Dans le monde du hockey, les choses n’ont pas l’habitude de changer très rapidement, mais il y a un groupe des sept qui espèrent faire en sorte que ça change, et vite.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Ce groupe, il est derrière la formation d’une toute nouvelle coalition, l’Alliance pour la diversité dans le hockey, dont la naissance a été annoncée lundi. L’idée derrière cette stratégie, lancée par l’ex-joueur de la LNH Akim Aliu et par Evander Kane, des Sharks de San Jose, est « d’éliminer le racisme et l’intolérance au hockey », selon les mots choisis dans le communiqué.

En plus d’Aliu et Kane, ce regroupement compte aussi dans ses rangs comme membres du comité de direction Matt Dumba, Wayne Simmonds, Trevor Daley, Joel Ward et Chris Stewart, tous des joueurs ou des anciens joueurs de la LNH. L’idée d’un tel regroupement avait fait son chemin depuis quelques semaines déjà, et tout récemment, les membres du HDA ont reçu les précieux conseils de l’ex-quart-arrière des 49ers de San Francisco, Colin Kaepernick, sur la façon de changer les choses.

Dans l’immédiat, bien évidemment, la formation d’un tel groupe ne va rien changer, mais selon l’attaquant Mathieu Joseph, du Lightning de Tampa Bay, il s’agit d’un pas dans la bonne direction.

PHOTO D’ARCHIVES FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Mathieu Joseph au Centre Bell avant un le match contre le Canadien en 2019.

Je ne connais pas ces gars-là personnellement, mais ce qu’ils ont choisi de faire est un bon début. Avec tout ce qui est arrivé aux États-Unis récemment, ça prend des gestes concrets, et une telle initiative, à mon avis, c’est un geste concret. Il faut pouvoir en arriver à un point où tout le monde sera jugé d’égale façon au hockey, peu importe les origines ou la couleur de la peau.

Mathieu Joseph, en entrevue téléphonique à La Presse.

Depuis le début de la crise de la COVID-19 au mois de mars, Mathieu Joseph est resté à Tampa Bay, et il se prépare à reprendre l’entraînement sur glace cette semaine avec ses coéquipiers. Ce qui ne l’empêche pas de se tenir bien informé.

« Des événements tragiques comme la mort de George Floyd, ça ne devrait jamais arriver, a-t-il ajouté. C’est dur de croire que ça arrive encore en 2020. On ne peut pas l’ignorer. J’essaie de me dire que ça change et on peut se dire aussi que le racisme au hockey, il y en a de moins en moins… mais ça devrait être encore moins. »

L’impact d’Akim Aliu

Akim Aliu, un ancien choix de deuxième tour des Blackhawks de Chicago en 2007, a joué brièvement en République tchèque en 2019-20. Il a fait parler de lui cette saison après avoir partagé son histoire l’impliquant avec l’entraîneur Bill Peters, qui avait proféré des insultes à caractère raciales à son endroit lors d’une saison avec les IceHogs de Rockford dans la Ligue américaine, en 2009-10.

PHOTO D'ARCHIVES MIKE STRASINGER, THE ASSOCIATED PRESS

Le joueur d’origine nigériane Akim Aliu (à droite).

Ces allégations ont poussé Peters à démissionner de son poste d’entraîneur chez les Flames de Calgary en novembre. Dans un texte publié sur le site de Player’s Tribune, Aliu avait aussi partagé d’autres incidents racistes dont il avait été victime, citant nommément Steve Downie comme l’un de ses bourreaux.

« Avec cette alliance, nous espérons pouvoir inspirer une nouvelle génération de joueurs et de partisans, dit le communiqué officiel. Nous espérons que quiconque enfilera les patins ou s’assoira dans les gradins pourra le faire sans se soucier de son origine ethnique, de son sexe ou de son environnement socioéconomique et pourra exprimer sa culture, son identité, ses valeurs et sa personnalité sans en craindre les conséquences. »

Evander Kane et Akim Aliu ont déjà fait savoir qu’ils comptent travailler en étroite collaboration avec la LNH, et pour Mathieu Joseph, cela ne peut que représenter une très bonne nouvelle.

« C’est sûr que ce genre de chose peut avoir un impact positif, a-t-il ajouté. Il faut que le hockey soit accessible à tout le monde. »