Les Islanders de New York ont passé l’été à nous surprendre, et ils n’allaient certes pas quitter rapidement sans nous surprendre encore un peu.

Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

Pour ainsi dire, le club de Barry Trotz semblait cuit avant même que la soirée ne s’amorce, mais ce même club, résilient et intense au possible, a trouvé le moyen d’aller gagner ce troisième match de la finale de l’Est, par la marque de 5-3.

Bien sûr que le Lightning demeure en contrôle, bien sûr que c’est ce Lightning qui mène la série avec une avance de 2-1, mais ce que la victoire de vendredi soir a fait pour les Islanders, à tout le moins, c’est de placer le doute dans la tête de l’ennemi.

Et puis parfois, dans le merveilleux monde du sport, ce doute, c’est tout ce que ça prend.

« Abandonner, ce n’est pas quelque chose qu’on a l’habitude de faire, a expliqué l’attaquant Cal Clutterbuck en fin de soirée. Ce n’est pas qui nous sommes, surtout pas après le chemin qu’on a parcouru pour arriver jusqu’ici. »

En effet, la route des Islanders a été longue et sinueuse, jonchée d’obstacles, et encore vendredi soir, ce ne fut pas si facile alors que ça aurait dû l’être, du moins, un peu plus que ça : ils avaient une belle avance de deux buts après 40 minutes de jeu, les Insulaires, et ils se dirigeaient vers une petite soirée facile.

Mais non.

Le Lightning a marqué deux buts en troisième période, et il a fallu que Brock Nelson, encore lui, se charge du but gagnant en fin de match, avant que Jean-Gabriel Pageau ne confirme la victoire dans un filet désert, mais non sans avoir reçu un solide coup de Sher-Wood de la part de Nikita Kucherov.

Au fait, ce n’est peut-être pas encore Canadien-Nordiques, cette série, mais on va se le dire, ça commence à brasser un tantinet.

« Ils ne nous aiment pas et on ne les aime pas non plus », a résumé Mikhail Sergachev avec beaucoup de justesse dans le ton.

Et puis maintenant, est-ce que les Islanders viennent d’acquérir le célèbre « momentum », celui dont tout le monde rêve ? Peut-être pas. Il faut ici rappeler que le Lightning a joué sans l’attaquant vedette Brayden Point, dont la date de retour au jeu demeure inconnue, et aussi sans Alex Killorn, suspendu pour un match en raison de son coup sur Nelson lors de la rencontre précédente. Et malgré ces absences de taille, les gars de Tampa Bay ont bien failli récolter la victoire.

« On a été notre pire ennemi, a résumé l’entraîneur Jon Cooper. On a fait des bonnes choses mais on a eu un mauvais match dans l’ensemble. On ne peut pas donner aux bonnes équipes comme les Islanders autant d’occasions dans un match. On leur a fait un cadeau. »

Ondrej Palat, un autre attaquant du Lightning, a bien résumé l’état d’esprit de sa bande en seulement quelques mots : « Je ne suis pas prêt à dire qu’ils ont été bien meilleurs que nous… »

Alors voilà, bien précisément, le défi qui attend les Islanders au cours des prochains jours : remettre ça, et un peu de la même manière, le temps de trois autres matchs.

Parce que, de toute évidence, ce n’est pas une courte défaite qui va ébranler leurs adversaires.