va être plus difficile de jouer contre nous, a-t-il noté. Ce n’est pas que la taille des joueurs soit de première importance, mais je pense que l’arrivée de ces gars-là avec nous, des gars plus imposants, ça va beaucoup nous aider. »

Suzuki, le potentiel d’un joueur d’impact, selon Julien

En ces temps de pandémie, il est assez difficile de déterminer ce qui se passe dans le vestiaire du Canadien, puisque les membres des médias n’y ont pas accès. Mais la bonne nouvelle, c’est que Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi se parlent.

Ils se parlent de quoi ? De la vie en général, peut-on présumer, mais aussi de la réalité qui guette les jeunes joueurs de cette ligue, qui tentent de conserver le rythme après de premiers coups de patin étonnants.

« On désire être des joueurs importants pour l’équipe, a expliqué Suzuki en visioconférence mardi. On a assurément parlé de poursuivre notre cheminement dans le but de pouvoir gagner la Coupe Stanley. Je sens que je suis mieux préparé cette fois-ci. »

Mieux préparé ? C’est que Suzuki, à seulement 21 ans, a déjà des allures de vétéran dans cette équipe. Des allures de vétéran par la maturité qu’il dégage, par cette force tranquille qui l’habite. Il n’a qu’une seule saison de la LNH derrière la cravate, mais on a parfois l’impression qu’il patine dans cette ligue depuis 10 ans tellement son assurance est frappante.

« Il est confiant sans être arrogant, a dit Julien à son sujet. Il a le potentiel pour être un joueur d’impact avec nous. Il a une belle maturité et aussi une belle confiance, mais tout ça en restant humble. »

Si les choses ne changent pas trop d’ici le 13 janvier, c’est en compagnie de Jonathan Drouin et de Josh Anderson que Suzuki va amorcer la prochaine saison. Il connaît déjà très bien Drouin, avec qui il a fait quelques flammèches lors des séries l’été dernier, et Anderson l’impressionne déjà même s’il le connaît moins.

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Josh Anderson

À un certain moment lors de l’entraînement de mardi, lui et Drouin se sont arrêtés pour se regarder un peu. « Pendant un exercice, Josh a tout simplement décollé à toute vitesse et Jonathan et moi, on s’est regardés parce qu’on n’en revenait pas… Josh est gros et rapide. »

L’acquisition d’Anderson pourrait certainement rapporter au Canadien, surtout s’il peut redevenir celui qu’il a déjà été chez les Blue Jackets de Columbus, mais nul doute que c’est Suzuki qui permet à l’organisation d’espérer, et pourquoi pas ? Il a obtenu une place au sein de l’équipe d’étoiles des recrues de la LNH l’an dernier, avec ses 41 points en 71 rencontres. Il a ajouté 7 points en 10 matchs des séries éliminatoires.

Il n’est pas tout à fait satisfait, remarquez. « Mes plus et moins la saison dernière [- 15], c’était assez mauvais », a-t-il décrété, avec toute la franchise du gars qui sait qu’il peut faire mieux.