Quatre jours après que la LNH eut annoncé qu’elle suspendait ses activités jusqu’à nouvel ordre, les joueurs du circuit ont obtenu le feu vert pour rentrer à la maison.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Cette nouvelle donne une indication additionnelle à l’effet que cet arrêt des opérations du circuit risque non pas de se calculer en termes de jours ou de semaines, mais bien en nombre de mois.

Depuis jeudi dernier, les joueurs étaient tenus de rester dans la ville où joue leur équipe. Mais voilà que dimanche soir, les autorités américaines de santé publique ont interdit tout rassemblement de plus de 50 personnes, et ce, pour une durée de 8 semaines. Lundi, le président Donald Trump a demandé à ses concitoyens de réduire cette limite à 10 personnes.

Autrement dit, dans le plus optimiste des scénarios, une reprise de l’action dans les principales ligues professionnelles nord-américaines, dont la grande majorité des équipes évoluent au sud de la frontière, ne serait pas envisageable avant la mi-mai.

Dans une note envoyée aux joueurs, la LNH définit un objectif d’amorcer une « période de camp d’entraînement » vers le 45e jour de cette période de 60 jours sans rassemblement prescrite par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC). Cette cible pointe vers le 1er mai. L’échéancier est le même du côté de la Ligue américaine, qui a annoncé lundi par voie de communiqué que ses activités ne reprendraient pas avant le mois de Marie.

Partiront ? Partiront pas ?

C’est donc dans cette optique que les joueurs ont reçu l’autorisation de rentrer à la maison. Or, la question de pose : combien d’entre eux se prévaudront de cette option ? Car c’est une chose de partir, mais il faudra bien revenir. Et les développements incessants des derniers jours laissent croire que les allers et venues seront encore plus compliquées au cours des prochains jours.

Dès la semaine dernière, Donald Trump a pris le monde entier par surprise en fermant les frontières aux voyageurs européens qui ne sont pas citoyens américains. Justin Trudeau lui a emboîté le pas lundi en annonçant que les non-résidents canadiens, à l’exception des Américains, ne pourront plus entrer au pays à compter de mercredi. Aucune durée n’a été définie pour cet interdit.

Quelques minutes après, le président français Emmanuel Macron prévenait que l’Union européenne fermerait toutes ses frontières pour 30 jours – la décision doit être entérinée dès mardi à Bruxelles.

Un total de 235 joueurs ayant disputé au moins un match dans la LNH cette saison sont nés dans un pays de l’Union européenne – en plus d’une soixantaine de Russes et de 13 Suisses. Huit d’entre eux font partie de l’organisation du Canadien de Montréal : les Finlandais Joel Armia, Jesperi Kotkaniemi. Artturi Lehkonen et Otto Leskinen, les Suédois Christian Folin, Gustav Olofsson et Lukas Vejdemo ainsi que le Slovaque Tomas Tatar. Ajoutez à cette liste Jesse Ylonen, à peine arrivé de Finlande, qui n’a toujours pas donné ses premiers coups de patin en Amérique du Nord.

La Presse a tenté savoir auprès du Canadien si l’un ou plusieurs de ces joueurs avaient déjà quitté Montréal. On nous a toutefois expliqué qu’il en allait du « choix personnel » de chaque joueur et que l’équipe ne souhaitait pas commenter la situation.

Dans les coulisses, plusieurs scénarios sont déjà évoqués advenant un retour au jeu. Parmi ceux-ci, l’idée d’un tournoi incluant une ronde préliminaire avec toutes les équipes du circuit a été largement partagée sur les réseaux sociaux au cours du week-end. Dans cette éventualité, le Canadien aurait donc une chance de participer aux séries éliminatoires, ce qui, de toute évidence, ne serait pas arrivé si la saison avait suivi son cours normal.