Nikita Scherbak et Jake Evans ont vécu le repêchage de 2014 de façon bien différente.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Scherbak, le choix de premier tour du Canadien, au 26e rang, a charmé les nombreux journalistes sur place au Wells Fargo Center de Philadelphie pour ses réparties franches.

On voyait déjà en lui un futur marqueur de 30 buts, après sa brillante saison à Saskatoon, dans la Ligue junior de l’Ouest.

Evans n’était pas sur place. Il s’attendait à être repêché entre le cinquième et le septième tour, mais il a préféré ne pas gaspiller le prix d’un billet d’avion entre Toronto et Philadelphie au cas où personne ne daignerait le choisir.

Le jeune homme a plutôt regardé la suite de chez lui, sur l’internet. Le cinquième tour a passé. Le sixième. Le septième tour s’est entamé. Avec une dizaine de choix à faire, et toujours ignoré, Evans a éteint ses appareils et quitté la maison, furieux. Puis il a reçu l’appel de sa mère. Il restait encore quatre choix quand le Canadien l’a repêché au 207e rang…

« C’est pour ça que Montréal a toujours été spécial pour moi. Ils m’ont donné ma chance. Ç’a été une journée très frustrante pour moi, des montagnes russes d’émotions. »

Evans s’adressait aux journalistes par visioconférence mercredi, après la signature de son nouveau contrat de deux ans. Il touchera 700 000 $ la saison prochaine, et 800 000 $ la suivante. La deuxième année de cette entente est garantie à un salaire de la LNH.

Il revient de loin

Evans revient de loin. Il jouait au sein de la Ligue junior A de l’Ontario lorsque le Canadien l’a repêché. Il a passé quatre saisons à l’Université Notre-Dame, dans la NCAA, et deux ans dans la Ligue américaine, avant d’obtenir sa chance. Il a disputé 13 matchs en saison, marqué deux buts, et participé à six rencontres de séries éliminatoires.

Selon plusieurs, Evans, 24 ans, sera le quatrième centre de l’équipe au cours des prochaines années, et un dépanneur au centre ou à l’aile au sein des autres trios.

Autant Evans progressait, autant Scherbak régressait. Cet ancien premier choix a été perdu par le Canadien au ballottage en 2018. Lorsque les Kings de Los Angeles l’ont soumis à leur tour dans la Ligue américaine, le Canadien avait le premier droit de rappel, mais n’a même pas daigné le rapatrier.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Nikita Scherbak

Scherbak est dans la KHL depuis l’an dernier, avec des résultats mitigés. Il a même été soumis au ballottage par Omsk. Aux dernières nouvelles, il tenterait d’obtenir une nouvelle chance en Amérique du Nord.

Cette année-là, le Canadien a repêché Scherbak, Brett Lernout, Nikolai Koberstein, Daniel Audette et le gardien Hayden Hawkey avant Evans.

Avec le recul, ça a été une bonne chose d’être repêché en septième ronde. Ça m’a enlevé beaucoup de pression. J’ai pu me développer à mon rythme. Personne ne s’attend à rien de toi, c’est une surprise si tu fais bien. Tu peux faire mentir les gens.

Jake Evans

Le fait de repêcher un candidat à la NCAA a avantagé le Canadien. L’organisation a pu attendre quatre ans avant de lui donner un contrat. Les joueurs des rangs juniors canadiens doivent être embauchés deux ans après avoir été repêchés.

46 points en 40 matchs à Notre-Dame

À sa première année à Notre-Dame, Evans a obtenu seulement 17 points, dont 7 buts, en 41 matchs. Il a haussé sa production à 33 points l’année suivante. Il a quitté les rangs collégiaux avec une saison de 46 points en 40 matchs.

« Je me suis bien développé à Notre-Dame. J’étais un joueur chétif qui ne voulait que marquer au début. J’ai développé plusieurs facettes de mon jeu et j’ai appris à vivre seul. »

La progression s’est également réalisée progressivement chez les pros. Dès la première période de son premier match au tournoi des recrues du Canadien en 2018, il est sorti sur civière après avoir été assommé par une violente mise en échec. Evans a obtenu 45 points en 67 matchs à sa première saison. Il en avait 38 en 45 matchs lors de son rappel cet hiver.

« Je suis heureux d’avoir réglé cette histoire de contrat. Je peux me consacrer au hockey. J’aime la direction dans laquelle se dirige l’équipe. Ils m’ont beaucoup aidé. J’en suis reconnaissant. Je me suis toujours considéré comme un joueur complet, efficace lors des mises en jeu. Je veux continuer à développer les différents aspects de mon jeu. »