On l’avait bien dit : c’est un peu deux univers qui s’affrontent lors de cette finale de l’Association de l’Est entre le Lightning de Tampa Bay et les Islanders de New York.

Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

Après le premier match, celui de lundi soir, il faut se demander si les joueurs du Lightning ne sont pas un peu seuls au sommet de cet univers.

On va se le dire, la marque finale de 8-2 en faveur du club de Tampa Bay n’est pas un reflet précis de l’allure du match, parce que ç’aurait pu être encore pire. Dès le moment où la première rondelle a été déposée sur la surface glacée, il semblait évident que les joueurs des Islanders n’allaient avoir aucune chance. Aucune.

D’ailleurs, lors des présentes séries éliminatoires, les Islanders ont accordé sept buts en quatre matchs contre les Panthers de la Floride, et accordé huit buts en cinq matchs contre les Capitals de Washington. Mais lundi soir, lors des 55 premières minutes de jeu, ils ont accordé 8 buts. Thomas Greiss ou Semyon Varlamov, ça n’a rien changé, et peut-être que Billy Smith n’aurait rien pu y faire non plus.

« Les Islanders ont dû voyager pour arriver ici à Edmonton, ils reviennent d’une série de sept matchs et ils ont dû s’adapter à un nouveau fuseau horaire, a expliqué l’entraîneur-chef Jon Cooper en fin de soirée. Il nous fallait en prendre avantage… mais je ne crois pas qu’on verra un autre match avec ce genre de marque finale lors de cette série. Ce n’est qu’un seul match. »

C’est un détail tout de même important, en effet : pendant que les Islanders et les Flyers de Philadelphie s’épuisaient le temps de sept matchs âprement disputés lors du tour précédent, les joueurs du Lightning ont pu se reposer, sans avoir à disputer un seul match en une semaine. Lundi soir, ce léger détail nous a un peu sauté au visage, et surtout au visage des Islanders.

Mais bon. L’entraîneur-chef du Lightning peut bien jouer ça modeste comme il le veut, rappeler que ce n’est qu’un seul match (c’est vrai), n’empêche que les Islanders n’ont pas le talent pour rivaliser ici. C’est d’ailleurs le problème avec les équipes comme celle de Long Island, bâtie selon un système qui ne laisse que bien peu de place à l’improvisation et aux plans B.

Autrement dit, lorsque le match ne se déroule pas à leur rythme, les Islanders sont perdus, confus et incapables de se replacer.

Les Islanders, avant ce match de lundi soir, avaient une fiche de 0-5 en séries lorsqu’ils accordaient trois buts ou plus. Ça dit tout.

Il est aussi très évident que bien peu d’équipes ont le « punch » offensif du Lightning, le talent brut, et lundi soir, Brayden Point s’est permis une soirée de cinq points (deux buts et trois aides), puis Nikita Kucherov s’est lui aussi permis une soirée de cinq points (un but et quatre aides).

En fait, pendant toute la soirée, les gars du Lightning ont tenté un seul tir qui n’a pas touché la cible, selon les statistiques officielles de la LNH.

« Quand on joue de cette façon, nous sommes une équipe difficile à battre », a résumé le défenseur Victor Hedman, avec raison.

Les Islanders nous ont habitués à des tours de magie sans arrêt depuis le début des présentes séries. Mais à la lumière de ce que l’on a vu lors du premier match de cette série, la magie ne semble plus opérer bien fort.