Jadis un sprint frénétique où les directeurs généraux déliaient les cordons de la bourse, le marché actuel des joueurs autonomes de la LNH par rapport aux années précédentes est resté largement au neutre depuis qu’il s’est mis en branle, vendredi.

Joshua Clipperton
La Presse Canadienne

Certains grands noms ont reçu une belle somme, mais pas exactement comme ils l’avaient probablement envisagé. Et de nombreux athlètes plus bas dans la hiérarchie ont opté pour des offres à plus court terme, moins lucratives ou les deux. D’autres joueurs attendent toujours de trouver preneur.

Dans presque toutes les autres années, les équipes se seraient bousculées pour attirer le vainqueur du trophée Hart en 2018, Taylor Hall.

L’ailier aurait dû obtenir plusieurs offres de longue durée, et à fort prix. C’était avant la COVID-19.

Hall a signé avec Buffalo, huit millions pour la saison prochaine. Un scénario est très différent de celui qui se serait présenté avant la pandémie et ses implications financières.

« Nous savions que ce serait un marché unique, a déclaré le joueur de 28 ans. Nous avons appris assez rapidement à quel point les choses ont changé. Cela a influencé notre décision. »

Il faut notamment anticiper l’état des lieux après la saison 2020-2021, alors que, espérons-le, une partie de la poussière liée à la pandémie sera dissipée, pour une ligue qui ne sait pas quand les partisans pourront retourner dans les arénas.

« Nous sommes passés de vouloir un contrat de six ou sept ans à se dire, un an serait peut-être mieux pour moi financièrement et personnellement », a dit Hall.

Les Maple Leafs ont signé le défenseur T. J. Brodie pour quatre ans et 20 millions, ainsi que le robuste ailier Wayne Simmonds, le défenseur Zach Bogosian et l’attaquant Jimmy Vesey. Ces derniers ont eu des pactes d’un an pour un total de 3,4 M$, après que le club ait libéré de l’espace salarial via des échanges.

Le directeur général des Sharks, Doug Wilson, estime que la nature unique de la situation amène beaucoup d’inconnu.

« Les bons joueurs obtiendront toujours leur argent, a déclaré Wilson, qui a ajouté que les équipes doivent également planifier en rapport à leurs propres joueurs autonomes avec compensation.

« Mais certains vont moins bien s’en tirer. Nous sommes tous en train de traverser la même chose. »

Après avoir marqué au moins 23 buts lors de quatre de ses sept saisons, Tyler Toffoli a signé un contrat de quatre ans avec Montréal d’une valeur annuelle moyenne de 4,25 M$, une réduction de salaire de 325 000 $, par rapport à son dernier contrat.

PHOTO JASON FRANSON, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Tyler Toffoli

L’argent entre les mains d’une tierce partie (qui garantit une répartition 50/50 des revenus avec les propriétaires) sera plafonné à 2 0 % cette saison, ce qui signifie que les joueurs essaient d’obtenir des offres leur donnant autant d’argent réel que possible.

Parmi les joueurs autonomes sans compensation, le contrat de Toffoli n’était que l’un des sept, mercredi après-midi, ayant au moins quatre ans et une valeur moyenne annuelle de plus de quatre millions.

La dernière fois que l’autonomie a débuté — le 1er juillet 2019 — huit contrats dépassant ces paramètres ont été attribués dès le premier jour.

Un certain nombre d’attaquants talentueux espèrent recevoir bientôt des offres acceptables.

Mike Hoffman, qui a marqué 29 buts la saison dernière, Mikael Granlund et Evgenii Dadonov sont parmi ceux disponibles.

Du côté des défenseurs, Sami Vaatanen et Travis Hamonic font partie d’un groupe en attente de mettre la plume sur papier.

Le vétéran Patrick Marleau, de retour avec San Jose, pour le salaire minimum, sympathise avec les joueurs incapables de maximiser leur valeur.

« Nous sommes tous dans une période d’incertitude, a déclaré le joueur de 41 ans, qui a empoché plus de 95 M$ en carrière. Cela a définitivement changé l’autonomie dans la ligue. Tout le monde essaie simplement de s’y frayer un chemin, d’en tirer le meilleur parti et de faire de son mieux. »