À moins d’un revirement de situation, Phillip Danault devra patienter avant de pouvoir lui aussi obtenir un nouveau contrat. Pendant combien de temps ? Ce n’est pas très clair.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

En conférence vidéo jeudi après-midi, Marc Bergevin a paru détendu, souriant… et pas du tout pressé de régler le seul dossier vraiment chaud qu’il lui reste à régler, celui de Danault, dont le contrat actuel va expirer au terme de la prochaine saison.

« Ma priorité sera de prendre des vacances ! a-t-il répondu à la blague. Mais nous sommes comme un dépanneur qui est ouvert en tout temps… »

Cette blague est peut-être la preuve qu’une nouvelle entente entre Danault et le club montréalais pourrait tout de même survenir à tout moment – c’est en plein ce qui est arrivé dans le cas de Brendan Gallagher mercredi, rappelons-le –, mais le directeur général a néanmoins tenu à dire que sa formation mise sur plusieurs joueurs de centre, notamment les jeunes Ryan Poehling et Jake Evans.

On pourrait y voir une tentative de faire croire que finalement, Danault n’est peut-être pas si important, mais Bergevin a tenu à rappeler que c’est lui-même qui était allé l’observer naguère dans les rangs juniors, et aussi que c’est lui-même qui avait poussé très fort pour que les Blackhawks de Chicago, son employeur avant qu’il n’arrive au Centre Bell en 2012, repêchent le joueur québécois avec un choix de premier tour en 2011.

Avec le 18e choix au total, les Blackhawks avaient misé sur un certain Mark McNeill, qui n’aura pris part qu’à deux matchs dans la Ligue nationale, et qui a joué la saison dernière en Autriche. Le club de Chicago a ensuite sélectionné le Québécois avec son autre choix de premier tour cette année-là, le 26e au total.

Bergevin ne s’est peut-être pas rendu au bord des larmes en parlant de lui comme il l’a fait en parlant de Gallagher, mais il a tenu à raconter tout ça pour souligner à quel point Danault n’est pas qu’un autre joueur à ses yeux.

« Et même après ça au repêchage, il y a le directeur général du Lightning qui est venu me voir pour me dire qu’eux, ils auraient choisi Danault si on ne l’avait pas pris juste avant, a ajouté Marc Bergevin. Alors ma relation avec Phillip remonte à très loin. »

Un peu après, alors que c’était à son tour de prendre part à une conférence vidéo, Brendan Gallagher a tenu à dire que parfois, les négociations de contrat peuvent s’avérer difficiles.

« Je viens de le vivre moi-même, ça ne se fait pas du jour au lendemain, a-t-il expliqué. Le travail de mon agent et de la direction du Canadien, c’était énorme, ils ont travaillé très fort. Phil le vit, et [Marc Bergevin] a eu un été très chargé. Tout le monde sait ce que Phil fait pour notre groupe. Je ne m’en mêlerai pas, je sais à quel point c’est dur. »

Avec tout ça, le DG montréalais a rappelé qu’il avait réussi à « cocher des cases », sa façon imagée de dire qu’il avait réussi à régler plusieurs gros dossiers, notamment ceux du gardien numéro deux, d’un défenseur et de deux gros ailiers. Reste bien quelques petits détails à régler, dont le transfert de Jesperi Kotkaniemi dans la Ligue de Finlande pour le moment (« il a besoin de jouer », a admis Bergevin), et peut-être aussi celui du jeune espoir Alexander Romanov dans la KHL de Russie, « mais ça, c’est plus compliqué », a-t-il précisé.

Pour le moment, et selon CapFriendly, la masse salariale du Canadien dépasse un peu le plafond (81,5 millions US), ce qui n’est pas un drame tant que la saison n’est pas commencée. Une saison qui pourrait d’ailleurs être bien différente, surtout s’il faut en croire ces rumeurs d’une division toute canadienne qui pourrait être créée. « C’est quelque chose qui tomberait sous le sens, mais il n’y a rien de confirmé », s’est limité à dire le DG.

Enfin, avec toutes ces embauches, ces décisions et ces nouveaux contrats, peut-on croire que le Canadien se retrouve finalement dans le groupe des prétendants ?

À ce sujet, Marc Bergevin a préféré ne pas se lancer dans les prédictions spectaculaires.

« On va laisser nos joueurs jouer, et on va voir comment la sauce va prendre, a-t-il conclu. Mais j’aime la direction prise par notre club à court et à long terme. »