Comme on pouvait s’y attendre, les équipes de la LNH ont été relativement prudentes dans l’attribution des contrats au cours des premières heures du marché des joueurs autonomes.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Le plafond salarial fixe, à 81,5 millions ainsi que l’incertitude économique qui plane au-dessus du circuit ont largement freiné l’envolée des salaires faramineux généralement observée le 1er juillet, date habituelle de l’ouverture du marché.

Un peu plus de trois heures après le coup de départ de midi, ce sont les gardiens de but qui avaient décroché les ententes les plus généreuses.

Le meneur est sans conteste Matt Murray, qui était joueur autonome avec compensation. Les Sénateurs d’Ottawa, qui en ont fait l’acquisition mercredi, lui ont consenti 25 millions au cours des 4 prochaines années, ce qui équivaut à une moyenne annuelle de 6,25 millions. Cela lui confère le septième rang parmi les gardiens les mieux payés du circuit, et ce, en dépit du fait qu’il a présenté l’un des pires taux d’efficacité au cours de la dernière saison (,899). Le fait qu’il n’ait que 26 ans ainsi que ses deux bagues de la Coupe Stanley ont sans doute joué en sa faveur.

Chez les joueurs autonomes sans restriction, Braden Holtby n’a pas tardé à se trouver du boulot à Vancouver. L’ancien des Capitals a paraphé une entente de 2 saisons qui lui rapportera 4,2 millions chaque année. Le récipiendaire du trophée Vézina en 2016 accuse ainsi un important recul salarial (il gagnait 6,1 millions à Washington), attribuable notamment à ses statistiques très ronflantes de 2019-2020.

Cam Talbot, lui, s’est trouvé une niche qui lui a valu une augmentation de salaire. À 33 ans, le voilà un membre du Wild du Minnesota, qui lui a allongé 11 millions pour une durée de 3 ans (3,67 millions par année). Il a gagné 2,75 millions à Calgary l’an dernier.

Jacob Markstrom prendra sa place chez les Flames. L’ancien des Canucks de Vancouver, déclassé en séries par le jeune Thatcher Demko, touchera 6 millions annuellement pour les 6 prochaines saisons. Il était, cinq heures après l’ouverture du marché, celui qui avait reçu la plus grosse cagnotte.

À Washington, on a confirmé avoir embauché Henrik Lundqvist au bas prix de 1,5 million pour un an. Celui dont la précédente entente vient d’être rachetée par les Rangers de New York pourra devenir un mentor pour le jeune Ilya Samsonov, gardien d’avenir des Capitals.

Anton Khudobin a lui aussi droit à un cadeau, celui-là pour services rendus, on s’en doute. Le Kazakh de 34 ans a été un pilier dans l’accession des Stars de Dallas jusqu’à la finale de la Coupe Stanley. Au Texas, il gagnera 10 millions au cours des trois prochaines années (3,33 millions par année), une hausse par rapport à son précédent salaire de 2,5 millions.

Quant à Keith Kinkaid, qui est passé en coup de vent à Montréal l’an dernier, il est désormais un membre de l’organisation des Rangers en vertu d’un pacte de 2 ans d’une valeur totale de 1,65 million. On s’attend toutefois à ce qu’il se rapporte à Hartford, dans la Ligue américaine, lorsque s’amorcera le calendrier 2020-2021.

Rachats et ballottage

Kevin Shattenkirk, qui prend le chemin d’Anaheim, est pour sa part devenu le premier joueur autre qu’un gardien à se voir accorder un salaire annuel supérieur à 3 millions. Les Ducks lui verseront en effet 11,7 millions au cours des 3 prochaines années (moyenne de 3,9 millions). Ce contrat se veut pour l’Américain la confirmation de son retour parmi les défenseurs réguliers du circuit, un an après que les Rangers eurent racheté la lucrative entente qu’ils lui avaient donnée en 2017. Shattenkirk vient tout juste de remporter la Coupe Stanley avec le Lightning de Tampa Bay.

Parlant du Lightning, il a réalisé le premier coup d’éclat de la journée, non pas en embauchant un nouveau joueur, mais en soumettant l’attaquant Tyler Johnson au ballottage. L’ailier de 30 ans disposait d’une clause partielle de non-échange selon laquelle il pouvait fournir à son équipe une liste d’équipes où il ne voulait pas aboutir. Faute d’arriver à accommoder son joueur, le directeur général Julien BriseBois l’a donc rendu disponible à toutes les équipes de la ligue. N’importe quelle formation a donc le loisir de le réclamer sans fournir de compensation.

Deux autres joueurs dont le contrat vient d’être racheté par leur ex-club n’ont pas tardé à se trouver une nouvelle adresse.

Kyle Turris, qui avait encore 4 années à écouler chez les Predators de Nashville, est désormais un membre des Oilers d’Edmonton. En Alberta, il gagnera 1,65 million au cours des deux prochaines années comme troisième centre de cette puissante machine offensive.

Quant à Alexander Wennberg, que plusieurs rumeurs rattachaient au Canadien, il est allé rejoindre en Floride son ancien patron Bill Zito, désormais le directeur général des Panthers après avoir été DG adjoint à Columbus. Le Suédois de 26 ans gagnera 2,25 millions au cours de la prochaine saison sous le soleil de Sunrise, après que les Blue Jackets eurent mis fin à leur association avec lui jeudi.

Autres signatures

Justin Schultz, D, Washington, 8 millions/2 ans

Mark Borowiecki, D, Nashville, 4 millions/2 ans

Jack Johnson, D, NY Rangers, 1,15 million / 1 an

Tyler Ennis, A, Edmonton, 1 million/1 an

Mark Jankowski, C, Pittsburgh, 700 000 $/1 an

Nathan Beaulieu, D, Winnipeg, 2,5 millions/2 ans

Bobby Ryan, AD, Detroit, 1 million/1 an

Jon Merrill, D, Detroit, 925 000$ / 1 an

Radko Gudas, D, Floride, 7,5 millions / 3 ans

Wayne Simmonds, A, Toronto, 1,5 million/1 an