Xavier Ouellet n’est pas à plaindre si on le compare au commun des mortels. Selon CapFriendly, il aurait gagné 3,891 millions de beaux dollars depuis qu’il a signé son premier contrat professionnel, en 2012.

Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

Le défenseur s’est assuré d’ajouter, au minimum, 900 000 $ à cette somme dans les deux prochaines années, grâce au contrat qu’il a signé vendredi avec le Tricolore.

« On aimait la sécurité du contrat de deux ans, on aimait l’idée de rester, de créer une relation à long terme avec l’organisation. J’ai une femme, on a un enfant, on aimait la stabilité et on aime l’organisation », a commenté Ouellet, samedi, en visioconférence.

Tout ça est bien beau, mais la nature humaine étant ce qu’elle est, Ouellet souhaite se produire au plus haut niveau qui soit, même si cette nouvelle entente lui assure plus de 425 000 $ par année dans la Ligue américaine. C’est ainsi pour tout athlète d’élite. Et selon ce que racontent nos sources bien branchées, le plus haut niveau de hockey, c’est la LNH.

Ouellet a joué à ce haut niveau en août dernier, et il s’est plutôt bien tiré d’affaire. Mais Marc Bergevin a jugé que sa défense manquait de profondeur, et il y a ajouté Joel Edmundson. Alexander Romanov s’est aussi amené de Russie et se battra pour un poste la saison prochaine.

Résultat : Ouellet et Victor Mete, défenseurs de troisième paire du Canadien en séries, pourraient se retrouver dans les rôles de numéro 7 et numéro 8. Sachant que le numéro 8 est bien souvent relégué à la Ligue américaine, il s’agit là d’un revirement spectaculaire en quelques mois.

Je veux jouer dans la LNH, à Montréal, je veux aider le Canadien à avoir du succès. Je vais arriver au camp avec la même mentalité que les deux dernières années. Ça ne changera pas. La compétition est saine, c’est bon pour l’équipe et pour chaque joueur.

Xavier Ouellet

Les liens avec Laval

La compétition est saine, mais parfois les dés sont pipés. Ils le sont pour Ouellet.

D’une part, son contrat est à deux volets, ce qui signifie qu’il ne touchera pas son plein salaire de la LNH s’il est rétrogradé à Laval. Ce qui trahit surtout les intentions de la direction du Canadien, qui n’était pas prête à lui donner un contrat garanti de la LNH.

« Ce n’est pas seulement le Canadien, c’est le marché dans toute la ligue [qui détermine] quelle est ta valeur, à qui tu te compares. J’ai compris [qu’un contrat à un volet] serait vraiment dur à aller chercher. Je voulais donc aller chercher le maximum pour ma famille. »

D’autre part, il est toujours capitaine du Rocket. Un autre indice de la perception du joueur dans l’organisation, même s’il s’agit d’une belle marque de reconnaissance de son influence positive dans l’équipe.

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Xavier Ouellet, dans l’uniforme du Rocket de Laval, en décembre 2019

L’équipe s’attend-elle à ce qu’il reprenne ce rôle ?

« On n’a pas parlé de ça. Mais tout le monde sait que mon but est d’être à Montréal. Tout le monde respecte ça. Ce n’est pas quelque chose que je contrôle. On va voir ce qui va arriver au camp, où je serai. Que j’aie un C ou non à Laval, ça ne changera pas ma façon d’agir. Je suis du genre à mener par l’exemple. »

Petit et rapide

Comme son partenaire des séries, Mete pourrait lui aussi être victime de la nouvelle profondeur du CH. Mais il a quelques raisons additionnelles d’espérer s’accrocher.

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Victor Mete

Dans une défense presque entièrement composée de messieurs avec de gros bras, Mete espère se démarquer par sa vitesse et ses attributs différents de ses collègues. « Je ne frappe pas tant que ça, mais je me sers de mes pieds pour me sortir de situation, et je vais essayer d’en tirer profit », a résumé l’arrière de 5 pi 9 po et 187 lb.

De plus, Mete a eu droit à un contrat à un volet. Il importe de rappeler qu’il n’a encore que 22 ans, une réalité facile à oublier puisqu’il fait partie de l’effectif montréalais depuis trois saisons. Il a encore du temps pour se développer, et l’organisation n’a pas baissé les bras.

Mete a aussi bon espoir que sa polyvalence l’aidera. En séries, c’est lui que l’on a employé comme troisième défenseur à droite, derrière Shea Weber et Jeff Petry. « J’étais content de montrer que je peux jouer des deux côtés sans que ça change mon jeu », a-t-il souligné.

Cet argument est aussi vrai pour Ouellet, qui a rappelé avoir surtout joué sur le flanc droit à Laval.

Cet enjeu n’est pas négligeable, car Weber et Petry sont les deux seuls droitiers assurés d’un poste. Les autres droitiers sont Cale Fleury et Noah Juulsen, mais ni l’un ni l’autre ne sont assurés d’un poste.

Tout porte à croire que Romanov aura droit à toutes les chances d’obtenir le troisième poste à droite. Lui aussi tire de la gauche, mais il a du vécu sur le flanc droit. Par contre, Romanov sera une recrue et devra aussi s’adapter au hockey nord-américain. Si cette adaptation nécessite un certain temps, Claude Julien aura deux polices d’assurance.