Peut-on prendre une petite seconde, en commençant, pour rappeler que les Stars de 1999 ont gagné une Coupe Stanley en jouant du hockey souvent insipide mais inspiré, exactement comme celui qu’ils jouent maintenant ? Plus de 20 ans plus tard, eh oui, les Stars sont de retour à cette sorte de hockey. Pour le meilleur et pour le pire.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Le meilleur, dans leur cas, c’est cette victoire de 1-0, obtenue dimanche soir lors du premier match de la finale de l’Association de l’Ouest contre les Golden Knights de Vegas. Le pire, c’est la manière. Parce qu’on va se le dire, ce match-là ne va se retrouver sur aucun coffret DVD des meilleurs matchs de tous les temps.

Remarquez, les gars du club de Dallas ne sont pas là pour nous faire plaisir. Ni pour faire Plaisir aux joueurs de Vegas, qui devront en faire un peu plus afin que ça devienne intéressant.

« Ça nous a pris trop de temps avant de pouvoir avoir la tête dans le match, a expliqué le défenseur Nate Schmidt. Ça nous a pris trop de temps avant de pouvoir obtenir cette énergie, cette confiance qui est nécessaire. Il reste quatre équipes, il n’y a aucun favori. Il faut être prêt l’instant où les arbitres laissent tomber la rondelle. »

Devrait-on aller jusqu’à appeler ça de l’anti-hockey ? Peut-être. Les Stars, dès qu’ils ont pu marquer un but, ont tout de suite joué pour empêcher l’autre équipe de marquer. Il n’y avait pas beaucoup d’espace en zone centrale, et les pauvres Golden Knights ont eu toutes les misères à tenter de créer quelque chose, n’importe quoi. Des joueurs efficaces comme Mark Stone ont été réduit à un silence presque complet.

D’ailleurs, au cours de la troisième période, les Stars n’étaient même pas intéressés à traverser la ligne bleue ennemie, et ils ont lancé seulement deux fois sur Marc-André Fleury lors des 20 dernières minutes de jeu. Ça en dit long sur leurs intentions.

Malgré tout, Peter DeBoer, l’entraîneur des Golden Knights, a trouvé que ses gars auraient pu en faire plus. « On a eu ce qu’on méritait… on n’a pas joué avec assez d’intensité pendant assez longtemps », a-t-il déclaré en fin de soirée par appel conférence.

C’est justement le bout qui a manqué aux gars de Vegas en ce dimanche soir : cette intensité qui est souvent bien la leur, qui leur permet de gagner des matchs et d’être dans le coup soir après soir, ou presque. Mais dimanche, malgré le résultat décidé par un seul but, on n’a jamais eu l’impression que les Golden Knights avaient été dans le coup.

Ce sera une série difficile, et longue, et compliquée, surtout pour les Golden Knights, qui devront maintenant trouver une façon de se démarquer et de créer des chances de marquer face au gardien Anton Khudobin, qui a réussi le premier blanchissage de sa vie en séries avec une performance de 25 arrêts.

En attendant, les Stars vont continuer à jouer comme si on était en 1999. Ça semble très bien marcher pour eux.