(Toronto) Pas de temps à perdre dans une série 3 de 5. Après deux matchs à voir aller une attaque peu convaincante, deux matchs à voir Carey Price se faire bombarder, Claude Julien en a assez vu.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

L’entraîneur-chef a laissé savoir que ses trios, qui sont demeurés très stables depuis l’ouverture du camp, seront appelés à changer dans le troisième match de la série contre les Penguins, mercredi.

« Regarde le match hier, on a vu [Nick] Suzuki avec d’autres ailiers. [Phillip] Danault aussi. J’ai fait des changements pendant le match. On doit être prêt pour des changements. »

L’attaque montréalaise a été paralysée pendant une bonne partie du match de lundi, incapable de réellement menacer Matt Murray pendant les deux premières périodes. Jesperi Kotkaniemi a finalement inscrit les siens à la marque à la toute fin, avec deux minutes à jouer.

L’entraîneur-chef a plusieurs éléments à considérer. Les jeunes Kotkaniemi et Nick Suzuki ne semblent nullement intimidés par l’ampleur de l’enjeu. Kotkaniemi a marqué deux buts en deux matchs, tandis que Suzuki s’en tire très bien, même s’il n’a pas dupliqué lundi sa grande performance de samedi.

Max Domi montre aussi des signes encourageants de temps à autre, mais il demeure pris avec des ailiers qui lui sont largement inférieurs en Jordan Weal et Dale Weise. Julien lui a donné quelques présences avec Tomas Tatar et Brendan Gallagher, mais les résultats n’ont pas été probants.

Après deux matchs, Domi joue en moyenne 15 minutes, lui qui en jouait 17 en saison. Sa moyenne des deux matchs serait encore plus basse si le premier duel n’avait pas été en prolongation !

PHOTO NATHAN DENETTE, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Jason Zucker (16), Max Domi (13) et Carey Price (31)

Domi aimerait-il avoir plus de responsabilités ?

« Je ne suis pas l’entraîneur. Mais tout le monde est dans le même bateau. On peut être meilleurs et je sais que moi-même, je peux en amener plus », a répondu le numéro 13.

Il y a aussi Jonathan Drouin et Joel Armia, les deux ailiers de Suzuki, qui en arrachent en ce début de série. Le premier a écopé de deux punitions dans le premier match ; Armia ne s’en est donc pas laissé imposer, lundi, et en a pris trois.

« Mon travail, dans cette équipe, c’est de créer de l’attaque, a affirmé Drouin. Je dois créer de l’attaque, aller chercher des buts, des passes. Hier, quand on n’avait pas de but pendant 58 minutes, c’était à moi d’en faire plus. Même quand on joue contre Crosby ou Malkin, je dois en faire plus. »

Après deux matchs, ce trio Drouin-Suzuki-Armia, que Julien avait souvent vanté le mois dernier au camp, a produit un but et a été sur la patinoire pour un but de l’adversaire à 5 contre 5. Par contre, son ratio de possession de rondelle est atroce ; le Canadien ne génère que 34 % des tentatives de tir (indice Corsi) quand les trois sont sur la patinoire à 5 contre 5.

Julien a toutefois refusé d’entrer dans les détails sur ce qui ne fonctionne pas de ce côté.

« À l’attaque, on a besoin d’en avoir plus de tout le monde, a dit l’entraîneur-chef. Nos jeunes marquent, mais ça nous prend la contribution de tout le monde. Je ne veux pas blâmer personne en particulier. En groupe, à 5 contre 5, on a besoin de plus de détermination pour avoir des chances de marquer. »

Le Tricolore a annoncé que seulement « quelques joueurs » s’entraîneront mardi. Il faudra donc attendre avant d’en savoir plus sur les changements que Julien compte apporter en vue du match de mercredi.

Dans ce match, le CH aura l’avantage de la patinoire pour la première fois de la série, ce qui permettra à Julien d’avoir le dernier mot quand il choisira qui il envoie sur la patinoire après les arrêts de jeu.