Guy Lafleur s’est dit « surpris » samedi par une chronique du Journal de Montréal qui déplore que le Canadien de Montréal ait interdit au célèbre numéro 10 de porter son chandail arborant le logo du CH dans le cadre d’une campagne publicitaire de la Fondation du CHUM.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« Je suis bien au fait des politiques qui régissent l’utilisation de la marque des Canadiens, qui sont les mêmes pour tous, et je n’avais pas d’attente à m’afficher avec les couleurs du Bleu-blanc-rouge », a expliqué M. Lafleur sur son compte Instagram.

Devenu ambassadeur de la Fondation du CHUM en septembre, le Démon blond affirme que des explications avaient été fournies « suite à des échanges entre les deux organisations ». Des représentants de l’organisme caritatif avaient « signifié leur compréhension sur la position du Club », assure-t-il.

Plus tôt samedi, le chroniqueur Réjean Tremblay avait dénoncé le fait que Guy Lafleur « n’aura pas le droit de porter son chandail du CH pour la publicité, parce que le Canadien de Montréal le lui interdit ». Selon les propos rapportés par le chroniqueur, la politique du Tricolore est sans équivoque. « En aucun temps la marque des Canadiens ne peut être utilisée […] pour toute forme de publicité ou de promotion », y soutient la vice-présidente à l’engagement communautaire et directrice générale de la Fondation du Canadien, Catherine Paquette.

« Calvaisse ! Guy Lafleur ! Pas le droit de porter son chandail ! Pour aider le CHUM ! Mais faut-il être complètement disjoncté ! », s’exclame le chroniqueur, se disant « abasourdi » par la position du Canadien de Montréal. « C’est pour une campagne de financement du CHUM. Pas pour vendre de la bière ou du gin », clame-t-il.

L’homme « qui s’implique »

Dans sa déclaration, le légendaire hockeyeur rétorque que son engagement dans la communauté « n’est pas basé sur [ses] réalisations sur la patinoire ».

Ici, c’est Guy Lafleur l’homme qui s’implique. Celui qui fut un patient du CHUM, qui a subi un quadruple pontage cet hiver et l’ablation d’un lobe de poumon à cause d’un cancer, bénéficiant des soins hors pair des médecins, infirmières et préposés.

Guy Lafleur, ancien joueur du Canadien de Montréal

Il se dit par ailleurs « très fier d’être l’ambassadeur de deux grandes institutions montréalaises », et dit ne souhaiter « que du succès pour l’une et l’autre ». « J’ai un grand respect pour le CH et ses dirigeants qui m’appuient continuellement dans mes initiatives », poursuit M. Lafleur.

« Déçus », mais compréhensifs

Le tournage de la publicité a été effectué dans les derniers jours à Saint-Jérôme. Elle sera diffusée d’ici la mi-octobre. C’est Sid Lee, une agence créative montréalaise, qui en assure la conception et la réalisation.

À la Fondation du CHUM, la directrice des communications, Lise Plante, avoue que son équipe aurait aimé que les choses se passent autrement, mais dit comprendre la situation. Elle soutient que « pour tous les Québécois, c’est très compliqué de dissocier Guy Lafleur du Canadien ».

C’est sûr qu’on est un peu déçus. On voulait pouvoir mettre de l’avant la campagne publicitaire que Sid Lee a imaginée. Dans le contexte, ce ne sera pas possible.

Lise Plante, directrice des communications de la Fondation du CHUM

L’organisme compte « rester loin de cette polémique » malgré tout, voulant d’abord concentrer ses efforts sur la récolte de fonds. « M. Lafleur veut s’impliquer, veut faire la différence. C’est un levier incroyable, surtout que pour nous, en période de pandémie, c’est très difficile. »

« On est juste très heureux de sa présence. Il a gagné cinq Coupes Stanley, mais sa plus grande victoire reste celle pour sa santé », conclut Mme Plante.