Claude Julien était rayonnant lors de sa rencontre virtuelle de jeudi matin avec les médias. Avec ce que Marc Bergevin lui a apporté comme améliorations, on peut le comprendre !

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

L’entraîneur-chef du Canadien a répondu aux questions pendant une bonne heure, des questions qui portaient surtout sur ses nouvelles acquisitions.

Il a rappelé qu’avec un calendrier possiblement condensé, « on aura besoin de Jake Allen ». Avec Joel Edmundson qui s’ajoute, et la recrue Alexander Romanov qu’il attend dans la formation, « notre défense est plus grosse, plus forte, et on a encore de la polyvalence ». « On espère que Tyler Toffoli et Josh Anderson marqueront au même rythme qu’auparavant », a-t-il ajouté, tout en reconnaissant qu’Anderson vient de connaître une saison d’un but.

Sauf que Julien a bon espoir qu’Anderson redevienne le marqueur de 27 buts qu’il était il y a deux ans. De plus, son gabarit de 6 pi 3 et 222 lb aidera le CH à s’améliorer là où l’équipe en a longtemps arraché. Bref, l’équipe n’aura pas à changer sa façon de jouer de fond en comble.

« On n’a pas besoin de tout faire exploser et de recommencer à zéro, a rappelé Julien. On est plus gros, peut-être qu’on sera meilleurs le long des rampes. Parfois, on avait de la difficulté contre les équipes qui étaient bonnes dans cet aspect du jeu. On s’est amélioré de ce côté, et il faut continuer à travailler avec nos forces, qui sont notre relance et notre vitesse. »

Qui jouera où ?

C’est maintenant à Julien d’assembler une formation avec tout ce beau monde. L’entraîneur-chef a donné des indices de ses intentions.

D’abord, à l’écouter parler, il y a lieu de croire qu’un poste est réservé à Romanov, et qu’à moins qu’il déçoive profondément, il fera partie de la formation le jour où le hockey reprendra. Julien a vu Romanov de près l’été dernier, puisque le Russe s’entraînait avec les réservistes du CH pendant les séries.

« Il doit quand même se tailler un poste, a rappelé Julien. Mais la raison pour laquelle on prévoit qu’il va réussir, c’est qu’il a été dominant à ses deux participations au Championnat du monde junior. Aussi, ça fait deux ans qu’il a joué chez les professionnels dans la KHL. Il a déjà le gabarit pour jouer dans la LNH [NDLR : 5 pi 11, 185 lb, selon le Canadien]. Je serais surpris qu’il ne réussisse pas. On l’a vu à l’entraînement pendant les séries, il a ce qu’il faut pour jouer contre des joueurs de ce calibre-là. En ce moment, on le voit plus dans notre équipe que le contraire. »

PHOTO DARRYL DYCK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Alexander Romanov

La hiérarchie sera intéressante à surveiller. Parmi les candidats pour les six postes principaux, il n’y a que deux droitiers : Shea Weber et Jeff Petry. C’est donc dire qu’un gaucher devra jouer de son côté opposé. « Romanov a déjà joué à droite. Mais idéalement, quand un jeune arrive, tu veux le placer du côté où il est le plus à son aise », a rappelé l’entraîneur-chef.

Victor Mete a joué à droite en séries, tandis qu’Edmundson a aussi de l’expérience de ce côté. « Le seul pour qui je suis moins sûr à droite, c’est Brett Kulak », a ajouté Julien.

Edmundson avait toutefois dit, le mois dernier : « Je pense que le plan serait que je joue avec Jeff Petry ». Dans cette même conférence téléphonique, le nouveau venu s’était dit plus à son aise à gauche.

Bref, à gauche derrière Ben Chiarot, si Edmundson s’est fait parler d’un partenariat avec Petry et si Julien préfère y voir Romanov, ça ressemble à un flanc gauche complet. Il faudra donc suivre ce qui adviendra de Kulak. Interrogé à son sujet, le coach a répondu que « le fait d’avoir de la profondeur, c’est bien ».

Toffoli à gauche ?

À l’avant, Toffoli et Anderson s’ajoutent à Brendan Gallagher pour former un flanc droit très complet. Si les trois jouent à leur position naturelle, Joel Armia pourrait donc glisser au sein du quatrième bloc, comme le disent nos amis français.

PHOTO JASON FRANSON, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Tyler Toffoli

À moins qu’un ailier droit soit muté à gauche, où les options offensives sont moins intéressantes. Derrière Tomas Tatar et Jonathan Drouin, on arrive en effet à Paul Byron et Artturi Lehkonen.

« Une des questions que j’ai demandées à Toffoli, c’est si jouer à gauche était possible. Il a dit qu’il a joué à gauche à Los Angeles et qu’il y était à son aise. Armia, on l’a utilisé à quelques reprises - pas souvent - à gauche. On a quelques gars qui peuvent jouer de l’autre côté et c’est une possibilité qui risque d’arriver. On verra au camp. »

En mutant un droitier à gauche, Julien pourrait donc offrir Lehkonen et Byron comme ailiers à la recrue Jake Evans, et ainsi former un trio défensif en qui il aurait confiance.

Et de toute façon, avec le droitier Cole Caufield qui finira par frapper à la porte, il sera important pour Julien de s’assurer qu’un droitier peut jouer à gauche. Car on devine que l’organisation ne souhaitera pas attendre la fin des contrats à long terme de Gallagher, Anderson ou Toffoli avant de faire une place à Caufield !