Seize équipes s’affrontent au tour de qualification. Les huit clubs éliminés auront la même chance de remporter le premier lot de la loterie, soit 12,5 %. Quel impact pourrait avoir Alexis Lafrenière sur chacune de ces 16 formations ? Amusons-nous un peu.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Penguins de Pittsburgh (7es au classement général)

Les Penguins ne seraient sûrement pas heureux de subir une élimination aux mains du Canadien. Mais imaginez cette équipe, septième au classement général, remporter le gros lot ! Les Penguins avaient remporté la loterie en 2005, mais terminé au dernier rang du classement général lors de la saison précédente. L’arrivée de Sidney Crosby avait permis de faciliter la transition avec la retraite imminente de Mario Lemieux, dont c’était la dernière saison à 39 ans. Dans ce cas-ci, Crosby a 32 ans et Evgeni Malkin, 33 ans. L’arrivée d’Alexis Lafrenière pourrait prolonger la période de domination des Penguins.

Hurricanes de la Caroline (9es)

Les Hurricanes comptent déjà sur l’un des meilleurs jeunes ailiers gauches de la LNH, Andrei Svechnikov, 20 ans, 61 points en 68 matchs cet hiver. Il joue au sein d’un trio avec Sebastian Aho, 22 ans, et Teuvo Teravainen, 25 ans. L’arrivée de Lafrenière rendrait les Canes encore plus redoutables à l’attaque. À l’équation, il faut ajouter Martin Necas, 21 ans, 12e choix au total en 2017, dont la production cette année était comparable à celle de Nick Suzuki.

Il faut noter la situation complexe des Hurricanes sur le plan du repêchage. Ils ont obtenu des Maple Leafs de Toronto leur premier choix en acceptant Patrick Marleau et son lourd contrat. Ils ont ensuite cédé ce choix aux Rangers de New York pour obtenir le défenseur Brady Skjei. S’ils remportent la loterie avec leur propre choix, ils cèdent le premier choix obtenu des Maple Leafs aux Rangers. Si les Maple Leafs remportent la loterie, ceux-ci conservent ce choix cédé pour Marleau et donnent leur premier choix de 2021 aux Hurricanes, qui le transféreront ensuite aux Rangers. Les Hurricanes affrontent les Rangers au tour préliminaire.

Islanders de New York (11es)

Les Islanders ont un bel amalgame de jeunes et de vétérans. On peut très bien imaginer Lafrenière à la gauche de Mathew Barzal, 23 ans, ou de Brock Nelson, 28 ans. Leurs autres ailiers, Anders Lee, Jordan Eberle et Josh Bailey, ont 29 ou 30 ans. Kieffer Bellows, Michael Dal Colle et Oliver Wahlstrom, tous âgés de 22 ans ou moins, attendent leur tour à l’aile. La défense est jeune et bien nantie. Les Islanders comptent aussi sur l’un des meilleurs jeunes gardiens au monde, Ilya Sorokin. La réinitialisation serait accélérée avec le premier choix au total. Long Island a cédé son choix de premier tour aux Sénateurs d’Ottawa pour obtenir Jean-Gabriel Pageau, mais le conservera et cédera plutôt celui de 2021 s’il remporte la loterie. Les Islanders affrontent les Panthers de la Floride au tour préliminaire.

Oilers d’Edmonton (12es)

Un cinquième premier choix au total depuis 2010 ? C’est possible, si les Oilers perdent au premier tour contre les Blackhawks de Chicago. Lafrenière aurait un centre de luxe : Leon Draisaitl ou Connor McDavid. On pourrait ainsi replacer Ryan Nugent-Hopkins dans une position plus avantageuse, au poste de troisième centre, à moins qu’on ne préfère le garder à la gauche de McDavid et offrir Lafrenière à Draisaitl, quitte à laisser Andreas Athanasiou à la gauche du troisième trio. Les Oilers semblent désormais mieux nantis à droite avec l’émergence de Kailer Yamamoto, 26 points en 27 matchs après son rappel des mineures, et l’efficacité de Zack Kassian, un complice robuste pour McDavid. En défense, les Oscar Klefbom, Darnell Nurse, Ethan Bear et Caleb Jones sont encore jeunes, et Philip Broberg et Evan Bouchard attendent leur tour. En bref, les Oilers ont déjà une équipe d’avenir à faire frémir, sans Lafrenière. Imaginez avec…

Maple Leafs de Toronto (13es)

Alexis Lafrenière aurait aussi des centres de luxe à Toronto : Auston Matthews ou John Tavares. L’arrivée de Lafrenière pourrait aussi aider Toronto à résoudre son problème de plafond salarial. Les Leafs pourraient se permettre d’échanger plus facilement le jeune ailier William Nylander et son salaire annuel de presque 7 millions jusqu’en 2024. Imaginez un trio constitué de Lafrenière, Tavares et Mitch Marner, et un autre avec Matthews, Kasperi Kapanen ou Zach Hyman et Ilya Mikheyev…

Les Maple Leafs affrontent les Blue Jackets de Columbus au tour préliminaire. Ils conserveraient leur choix de premier tour cédé aux Hurricanes s’ils remportent la loterie et céderaient plutôt celui de 2021.

Blue Jackets de Columbus (14es)

Columbus accueillerait Lafrenière avec soulagement, avec la perte, l’an dernier, d’Artemi Panarin et des joueurs de location Matt Duchene et Ryan Dzingel. L’entraîneur John Tortorella a réussi à tirer le maximum de son groupe d’attaquants, mais on a peiné à marquer des buts cet hiver chez les Blue Jackets. Les Cam Atkinson, Alexandre Texier, Oliver Bjorkstrand, Josh Anderson, Emil Bemstrom et Gustav Nyquist ont de belles qualités, mais aucun n’a la dimension de Lafrenière. Un seul attaquant, Bjorkstrand, a marqué 20 buts cette saison. Lafrenière pourrait devenir un extraordinaire complice pour le premier centre Pierre-Luc Dubois. Avec l’arrivée prochaine du jeune ailier gauche Liam Foudy, la qualité de la défense avec Seth Jones, Zach Werenski et David Savard, la relance serait accélérée avec un dénouement favorable lors de la deuxième phase de la loterie, advenant évidemment une défaite en tour préliminaire contre Toronto.

Panthers de la Floride (15es)

Voilà une équipe déjà favorisée par les hauts choix au repêchage, avec quatre choix dans le top 3 entre 2010 et 2014 : Erik Gudbranson, Aleksander Barkov, Jonathan Huberdeau et Aaron Ekblad. Gudbranson a constitué un mauvais choix. Huberdeau et Barkov forment l’un des meilleurs jeunes duos d’attaquants de la ligue. Il faudrait trouver un bon centre à Huberdeau ou Lafrenière, souvent comparé au premier. Huberdeau, 27 ans, était en route vers une deuxième saison consécutive de 90 points ou plus. En fin de saison, on l’avait séparé de Barkov et il jouait avec Erik Haula, obtenu pour Vincent Trocheck. Le futur deuxième centre sera peut-être Henrik Borgstrom, premier choix, 23e au total en 2016, mais il a déçu cet hiver, à 23 ans. On souhaite à Lafrenière une meilleure organisation.

Predators de Nashville (16es)

Après Filip Forsberg et Viktor Arvidsson, les Predators ne sont pas très bien nantis à l’aile. Et encore, ces deux joueurs ont connu une saison décevante. Forsberg a obtenu 48 points en 63 matchs et Arvidsson, seulement 28. Un défenseur, Roman Josi, domine encore le classement des compteurs de l’équipe. Mais les Predators comptent deux premiers centres de qualité, Ryan Johansen et Matt Duchene. L’arrivée de Lafrenière permettrait d’ajouter de la profondeur à l’attaque et de doter l’équipe d’un deuxième trio explosif. Nashville affronte l’Arizona au tour préliminaire.

Canucks de Vancouver (17es)

Les Canucks ont l’une des meilleures jeunes équipes de la LNH. Imaginez Alexis Lafrenière rejoindre Elias Pettersson, Brock Boeser, Bo Horvat et Quinn Hughes ? Et les Canucks attendent aussi les ailiers Nils Hoglander et Vasili Podkolzin ces prochaines années. Avec Lafrenière, Vancouver pourrait assurément devenir une équipe dominante pour de nombreuses années. Malheureusement pour eux, ils viennent de perdre leur directeur du recrutement, Judd Brackett, l’homme derrière Pettersson et Hughes, au profit du Wild du Minnesota. Vancouver affronte justement le Wild au tour préliminaire…

Rangers de New York (18es)

Les Rangers, dont la reconstruction semblait accélérée cet hiver, ont déjà les mains pleines à l’aile, avec Artemi Panarin, candidat au trophée Hart remis au joueur le plus utile à son équipe, Kaapo Kakko, deuxième choix au total l’an dernier, l’attaquant de puissance Chris Kreider, 24 buts en 63 matchs, Pavel Buchnevich, 25 ans, en voie de connaître sa meilleure saison dans la LNH cet hiver avec 46 points en 68 matchs, et Vitali Kravtsov, 20 ans, 9e choix au total en 2018, présent au camp des Rangers à l’aube des séries après avoir passé une partie de l’hiver dans la KHL. Les deux premiers centres, Mika Zibanejad et Ryan Strome, sont encore dans la force de l’âge, la défense est revampée et efficace, la relève à Henrik Lundqvist semble assurée avec Igor Shesterkin. Bref, les jeunes Rangers seraient encore plus redoutables s’ils mettaient la main sur Alexis Lafrenière. New York affronte les Hurricanes de la Caroline au tour préliminaire.

Flames de Calgary (19es)

Les Flames ont eux aussi un bon noyau d’attaquants encore jeunes : Sean Monahan, Johnny Gaudreau, Elias Lindholm, Matthew Tkachuk. Mais on aime regrouper trois de ces quatre-là, souvent les trois premiers, de sorte que le deuxième trio manque de punch, avec Mikael Backlund au centre. Alexis Lafrenière viendrait rapidement corriger cette lacune. Mais les Flames ont une équipe difficile à cerner. Les leaders en défense, Mark Giordano et T.J. Brodie, vieillissent, quatre réguliers deviendront joueurs autonomes à la fin de la saison et la situation n’est pas plus encourageante devant le filet. On se demande s’il s’agit du meilleur contexte pour le jeune Québécois.

Jets de Winnipeg (20es)

Les Jets ont eu beaucoup de difficulté à se conformer au plafond salarial l’an dernier. Ils ont ainsi dû sacrifier Jacob Trouba, Tyler Myers, Brandon Tanev et Ben Chiarot. Un an plus tôt, ils ont dû se débarrasser de Joel Armia. Remporter la loterie permettrait aux Jets d’ajouter un attaquant de premier plan à moindre coût. Winnipeg compte déjà sur Patrik Laine, Kyle Connor, Mark Scheifele, Blake Wheeler et Nikolaj Ehlers. Ils pourraient même, avec Lafrenière, se permettre d’échanger l’un de ces attaquants pour se donner encore plus de latitude. Il faudra payer Laine à la fin de son contrat-pont en 2022. Le créneau favorable de succès semble se refermer rapidement à Winnipeg, mais un tirage gagnant permettrait sans doute aux Jets de redevenir l’équipe dominante d’il y a deux ou trois ans.

Wild du Minnesota (21e)

Judd Brackett hériterait d’un joli cadeau de bienvenue au Minnesota. Brackett est le recruteur en chef derrière la reconstruction des Canucks de Vancouver. Il vient de quitter son poste pour rejoindre le Wild, après avoir repêché les jeunes vedettes Elias Pettersson et Quinn Hughes, entre autres. Le nouveau DG du Wild, Bill Guerin, tente de recoller les morceaux après le règne court, mais catastrophique de son prédécesseur, Paul Fenton. L’arrivée de Kiril Kaprisov, qui s’est longtemps fait attendre, amène beaucoup d’espoir. Le premier choix de l’an dernier, Matthew Boldy, a connu une deuxième moitié de saison impressionnante dans la NCAA. Les jeunes Joel Eriksson-Ek, Luke Kunin, Kevin Fiala et Jordan Greenway commencent à prendre leur envol. Alexis Lafrenière pourrait permettre au Wild d’accélérer sa réinitialisation.

Coyotes de l’Arizona (22es)

Les Coyotes ne méritent pas Alexis Lafrenière, et celui-ci ne se retrouverait pas dans un environnement idéal pour son épanouissement. L’entraîneur-chef Rick Tocchet prône un système de jeu ultraconservateur, peu créatif, très peu stimulant pour les attaquants. Le meilleur compteur de l’équipe cette année, Nick Schmaltz, a obtenu seulement 45 points. La saison précédente, Clayton Keller a terminé en tête du groupe avec 47 points. En quatre ans, seulement deux joueurs ont marqué plus de 20 buts : Keller en 2017-2018 et Conor Garland cet hiver. Les Coyotes ont échangé huit de leurs dix choix de premier tour entre 2010 et 2017. Pas un modèle de stabilité…

Blackhawks de Chicago (23es)

Les Blackhawks traversent une période de transition difficile, après quelques Coupes Stanley, mais ils ne sont pas dénués de talent. Ils ont de très bons jeunes à l’attaque derrière Jonathan Toews et Patrick Kane avec Alex DeBrincat, Dylan Strome et Kirby Dach. Une relève intéressante émerge en défense avec Adam Boqvist, Nicolas Beaudin et Ian Mitchell. Alexis Lafrenière profiterait du grand frère parfait avec Toews et pourrait permettre à Chicago d’accélérer sa reconstruction. Les Hawks devront toutefois se dénicher de nouveaux gardiens. Aucun des deux réguliers ne sera disponible pour les séries. Chicago affronte Edmonton au tour préliminaire.

Canadien de Montréal (24e)

Le premier choix au total sera Québécois et il y a une seule équipe québécoise dans la LNH. Un mariage parfait ou un baiser de la mort ? Le CH n’a pas eu de grande vedette francophone à l’attaque depuis longtemps. Stéphane Richer est le dernier à avoir réussi 50 buts, il y a 30 ans. Bob Gainey a longtemps courtisé Vincent Lecavalier, sans succès. Le Canadien a rebâti sa relève au centre avec Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi. Phillip Danault devrait en principe signer un contrat à long terme à la fin de l’expiration de celui-ci, dans un an. Montréal ne cracherait pas sur un ailier gauche de premier plan comme Lafrenière, évidemment. Il y a Jonathan Drouin, on ne sait pas si Tomas Tatar restera, ni Max Domi, s’il est déplacé à l’aile. Brendan Gallagher et Joel Armia sont solides à droite, Cole Caufield représente l’avenir de l’organisation à cette position. Une élimination rapide aux mains des Penguins en fera rêver plusieurs…