À ce temps-ci de l’année, Leon Draisaitl peaufine habituellement son jeu avec ses coéquipiers chez les Oilers d’Edmonton au cours des derniers jours du camp. Mais nous sommes en 2020 et les choses se déroulent un peu différemment.

Gemma Karstens-Smith
La Presse Canadienne

Draisaitl et des centaines de joueurs de la LNH sont éparpillés un peu partout autour du monde, se demandant quand — et où — ils joueront leur prochain match.

« C’est différent, a insisté Draisaitl, mardi, à partir de son domicile à Cologne, en Allemagne. Mais il faut gérer la situation du mieux possible. Et il faut être prêt quand l’appel viendra. »

Le hockeyeur âgé de 24 ans a reconnu qu’il était inhabituel pour un athlète professionnel de se retrouver autant devant l’inconnu.

Cette fois, tout n’est pas nouveau pour les joueurs de la LNH, qui étaient dans une position semblable lors de la pause de la saison au début de la pandémie en mars.

« Vous devez vous y faire et tenter d’en tirer profit, a dit Draisaitl. Il n’y a pas d’excuses. Tout le monde est dans le même bateau. »

Le commissaire de la LNH, Gary Bettman, a indiqué que la prochaine saison pourrait commencer en décembre ou même en janvier. Le format de la campagne demeure flou, alors que les joueurs ne voudront pas disputer une saison complète dans une bulle comme celles employées pendant la relance cet été.

Malgré l’incertitude, Draisaitl continue sa préparation comme s’il s’agissait d’une saison morte normale.

« Nous sommes des athlètes. Nous devons manger santé en tout temps, nous devons nous entraîner. C’est notre travail, a-t-il rappelé. Il n’y a pas grand-chose à changer. »

Draisaitl a dominé la LNH l’hiver dernier avec 110 points, ce qui lui a valu les trophées Art Ross, Hart et Ted-Lindsay en tant que champion marqueur et joueur par excellence selon l’Association des chroniqueurs de hockey professionnel d’Amérique et l’Association des joueurs de la LNH.

Normalement, Draisaitl aurait pu célébrer ces honneurs avec ses coéquipiers et des joueurs de tout le circuit lors d’une cérémonie à Las Vegas.

Pandémie oblige, la nouvelle a été annoncée par la LNH lors d’une émission spéciale à partir du Rogers Place, à Edmonton. Draisaitl était en Allemagne et ses proches dormaient, mais il a reçu les félicitations de ses coéquipiers en Amérique du Nord.

« Mon téléphone sonnait sans arrêt », a raconté Draisaitl en souriant.

Mais Draisaitl échangerait probablement ces honneurs pour la coupe Stanley. Les Oilers ont été éliminés en ronde de qualification par les Blackhawks de Chicago lors de la relance.

Il s’agissait de la deuxième participation de Draisaitl aux séries, en six saisons dans la LNH.

Draisaitl a indiqué qu’il n’avait pas suivi très souvent en direct le reste de séries, en raison du décalage horaire, mais il regardait les faits saillants le lendemain matin.

Il a noté qu’il avait été difficile pour lui de voir d’autres équipes célébrer dans l’aréna des Oilers.

« Nous aurions voulu être là. Ça n’a pas été notre tour, mais nous allons en tirer des leçons. Et nous allons revenir la saison prochaine avec un peu plus d’expérience en banque », a dit Draisaitl.

« Je pense que ça paraissait que nous n’étions pas tout à fait prêts pour le hockey des séries. »