Cole Caufield, choix de premier tour du Canadien en 2019, a contracté la COVID-19.

Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Il a lui-même révélé cette information lors d’une longue entrevue publiée lundi sur Recrutes.ca, site spécialisé dans le recrutement qui s’intéresse notamment aux espoirs de la LNH.

L’Américain de 19 ans évolue pour les Badgers de l’Université du Wisconsin, État dont il est originaire. Lorsque l’interviewer Grant McCagg lui a souligné que le Wisconsin composait avec une recrudescence de cas, Caufield lui a candidement indiqué qu’il avait lui-même attrapé le virus « il y a environ un mois ».

« Je crois que six gars dans notre équipe ont été directement affectés. Personne n’a montré de symptômes ou quoi que ce soit », a-t-il ajouté, formulant en outre le souhait que « personne n’obtienne de test positif cette saison ».

Il a ensuite émis l’hypothèse que le fait de l’avoir attrapé leur conférerait, à ses coéquipiers et à lui, une sorte d’immunité pour l’avenir – ce que les recherches n’ont pas encore démontré.

Le directeur général du Canadien, Marc Bergevin, avait été mis au courant du résultat positif de Caufield, mais n’avait pas fait circuler l’information au sein de l’équipe, nous a indiqué le porte-parole du Tricolore Paul Wilson. En outre, comme le jeune homme n’est pas encore sous contrat avec le CH, il n’est pas tenu de lui révéler son état de santé, qui relève de sa « vie privée ». La gestion de la situation revenait donc aux Badgers.

Le Wisconsin est en effet durement frappé par la COVID-19 : cet État du Midwest, au 20e rang du pays quant à sa population, a enregistré 17 226 nouveaux cas au cours des sept derniers jours, selon les chiffres publiés par le New York Times. Il s’agit de la cinquième hausse en importance aux États-Unis derrière notamment le Texas, la Californie et la Floride, États les plus populeux du pays.

Peu de réponses

Mardi matin, avant même de prendre connaissance de cette nouvelle sur Caufield, La Presse s’était vu refuser une demande d’entrevue avec le joueur, sous prétexte qu’il s’était déjà adressé aux médias pendant le camp d’évaluation de l’équipe américaine junior la semaine dernière. Or, l’entretien avec Recrutes.ca a eu lieu lundi.

Relancée mardi après-midi, la direction des Badgers nous a finalement indiqué, par le truchement d’un porte-parole, que des tests étaient régulièrement administrés chez ses étudiants-athlètes, mais que les résultats spécifiques n’étaient pas divulgués publiquement. Il n’a donc pas été possible de confirmer le nombre exact de cas recensés au sein de l’équipe masculine de hockey.

On nous a également relayé une série d’articles sur les mesures préventives mises en place par l’université et son service athlétique, mais aucune information sur le protocole observé en cas d’éclosion.

Le 9 septembre dernier, les équipes de football et de hockey de l’Université du Wisconsin ont subitement interrompu leurs camps d’entraînement pour une durée de deux semaines. À ce moment, l’entraîneur-chef de l’équipe masculine de hockey, Tony Granato, n’avait pas voulu révéler le nombre de résultats positifs décelés au sein de sa formation, avait rapporté le Wisconsin State Journal. Le directeur athlétique, Barry Alvarez, s’était pour sa part contenté d’affirmer que cet arrêt des activités se faisait « conformément à [leur] protocole de tests ».

Le 1er octobre, le Journal a en outre publié un reportage sur les mesures sanitaires méticuleuses que les Badgers imposent à leur équipe de hockey. Ni le gérant de l’équipement, largement cité dans le texte, ni Tony Granato ne font mention d’une éclosion de COVID-19.

Les Badgers évoluent dans la conférence Big Ten de la NCAA, dont les activités, interrompues en raison de la pandémie de COVID-19, doivent en principe reprendre à la mi-novembre. Caufield et ses coéquipiers se sont entraînés de trois à quatre fois par semaine en petits groupes depuis la rentrée des classes au début du mois de septembre, puis l’équipe entière a été réunie au cours des dernières semaines.

Depuis la fin du mois de juillet, pas moins de 3122 étudiants et étudiantes de l’Université du Wisconsin ainsi que 136 membres du personnel ont reçu un diagnostic positif de COVID-19. Les données publiées par l’établissement d’enseignement ne détaillent toutefois pas l’état de la situation dans les équipes sportives.

Le Wisconsin est parmi les États du pays où les restrictions relatives à la pandémie sont les plus faibles. Tous les commerces, restaurants et bars sont ouverts depuis la mi-mai, et un juge du comté de Sawyer a rejeté, la semaine dernière, la demande du gouverneur démocrate, Tony Evers, d’imposer des mesures pour limiter les rassemblements et réduire le nombre de clients dans les lieux de restauration.