Charles Hudon se tourne vers l’Europe pour la suite de sa carrière.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

La Presse a appris que l’attaquant, membre du Canadien et du Rocket de Laval la saison dernière, s’est envolé vers la Suisse cette fin de semaine, et compte y passer la saison.

La suite des choses n’est toutefois pas encore réglée. Hudon négocie avec le Lausanne HC, mais l’entente n’est toujours pas finalisée.

Ce qui complique la donne, c’est que Hudon était dans une véritable course contre la montre pour se rendre en Suisse. L’Office fédéral de santé publique vient en effet d’ajouter le Canada à sa liste rouge. Les personnes qui arrivent de pays de ladite liste rouge doivent observer une quarantaine de 10 jours à leur arrivée en Suisse.

Or, cette consigne entrait en vigueur ce lundi 12 octobre ; en arrivant en Suisse avant, il a donc pu échapper à la quarantaine et pourra sauter sur la patinoire plus rapidement. D’où l’empressement de s’y rendre même si l’entente n’est pas finalisée.

Hudon était joueur autonome avec compensation. Le Canadien lui a soumis une offre qualificative, afin de retenir ses droits, mais aucune entente n’avait été signée pour la saison à venir. Une transaction n’était pas écartée non plus, mais ne s’est pas matérialisée.

L’offre qualificative fait toutefois en sorte que si tout se déroule comme prévu, Hudon pourrait revenir avec le Canadien une fois la saison en Suisse terminée, quelque part en mars. Cette offre qualificative assure en effet au Tricolore de conserver ses droits dans la LNH.

L’ailier pourrait soit signer un contrat avec le Canadien pour conclure la saison, soit constituer une monnaie d’échange. Une campagne fructueuse en Europe pourrait donc bénéficier au joueur, mais aussi à l’équipe montréalaise.

La saison dans la LNH ne commencera pas avant le 1er janvier, a prévenu le commissaire de la LNH, Gary Bettman, tandis que l’incertitude règne quant à la saison dans la Ligue américaine, où plusieurs équipes n’ont pas les moyens de jouer à huis clos.

En revanche, la saison en Ligue nationale suisse est commencée depuis le 1er octobre et les équipes jouent devant des spectateurs, à capacité réduite. Bref, Hudon s’assure d’un emploi cette saison.

Huit ans plus tard

C’est donc une relation de huit ans qui prend ainsi fin. Mine de rien, seuls Carey Price et Brendan Gallagher avaient plus d’ancienneté que Hudon au sein de l’organisation du Canadien !

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Charles Hudon s’est relevé de belle façon en 2019-2020 avec le Rocket de Laval, sous la gouverne de Joël Bouchard.

Choix de 5e tour (122e au total) en 2012, Hudon a toujours été coincé entre la Ligue américaine, où il était dominant, et la LNH, où il était souvent cantonné à un rôle de soutien.

L’Almatois a connu ses meilleurs moments en 2017-2018, la seule saison où il faisait régulièrement partie de la formation. En 72 matchs, il a inscrit 10 buts et 20 mentions d’aide pour 30 points, mais a été limité à 32 matchs la saison suivante, étant laissé de côté 50 fois.

L’entraîneur-chef Claude Julien l’avait notamment retranché de la formation lors des 22 derniers matchs, y compris lors du 82e et dernier duel de la saison, au moment où le Tricolore était éliminé de la course aux séries éliminatoires. Cet épisode avait été suivi d’une entrevue de fin de saison avec Julien et Marc Bergevin, au terme de laquelle il s’était présenté visiblement ébranlé devant les médias.

Hudon s’est toutefois relevé de belle façon en 2019-2020, sous la gouverne de Joël Bouchard, Alex Burrows et Daniel Jacob avec le Rocket de Laval. Au moment de l’interruption des activités, il partageait le 5e rang de la Ligue américaine avec 27 buts en seulement 46 matchs, des statistiques qui lui ont valu une invitation au match des Étoiles, en janvier.

« Il porte un A sur son chandail, et on ne met pas ça juste pour en mettre un, avait dit Bouchard à son sujet, en janvier. Il n’a pas joué beaucoup l’an dernier, ç’avait été une fin d’année émotive pour lui. Mon message, c’était : tu as beaucoup de potentiel et on va travailler sur des choses ensemble, parce que tu es encore jeune et tu vas avoir une autre chance dans la Ligue nationale. »

Les succès de Hudon lui avaient valu une invitation à Toronto pour les séries, où il a surtout été réserviste. Il a été en uniforme pour deux matchs.

Cela dit, la relation avec la direction du Tricolore demeurait tendue et les négociations de contrat, difficiles. Il y a lieu de croire que Hudon était mûr pour un nouveau départ.

Reste maintenant à voir si c’est un adieu ou un simple au revoir qu’il fait à la LNH.