Bien manger, lever des poids, poursuivre sa préparation physique et s’entraîner presque chaque jour, c’est bien. Mais disputer des matchs, c’est mieux.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Les joueurs professionnels de tous les calibres sont aux prises avec le même défi, celui de retrouver l’intensité d’un match pendant cette longue pause imposée. Zachary Fucale a peut-être trouvé une solution pour eux.

Lancée la semaine dernière par l’ancien gardien de but de l’organisation du Canadien, une mini-ligue regroupant quatre équipes donne l’occasion à des joueurs de la Ligue américaine, de l’ECHL de ligues européennes et même de la LNH de s’affronter dans un cadre compétitif qui leur permettra d’être fin prêts à reprendre l’action lorsqu’on leur donnera le feu vert.

« Ce n’est pas juste des petits scrimmages ! insiste Fucale au bout du fil. On a des arbitres, de vrais matchs structurés. Comme dans une ligue professionnelle, en fait. »

Plus on va jouer de matchs, plus de gars vont vouloir embarquer, et plus ce sera compétitif.

Zachary Fucale

Le premier duel a eu lieu vendredi dernier entre les « gars de Sherbrooke », groupe mené par Jérémy Grégoire, et une équipe de Montréal assemblée par Anthony Duclair, des Sénateurs d’Ottawa.

Le petit circuit poursuivra ses activités dès cette semaine, avec des chandails officiels aux couleurs des commanditaires qui ont accepté de donner un coup de pouce aux joueurs.

Un besoin à combler

C’est une récente discussion informelle entre Grégoire et Fucale, amis et ex-cochambreurs à l’époque où ils jouaient pour le club-école du Canadien à St. John’s et à Laval, qui a donné un premier souffle au projet. Le premier a souligné que le bassin de joueurs estriens n’était pas assez grand pour constituer deux clubs dignes de ce nom qui puissent s’affronter dans des matchs à haut niveau.

« Je me suis dit : si les gars de Sherbrooke n’ont pas assez de joueurs, ce ne sont pas les seuls qui profiteraient d’une ligue comme ça, raconte Fucale. On a conclu qu’on serait capables de faire quatre clubs. »

Jusqu’à nouvel ordre, le public ne pourra pas assister à ces rencontres, disputées à Laval. Mais ça pourrait changer, quoique la région vient de passer au niveau d’alerte orange. « Évidemment qu’on aimerait avoir du monde, précise le gardien. Mais on en est encore à s’informer pour connaître toutes les règles avant de lancer des invitations. »

Le Lavallois de 25 ans avoue que le confinement l’a fait réfléchir sur la nécessité de demeurer actif, de façon individuelle, certes, mais collectivement aussi. Le voilà aujourd’hui partenaire de Living Sisu, une entreprise qui fait la promotion d’un mode de vie actif – Sisu étant un mot finnois dont la traduction française la plus fidèle serait sans doute « détermination ».

« L’activité a toujours été importante dans ma vie, je veux être capable d’en faire profiter les autres », dit-il. Quant à la création de sa propre ligue d’urgence, il souligne qu’il y voit surtout une « bonne occasion d’aider les gars ».

Plus tôt dans l’entrevue, il avait avoué ne pas avoir « toujours eu l’esprit entrepreneurial ».

Manifestement, les choses ont changé pour lui.

Nouveau départ avec les Capitals

La nouvelle n’a pas fait grand bruit, mais Zachary Fucale a signé un contrat à deux volets avec les Capitals de Washington le mois dernier. Choix de 2e tour (36e au total) du Canadien en 2013, le Québécois n’a pas encore obtenu de départ dans la LNH, ayant plutôt vivoté entre la Ligue américaine et l’ECHL au cours des dernières saisons. Après avoir remporté la Coupe Spengler avec le Canada l’hiver dernier, il s’attendait à voir sa carrière se poursuivre en Europe, mais l’offre des Capitals s’est présentée et il l’a saisie. Lorsque le hockey reprendra pour de bon, il devrait avoir la chance d’au moins se faire valoir au sein du club-école des Caps à Hershey. « Je suis vraiment content de pouvoir continuer à progresser, et les Capitals m’offrent une belle occasion », résume simplement Fucale.