Le défenseur Kristopher Letang a déclaré qu’il s’attend à une série de qualification spéciale contre le Canadien de Montréal, et il a rappelé qu’il n’avait pas oublié l’élimination surprise en sept matchs contre l’équipe de son enfance en demi-finale d’association, en 2010.

Alexandre Geoffrion-McInnis
La Presse canadienne

« C’est un mauvais souvenir, 2010 ; ç’avait été une série assez excitante et (le gardien Jaroslav) Halak avait été très spectaculaire, s’est souvenu le Québécois en visioconférence mercredi. Je pense qu’on a beaucoup appris de cette série-là, pour la suite. Mais une série contre le Canadien, c’est toujours spécial. Je suis très excité à l’idée de les affronter. »

« Ce sera une série difficile »

Letang s’attend à un duel contre une équipe qui misera surtout sur sa vitesse afin de venir à bout de Sidney Crosby et sa bande.

« Ce sera une série difficile, parce que c’est une équipe qui a beaucoup de vitesse, qui compte sur de jeunes joueurs, et je pense qu’elle sera axée sur l’attaque, a évoqué le hockeyeur originaire de Sainte-Julie. Il va falloir que les deux gardiens, de chaque côté, soient prêts à recevoir beaucoup de tirs. »

Ça va être le fun.

Kris Letang

« Au moins, on aura pas à jouer au Centre Bell, avec toute l’ambiance qu’il y a là habituellement. Ce sera peut-être un petit point positif pour nous », a-t-il souligné, en référence aux matchs à huis clos.

L'expérience contre la vitesse

Le vétéran âgé de 33 ans estime également que si une chose peut avantager les Penguins dans cette série contre le Tricolore, c’est leur expérience en séries éliminatoires. Après tout, Letang a contribué aux conquêtes de la Coupe Stanley des Penguins en 2009, 2016 et 2017.

« Dans le scénario actuel, l’avantage de l’expérience sera peut-être moins important, a cependant nuancé Letang. Il n’y a pas de foule, de distraction. Si je me fie à notre premier match, le momentum se brise assez rapidement, à cause de l’ambiance. Je pense que ce sera plus ou moins un avantage. De plus, le fait qu’il (le Canadien) est rapide, après une pause de quatre mois, parfois ce genre d’équipe connaît de très bons débuts de saison, ou de séries dans ce cas-ci. Ce sera intéressant de voir comment ça va se dérouler.

Au moins, les joueurs d’expérience ont tendance à rester calmes dans des situations stressantes. Et je pense que c’est là le petit avantage que nous aurons.

Kris Letang

Mais avant de retrouver le Bleu-blanc-rouge sur la patinoire à Toronto, Letang et ses coéquipiers mettront la touche finale à leur préparation, après avoir montré quelques lacunes lors de leur match préparatoire mardi contre les Flyers de Philadelphie.

Scott Laughton avait alors tranché en prolongation et les Flyers avaient remporté le premier match de hockey de la LNH depuis le 11 mars en défaisant les Penguins 3-2.

Pour l’occasion, les Penguins avaient envoyé dans la mêlée leurs deux gardiens. Matt Murray a entamé la partie et s’est imposé sur 10 des 12 lancers décochés dans sa direction, tandis que Tristan Jarry a cédé une seule fois sur 10 tirs.

Tristan Jarry ou Matt Murray devant le filet des Hawks

Les Penguins ont toutefois entretenu le mystère concernant l’identité de leur gardien partant contre le Canadien mercredi, Jarry se contentant de dire qu’il se préparait « comme si j’allais jouer ».

Pour sa part, Crosby a joué pendant 19 min 26 sec après avoir raté cinq des six dernières séances d’entraînement des siens durant le camp pour des raisons qui n’ont pas été divulguées. Il s’était entraîné avec ses coéquipiers lundi à Toronto.

Même si les Penguins ont éprouvé leur part d’ennuis en avantage numérique mardi contre les Flyers, Letang n’en a pas fait beaucoup de cas lorsqu’on l’a interrogé sur le sujet.

« Nous avons éprouvé de la difficulté avec notre exécution hier (mardi), à créer des chances de marquer, a-t-il évoqué. La confiance (en avantage), c’est quelque chose qui se bâtit, tu ne peux pas simplement ouvrir l’interrupteur. Il faut le travailler et retrouver notre synchronisme, mais au moins nous pouvons compter sur des joueurs de qualité tels que ’Sid’ et ’Geno’ (Malkin), qui peuvent faire la différence. J’ai confiance dans notre groupe, et je sais que ça pourrait cliquer dès le début de la série. »

À ce sujet, l’entraîneur-chef des Penguins Mike Sullivan a mentionné qu’il procédait encore à certains tests afin de pourvoir le poste laissé vacant par le départ de l’attaquant Phil Kessel sur le flanc droit au sein de la première vague en avantage numérique.

« Nous tentons d’implanter un schéma de jeu instinctif ; des gars comme ’Sid’ et ’Geno’ sont à leur meilleur lorsqu’on les laisse s’exprimer, a noté Sullivan. Nous comptons sur quelques joueurs qui pourraient occuper ce poste sur le flanc (comme Kessel), qu’ils soient gauchers ou droitiers, et nous avons continué nos essais à l’entraînement aujourd’hui. »

Le Tricolore est donc prévenu. À lui maintenant de se préparer en conséquence.

Les Penguins entameront leur série de qualification contre le Canadien de Montréal samedi.