Il n’y a pas si longtemps, Alex Galchenyuk était destiné à devenir le prochain gros centre du Canadien.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Mercredi, Galchenyuk a signé un modeste contrat de la dernière chance à Ottawa, un peu plus d’un million pour un an, après avoir poireauté presque trois semaines après l’ouverture du marché des joueurs autonomes.

Sept mois après avoir été choisi au troisième rang au total en 2012, Galchenyuk allait pourtant devenir le premier joueur de 18 ans du Canadien depuis Petr Svoboda en 1984 à disputer une saison complète dans la LNH.

Première année dans cette saison écourtée par le lock-out : 27 points en 48 matchs. Une production de 46 points sur une saison complète, 12 points de plus que le surprenant total de Jesperi Kotkaniemi à son année recrue.

Galchenyuk a connu sa grande éclosion à 23 ans en 2015-2016 : 30 buts et 56 points, dont une ahurissante production de 16 buts à ses 22 derniers matchs. Il allait produire à un rythme de 59 points l’année suivante dans un hiver marqué par une blessure (44 points en 61 matchs).

Malgré une autre saison de 50 points ou plus en 2017-2018, Galchenyuk n’est pas devenu le centre tant espéré. Ni la locomotive du Canadien. Ses carences en défense et son manque d’intensité empêchaient ses entraîneurs de le laisser au centre.

Il y a eu des épisodes à l’extérieur de la glace. Quand vous vous retrouvez le nez ensanglanté à huit heures du matin chez vous à l’arrivée des policiers après avoir reçu un coup de poing en plein visage d’une copine jalouse, vous ne maximisez pas vos chances d’avoir des jambes lors des matchs suivants.

Ce fut le chapitre public, puisque les « forces constabulaires » sont intervenues. On peut deviner qu’il y en a eu d’autres. Et ça peut expliquer la suite.

Galchenyuk est devenu source de distractions à Montréal, et un mauvais exemple pour ses coéquipiers. Marc Bergevin l’a échangé (à temps) en 2018 contre Max Domi. La chute de ce jeune hockeyeur très talentueux a été brutale.

Se croyant plus malin qu’un autre, le DG des Coyotes de l’Arizona, John Chayka, a annoncé que sa nouvelle acquisition allait jouer au centre. Le coach Rick Tocchet a tôt fait de le déplacer à l’aile après quelques semaines.

Max Domi savourait encore sa saison de 72 points avec le Canadien, au centre, que Galchenyuk était échangé aux Penguins de Pittsburgh avec l’espoir en défense Pierre-Olivier Joseph pour Phil Kessel à peine un an et deux semaines après avoir été accueilli en Arizona.

Les Penguins avaient la solution. Le jumeler à Evgeni Malkin. Autre déception. Quelques mois plus tard, et 17 maigres points, dont 5 buts, en 45 matchs, Pittsburgh s’en débarrassait dans un échange avec le Wild pour obtenir Jason Zucker.

Il y a eu un petit regain de vie de sa part au Minnesota cet hiver, mais il a néanmoins été blanchi en quatre matchs de séries éliminatoires.

Il faut faire un examen de conscience lorsqu’on se retrouve sur le pavé à 26 ans, après une saison de 30 buts et toujours au deuxième rang de la cuvée 2012 au chapitre des compteurs avec 320 points en 549 matchs.

Le Canadien ne s’en tire somme toute pas trop mal. Max Domi vient d’être échangé pour Josh Anderson, un attaquant de puissance comme il ne s’en fait pas beaucoup.

Les Oilers d’Edmonton, eux, ont obtenu Zach Pochiro et un choix de troisième tour en 2017 pour le premier choix au total de 2012, Nail Yakupov, après avoir espéré pendant quatre ans qu’il devienne le prochain Alex Ovechkin. Pochiro a réussi à disputer un match… dans la Ligue américaine. Edmonton a repêché le gardien Stuart Skinner avec ce choix de troisième ronde. Skinner a joué autant de matchs dans la Ligue américaine que dans l’ECHL jusqu’ici. Il n’a jamais présenté un taux d’arrêts supérieur à ,903, ni dans une ligue ni dans l’autre…

Le deuxième choix au total en 2012, le défenseur Ryan Murray, vient d’être cédé aux Devils du New Jersey pour un choix de cinquième tour par les Blue Jackets de Columbus dans le but de libérer de la masse salariale. Murray n’a jamais pu se faire justice en raison des blessures. Il a disputé une seule saison de plus de 66 matchs en sept ans à Columbus.

Le quatrième choix, le défenseur Griffin Reinhart, a lui aussi été échangé à temps par les Islanders. Ils ont pu obtenir des choix de premier et deuxième tour et repêché Mathew Barzal et Anthony Beauvillier par la suite. Reinhart n’a jamais percé avec… les Oilers. On comprend pourquoi Edmonton a mis autant d’années à devenir compétitif.

Les Penguins de Pittsburgh, eux, ont obtenu un joueur de Ligue américaine et un choix de quatrième tour pour le huitième choix au total, le défenseur Derrick Pouliot, six ans après le repêchage. Le Lightning a acquis un défenseur marginal, Jan Rutta, pour le dixième choix au total, Slater Koekkoek.

Il y a eu de bons choix dans cette cuvée : Filip Forsberg, Morgan Rielly, Teuvo Teravainen, Andrei Vasilevskiy, Tomas Hertl, Hampus Lindholm, Tom Wilson, Matt Dumba, Damon Severson, Colton Parayko.

Mais seulement 10 des 30 choix du premier tour sont devenus attaquants de trios offensifs, défenseurs de deux premières paires ou gardien numéro un. Chris Tierney vient au 10e rang des compteurs de la cuvée. Nail Yakupov est toujours 22e pour les matchs disputés même s’il est parti pour se joindre à la KHL il y a deux ans.

Il y a de moins bonnes années que d’autres pour repêcher dans le top 3. Un an plus tôt, en 2011, Jonathan Huberdeau était encore disponible après Ryan Nugent-Hopkins et Gabriel Landeskog.

En 2013, Seth Jones, quatrième choix au total, était encore libre, quoique le Canadien se serait probablement rabattu sur la vedette francophone, Jonathan Drouin, repêché à ce rang par le Lightning de Tampa Bay. Drouin a été choisi au bon rang d’ailleurs à l’époque après une saison de 105 points, dont 41 buts, en 49 matchs à Halifax.

À Josh Anderson, désormais, de maximiser le repêchage du Canadien en 2012…