Éric Houde a connu une jolie carrière professionnelle : 30 matchs dans la LNH avec le Canadien, 4 saisons productives dans la Ligue américaine, puis des arrêts en Allemagne, en Suisse, en France, en Italie et à Sorel.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

Aujourd’hui, l’ancien attaquant est entraîneur à temps plein dans les programmes sports-études du Collège Charles-Lemoyne et de l’Académie Juillet, il est entraîneur-chef du développement jeunesse du Canadien et il donne des cours particuliers. Son emploi du temps est si chargé qu’il ne dirige plus d’équipe derrière le banc à proprement parler, et il est plutôt devenu entraîneur d’habiletés. Ses conseils pour vos jeunes.

La plupart des jeunes hockeyeurs n’ont pas joué depuis la mi-mars. Que leur recommandes-tu comme approche ?

Je suggère toujours un retour progressif, même si les jeunes ont beaucoup d’énergie. Avec la COVID-19, les jeunes n’ont pas beaucoup bougé, ils ont passé beaucoup de temps sur la PS4 et la tablette. Certains ont eu une poussée de croissance pendant la pandémie. C’est possible qu’ils aient besoin d’une nouvelle culotte ou de nouveaux patins. Il faut s’ajuster à la croissance du jeune. En gros, il faut recommencer à bien manger, se coucher tôt, reprendre de bonnes habitudes, bien s’étirer et s’adapter à son nouvel équipement.

Que peuvent faire les joueurs en attendant de reprendre l’entraînement sur glace ?

Actuellement, la mode, ce n’est plus le hockey de rue comme dans notre temps, avec les « pads » brunes et les balles orange ! Les patins à roues alignées, le dek hockey et la crosse sont de bonnes [solutions de rechange]. La crosse s’apparente beaucoup au hockey côté cardio, côté sens du jeu. Pour le hockey, il existe maintenant beaucoup d’équipements, comme les surfaces synthétiques, mais c’est très dispendieux et donc pas accessible à tous. Des gens peuvent installer une surface de plastique dans leur cour, pour prendre des tirs, faire du maniement de rondelle. Il y a aussi les glaces synthétiques : tu ne patines pas beaucoup, mais tu as le feeling de manier la rondelle en patins.

Y a-t-il un exercice technique en particulier sur lequel le jeune peut se concentrer ?

Premièrement, c’est le maniement de rondelle. Même le joueur de quatrième trio a de bonnes mains maintenant ! Deuxièmement, c’est le tir. Je dis toujours aux jeunes que je n’ai jamais vu un joueur qui tirait trop fort. Ce n’est pas seulement la puissance, c’est aussi la dégaine. Ça peut se faire dans la cour, dans le garage, sur une surface de plastique. C’est à la mode et ça se pratique facilement. Les jeunes ont 8-9 ans et ont déjà de bonnes mains et un bon tir !

Entrevois-tu des risques de blessures accrus dans les camps en août et en septembre ? Comment réduire les risques ?

Pour les enfants, ce n’est pas si mal. C’est surtout chez les ados. Les genoux, l'aine, si on ne s’est pas bien étiré. Il y a des blessures dues à l’équipement. Les jambières sont trop petites, tu as des ampoules parce que les patins sont rendus trop petits. Mais je ne vois pas de gros risques de blessure. Pour éviter les blessures, il faut y aller de façon progressive. On a peut-être moins bien mangé pendant la pandémie, donc il faut retrouver un équilibre de nutrition. Le jeune a peut-être pris quelques kilos parce qu’il a moins bougé. Mais ça se perd rapidement à cet âge-là !

Quel sera le plus gros défi des joueurs et des entraîneurs au camp d’entraînement ?

C’est plus le synchronisme, le jeu d’ensemble. Les habiletés individuelles vont revenir rapidement, mais le jeu collectif, les passes, les tirs sur réception, ce sera plus dur à rattraper. Pour des joueurs bantam ou midget, je me concentrerais là-dessus. Mais en même temps, tout le monde est dans le même bateau. Tu es ralenti, mais le gars à côté aussi ! Ça peut être difficile pour les mises en échec, les réactions. Par contre, je vois beaucoup d’enthousiasme et de motivation chez les jeunes. Ils sont contents de retrouver la glace, d’être dans un milieu social, tout le monde est souriant, même s’il y a des craintes. L’ambiance est différente, car il y a moins de papas et de mamans dans les gradins, et c’est assez agréable !