Les installations du Canadien à Brossard ne sont toujours pas prêtes à accueillir les joueurs, mais ça n’a pas empêché quelques-uns d’entre eux de reprendre l’entraînement sur glace.

Guillaume Lefrançois Guillaume Lefrançois
La Presse

Shea Weber est du nombre. Le capitaine du Canadien s’adressait aux médias mardi après-midi de Kelowna, en Colombie-Britannique, afin de commenter sa sélection comme candidat de l’équipe pour l’obtention du trophée Bill-Masterton. Or, tout de suite après la téléconférence, il devait justement sauter sur la patinoire.

« J’ai un gymnase complet à la maison, donc pas de problème de ce côté-là, ça va bien, a indiqué le défenseur. Pour la glace, [l’accès] a été plus dur, j’ai patiné quelques fois, mais là, j’y retourne. De plus en plus de patinoires commencent à ouvrir à Kelowna. Je suis content, je suis avec un bon groupe. »

Weber, rappelons-le, a été élu candidat au trophée Bill-Masterton notamment pour sa capacité à jouer malgré les blessures. En février, il a subi une blessure à une cheville qui lui a fait rater deux semaines d’activités, mais l’équipe avait à l’origine annoncé une absence de quatre à six semaines.

Au bout du compte, le vétéran de 34 ans a disputé 65 des 71 matchs du Tricolore cette saison, après avoir été limité à 84 matchs lors des deux campagnes précédentes, en raison de blessures à un pied et à un genou.

« J’ai eu un été raccourci avec les deux opérations [en 2018]. Cette fois, j’ai eu un été normal, je me sentais bien dès le début, je n’ai pas manqué le camp d’entraînement », a rappelé Weber.

Que tu rates le camp pour une blessure ou pour une dispute contractuelle, c’est dur de revenir, c’est comme sauter à bord d’un train en marche. Cette fois, j’ai pu commencer du bon pied et j’ai connu une bonne saison.

Shea Weber

Sans directement admettre qu’il jouait blessé au moment de l’interruption de la saison, Weber a laissé entendre que les trois mois de pause depuis l’éclosion de la pandémie de COVID-19 lui ont été bénéfiques.

« Quand tu joues tous les deux jours, tu ne réalises pas à quel point [la blessure] peut te déranger. Les mois de repos ont aidé tout le monde, et j’en fais partie, à guérir les petits bobos, celui-là en particulier. Je me sens bien. »

Pendant ce temps à Pittsburgh

Weber poursuit donc sa préparation à la maison et n’a pas de plan précis de retour au Québec à l’heure actuelle. C’est qu’il estime avoir tout le nécessaire pour s’entraîner chez lui. C’est d’ailleurs pourquoi il est rapidement rentré à Kelowna quand la pandémie a éclaté.

« Je ne suis pas rentré en Colombie-Britannique en raison du nombre de cas [de COVID-19] à Montréal. De toute façon, on était enfermés à la maison ! C’était surtout une question d’entraînement.

« Chez moi, j’ai un gymnase complet avec des poids. À Montréal, j’en ai très peu, car on a tout ce qu’il nous faut à Brossard et au Centre Bell. Je savais que je devais être prêt si jamais on revenait au jeu, donc je m’assure de rester en forme. »

La situation du Tricolore est aux antipodes de celle des Penguins de Pittsburgh, adversaires du CH en tour de qualification si le hockey finit bel et bien par reprendre. Le directeur général des Penguins, Jim Rutherford, a indiqué au confrère de Pittsburgh Rob Rossi (de The Athletic) que « plus de la moitié des joueurs » étaient de retour dans les installations de l’équipe. Le capitaine des Penguins, Sidney Crosby, est du nombre.

PHOTO NATHAN DENETTE, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Sidney Crosby

Chez le Canadien, seuls Paul Byron, Jonathan Drouin et Charles Hudon sont dans la grande région montréalaise. Lundi, l’agent Gerry Johannson, qui représente Carey Price, Brendan Gallagher et Brett Kulak, a indiqué que tous ses clients (pas seulement ceux du Canadien), à une ou deux exceptions près, demeuraient à la maison jusqu’à nouvel ordre.

Est-ce que ce déséquilibre entre les deux équipes exerce une certaine forme de pression sur le Canadien ?

« Honnêtement, je ne crois pas qu’on sente de la pression, a répondu Weber. On s’attend à ce que tout le monde soit en forme et prêt à jouer. De toute façon, il faut patiner en petits groupes de six. Je ne sais pas à quel point on peut en faire beaucoup en groupe pour en soutirer quelque chose. Quoi qu’il arrive, on sera prêts. »

Contrairement à Montréal, la région de Pittsburgh a été relativement épargnée par la pandémie. Mardi, le comté d’Allegheny, qui englobe la Ville de l’Acier, comptait 169 morts attribuables à la COVID-19, selon le Pittsburgh Post-Gazette.

La LNH entrait lundi dans la phase 2 de son plan en quatre phases de retour au jeu. La troisième phase, soit les camps d’entraînement, ne commencera pas avant le 10 juillet.