Ça allait un peu de soi, mais les Rangers de New York l’ont confirmé : Alexis Lafrenière a mangé sa dernière poutine à la Cantine de la gare.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

Bon… Jeff Gorton n’a peut-être pas été aussi dramatique (ni précis), mais en gros, il a laissé entendre que Lafrenière ne retournerait pas avec l’Océanic de Rimouski.

Le directeur général des Rangers en a fait l’annonce lundi, après que l’équipe eut confirmé avoir conclu une entente de trois saisons avec le tout premier choix du dernier repêchage.

« Il viendra à New York le plus tôt possible », a précisé Gorton, lors d’une visioconférence lundi après-midi.

« On ne sait pas exactement quand il arrivera, mais on veut que ce soit le plus tôt possible. En ce moment, le début de novembre est une date envisageable. »

Il sera intéressant de voir quelle approche les Rangers prendront avec le jeune homme, qui n’a évidemment jamais habité seul et qui va débarquer dans la plus grande ville d’Amérique du Nord.

Règle générale, une partie des joueurs habitent Manhattan et l’autre partie, en banlieue nord de New York, puisque le centre d’entraînement est situé dans le secteur de Tarrytown. C’est là que les joueurs s’exerceront en attendant la saison, que la LNH souhaite lancer le 1er janvier.

« Il est le bienvenu chez moi s’il veut ! » a lancé à la blague le président des Rangers, John Davidson.

On a des gens qui peuvent l’aider. On va lui trouver la meilleure situation possible.

Jeff Gorton, directeur général des Rangers de New York

La décision des Rangers n’est guère surprenante, car il est généralement acquis que le premier choix au total fait immédiatement le saut dans la LNH. Le dernier à ne pas avoir joué dans le circuit Bettman l’année suivant son repêchage ? Erik Johnson, repêché au 1er rang par les Blues de St. Louis en 2006.

Le contexte du repêchage de 2020 était toutefois particulier pour les raisons que l’on connaît, mais Lafrenière ne s’était pas rapporté à l’Océanic en attendant le repêchage. Il y a lieu de croire qu’il avait fait le tour du jardin dans la LHJMQ. La saison dernière, l’ailier de Saint-Eustache a inscrit 35 buts et 77 mentions d’aide pour 112 points en 52 matchs. De plus, comme il est né en octobre, il comptait déjà trois saisons d’expérience dans le circuit Courteau.

Il sera toutefois intéressant de voir ce que les Rangers décideront quant au Championnat du monde junior, qui aura lieu du 26 décembre au 5 janvier. Une participation lui ferait rater le début de saison des New-Yorkais.

« On a parlé des différentes possibilités, a indiqué Gorton. En ce moment, on veut qu’il vienne ici dès que possible, qu’il commence à s’entraîner et qu’il se prépare pour la saison de la LNH. On s’ajustera ensuite aux situations qui se présenteront. »

Contrat de trois ans

Quoi qu’il en soit, les Rangers n’ont pas perdu de temps. L’annonce de la signature du contrat a été faite six jours après le repêchage. Ce contrat est aussi un joli cadeau au lendemain de son 19e anniversaire de naissance !

Sans surprise, Lafrenière a obtenu le maximum prévu dans la convention collective de la LNH pour les contrats de recrue. Il aura donc droit à un salaire annuel de 925 000 $, et peut aller chercher jusqu’à 2,85 millions de dollars par saison en primes liées à ses performances.

C’est un beau dossier de réglé pour Gorton, mais la suite des choses s’annonce compliquée. Les Rangers doivent déjà consacrer 13 millions aux rachats de contrats (Dan Girardi, Ryan Spooner, Kevin Shattenkirk et Henrik Lundqvist).

En y ajoutant les bonis que doivent toucher plusieurs de leurs recrues, les Rangers se retrouvent avec un plafond salarial réel de 64,55 millions, selon les calculs du journaliste Frank Seravalli.

Numéro 13

Par ailleurs, les Rangers ont annoncé que Lafrenière portera le chandail numéro 13.

Le numéro 11, qu’il portait à Rimouski, a été retiré en 2006 en l’honneur de Mark Messier.